Ce qui a un effet cumulatif en mettant sur le même plan des choses qui n ont rien à voir.
On ne traite pas du sexisme (une theorie d’interprétation générale) à partir d un cas particulier, pas même avéré en plus, sans livrer la vie d une personne à la meute.
le cas particulier ne démontre pas le cas générale qui ne démontre pas lui même le cas particulier. Ce sont des niveaux de vérité différents qu’il faut distinguer sinon qu’arrive t il ?
Et bien une démonstration en boucle inversée. Le manque de vérité du cas particulier est comblé par la vérité générale dont le manque de vérité sera lui-même comblé par d’autre cas particulier, qui seront eux même démontrés par le générale, etc…
On peut tout démontrer comme cela, surtout la culpabilité d’un homme. C’est un cercle vicieux particulièrement dégueulasse où un homme se retrouve in fine à porter la culpabilité du général dans son ensemble. Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. La Fontaine nous mettait en garde.
Je parlais de sociologie de comptoir où les niveaux de discours ne sont pas distingués.
On est en plein dedans, sans vouloir paraître trop vindicatif.
Nous avons là un désaccord très profond. Et je ne saurais trop te conseiller d y réfléchir à nouveau.
Ce n’est pas tant le nombre que la similarité de ceux-ci dans le mode opératoire, le recoupement de certains et le travail ensuite de vérification des faits à l’intérieur des témoignages (ex : une femme dit que PPDA l’a agressé tel jour à telle heure après qu’ils soient aller voir telle pièce de théâtre, le ou la journaliste vérifie si c’est bien celle-ci qui était joué à cette date).
tu vas faire bondir @Lord-of-babylon qui est sur un angle opposé.
Il me semble que la question étant complexe, ce que je dis depuis le début et qu’il n’y a pas de de solution parfaitement satisfaisante, il s’agit sans doute que je clarifie encore mon propos afin d’être bien compris sinon :
Qui est binaire maintenant ?
Clin d’œil
donc
.Mon propos était général, il portait sur la tendance des journalistes à interpréter l’actualité (notamment à coup de sociologie) plus qu’à la vérifier, tendance qui me parait grandissante. Mais aucune preuve.
Par contre, je me rend compte que mon propos général peut être lu comme portant sur les affaires sexuelles en particulier.
Ce n’est pas le cas.
Je ne doute pas un instant que Mediapart pour PPDA comme Elle pour l’affaire Miller, lorsqu’ils publient des témoignages, ont fait des vérifications afin d’estimer la crédibilité de ce qui leur a été rapporté. S’il y a bien dans le journalisme des vérifications systématiques encore faites, c’est bienlà. Aucun doute là dessus.
Ce en quoi, @Arno_Kikoo, ils n’adoptent pas la position militante du « on voit croit » en matière de publication. C’est bien cette vérification en amont de la publication qui engage la crédibilité du journal et qui constitue d’ailleurs les témoignages en témoignages.
Ce n’est pas le cas dans le shitstorm autour de Piksor. Si demain n’importe quelle accusation postée sur le net devait être prise pour argent comptant par des journalistes, sans même vérifier au moins l’identité de la personne, nous serions bien au delà de la post-vérité.
Mais voyez le glissement métonymique. Les médias emprunte le terme témoignage au système judiciaire, mais ils garantissent par leur travail en amont que ce terme n’est pas usurpé quoiqu’ils ne soumettent pas le dit témoignage au contradictoire (et c est normal). Puis, quiconque prend la parole sur internet et accuse, et voilà que nous appelons cela témoignage.
Attention, c’est une pente très très glissante.
Est ce que l’accusation contre Paty était un témoignage ?
Les médias peuvent feindre de se revendiquer du « on vous croit », j’espère bien, pour eux et pour tout un chacun, qu’il n’en est rien. Qu’ils écoutent, c’est une chose. Ne pas suspecter le mensonge n’implique pas de se dispenser de la vérification et le cas échéant de le dire dans l’article.
Je serais curieux de savoir quelles vérifications ont précédés à l’article de comicsblog. Vraiment curieux, d’ailleurs. Les captures d’écrans ont elles été prises d’un autre article, d’un retweet ou êtes-vous allez sur le compte de la jeune femme pour les copier, par exemple ? Avez vous vérifié son age ?
Comprenez moi bien, je ne doute pas de la parole de cette jeune femme. Mais un journaliste ne peut se contenter de ne pas en douter. Ce serait même une faute professionnelle, il me semble, que de ne pas procéder à des vérifications minimales.
Dans la mesure où Arno intervient sur le forum, je lui ai formulé mes critiques sur l’angle de l’article sur piksor : voilà les témoignages, voilà l’interprétation (sexisme), faites vous votre opinion. J’ai appelé cela mettre le lecteur en position de juge. Je tiens pour particulièrement critiquable cette manière de faire, qui consiste à fournir toutes les raisons pour critiquer un homme, tout en, ce que j’estime, se cacher derrière des « on a pas dit qu’il était coupable », « le lecteur est intelligent ». J’appelle cela jeter la vie de quelqu’un aux chiens, disons à la meute.
J’ai cherché à expliquer comment l’angle sur un shitstorm pouvait être profondément modifié, lorsque dans le texte même de l article apparaît noir sur blanc, ce qui est avéré ou non, ce qui relève de l’interprétation ou non, ce qui est reprochable ou non aux yeux de la loi, ce qui est prouvable ou non, etc…
Bien sur que le public va associer telle affaire à telle autre. Moi le premier ! L’intelligence ne fait rien à l’affaire. C’est pourquoi, il me parait essentiel lorsque les journalistes couvrent ce genre d’affaire, qu’ils disent précisément en quoi telle affaire est comparable ou non à telle autre afin d’éviter le glissement métonymique de la culpabilité de telle affaire à telle autre.
Il me semble que c’est faire là un travail de journaliste : vérifier, contextualiser, mettre en perspective, hiérarchiser. tout en expliquant pourquoi on hiérarchise comme on hiérarchise.
C’est tout le contraire qui a été fait dans l’article sur Piksor : les témoignages réunis ensembles sans chercher à les distinguer, produisant un effet cumulatifs de culpabilité notamment sur le grooming, l’interprétation de sexisme dans les comics qui produit le nouages de toutes les affaires ensembles alors qu’il s’agit précisément de faire l’inverse lorsqu’on traite d’une personne en particulier pour ne pas lui faire porter toute la culpabilité de toutes les affaires ou d’un système (le sexisme), mais aussi les témoignage in extenso, non commentés, qui placent le lecteur en position de juge. Le tout sans aucune mise en garde sur le danger des conclusions hâtives et sur ce qui peut arriver dans ce genre de situation, pour l’accusé comme pour l’accusatrice d’ailleurs, ni rappel de la complexité qu’il y a à traiter ce genre d’affaire d’un point de vue journalistique.
Pour moi donc, un article éminemment critiquable. Mais ce ne serait absolument pas grave, juste l’occasion d’ un échange d’idées fut-il vif, si cet angle n’était pas angle également adopté par d’autres médias autrement influent.
Ce qui nous amène à ma position qu’on me demande en filigrane sur les révélations qui défraient la chronique, révélation qui ne sont pas des shitstorm au départ même si elles peuvent y conduire, ce qui est déjà une grosse différence.
Et bien comme je l’ai dit, c’est une question qui me parait très compliquée.
Prenons simplement l’effet cumulatif. Le nombre de témoignage est à raison un élément important de ces affaires. Le nombre permet de révéler un systématisme et partant une certaine impunité. Le nombre devient forcément une info en soi alors, ce qui est la position d’ @Arno_Kikoo (on a attendu qu’il y ait trois « témoignages » pour publier) pour autant, il est évident aussi qu’un effet cumulatif de la culpabilité à lieu se calant sur le pire des témoignages et bien sur sur le mot viol qu’il soit dit explicitement ou non.
Et certains médias en jouent, qui font du nombre leur titre.
Et bien là, comme je dis : c’est compliqué. C’est très compliqué.
Alors position de principe : essayer autant que faire se peut de ne pas nourrir la meute. Et ça, ça veut quand même dire tenir autant compte de l’intelligence du lecteur que de la faim insatiable de la meute.
Donc non, on doit mettre de sacré garde fou lorsqu on est journaliste et qu on traite de ces questions et ce n est pas manquer de respect aux victimes que de le faire. Et ça contribue à proteger tout le monde du backlash.
Y a un moment pour la militance et l interprétation théorique et un moment pour l information.
On en revient à réapprendre une chose simple : c est très bien d etre du côté du bien. Le problème c est qu on est pas les seuls à l être. A l extrême droite, ils le sont aussi, selon eux, et les religieux aussi et ils ont même dieu de leur côté, poid lourd du bien.
Alors etablir les regles en fonction du bien, comment dire, c est laisser à ceux qui se scandalisent le plus fort le soin de dicter à chacun sa conduite.
Alors parfois, si si ça arrive, etre du côté du bien, c est faire beaucoup de mal.