Créer une maison d'édition de mangas

Oui, y’en a marre des topics pour créer des boutiques de mangas ou des mangas-cafés :mrgreen:

Passons aux choses sérieuses : et si on (enfin je pour l’instant) créait notre propre boite d’édition de manga ?

Tout part d’un constat très simple : beaucoup d’éditeurs font de la merde (disons le simplement).

Moi qui connait un minimum le milieu du scantrad (oui je sais c’est tabou, mais j’en ai besoin ici pour argumenter), il m’arrive parfois de voir que certains amateurs qui prennent sur leur temps assurent plus que les pros. Ainsi, les scantrads de certaines teams (une minorité hein…) ont :

  • un éditeur dédié : qui s’occupe des bulles, des kanjis, des anotations, etc.
  • un correcteur : ce qui fait pour chercher les fautes, il faut y aller… or certains éditeurs pro, c’est à se demander s’ils en ont
  • un relecteur : son rôle n’est pas dédié à vérifier les fautes, mais plutôt à choisir les meilleures formulations de phrase, et surtout, point très important, à ce que la traduction du chapitre/tome colle avec les chapitres/tomes préédents. Or quand on voit que certains éditeurs pro changent des noms de perso ou de technique en cours de route, ou rajoute des san/chan (non je vise pas une série en particulier :mrgreen: ), ça le fait pas du tout je trouve…
  • un traducteur jap-français : bon là, en fait, c’est assez compliqué de savoir qui est bon traducteur ou non, mais l’éditeur que je voudrais créer pourrait au moins avoir une politique claire par rapport à la traduction (politique qui reste à fixer), car les différentes de trad sont telles entre traducteurs, notamment sur le choix des noms à traduire ou non (je pense notamment aux techniques…) qu’il faut faire ici du cas par cas.

Et j’oublie certainement d’autres rôles importants.

Bref, quand je vois ce que font certaines de mes connaissances, et que je vois la médiocrité de certains éditeurs pro (pas tous hein), sans compter, le problème incroyable de communication de quasiment tous les éditeurs français (surtout certains hein :unamused: ), je me dis qu’il y a vraiment la place pour rentrer dans ce marché, avec une bonne politique, et une gestion des coûts raisonnables.

Bon, le marché ayant aujourd’hui explosé, à moins d’avoir une levée de fond ou d’avoir un mécénat, ce sera difficile de choper une grosse licence d’entrée, à moins que je lance en parralèle mon concept d’achat de licences par les internautes (un peu comme pour My Major Company/Spidart en musique, mais ici en mangas…).

Donc forcément, pour débuter, il faudra acheter des petites licences (enfin une pour commencer).

Reste pour moi deux problèmes :

  • je ne sais pas combien ça coûte d’imprimer (imaginons) 5000 tomes
  • pour dealer avec les japonais, ça doit pas être si simple, et recruter quelqu’un du “milieu” (enfin ex) doit coûter bonbon…

Bref, je poste ça “comme ça” sans réelle recherche, ce n’est qu’un canevas de mes pensées en direct live, mais plus le temps passe, plus cela me trote dans la tête.

Sachant que je met en ce moment des sous de côté pour monter mon entreprise, et que j’ai 150 idées de projets différents (là, ce n’est qu’un parmi d’autres), je me tate…

Ahah merci merci …

Mais mon avis sur la question est un peu partagé.
D’une part, je ne pense pas que les éditeurs fassent autant de la merde que ce qu’on s’accorde à penser. Certains oui. Mais beaucoup d’entre eux sont sous évalués par un public qui veut toujours mieux sous prétexte qu’il paie.
Certes quand on paie on veut le meilleur… Mais il y a des limites à tout, et je trouve que souvent les critiques portés sur les éditeurs ne sont qu’à moitié justifiées. Donc de là à dire qu’ils font de la merde … Mouais… C’était le cas il y a quelques années, ça l’est beaucoup moins maintenant.

Ensuite, du coté du travail de traduction/édition/correction machin truc… de scantrad quoi… je pense qu’effectivement on peut réunir à monter une équipe qui n’a rien à envier aux meilleurs éditeurs. Toutefois, je pense que ce travail là ne représente qu’une goutte d’eau dans la mare du travail d’un réel éditeur… Et surtout dans ses choix éditoriaux.

Pour ce qui est des prix je ne suis pas beaucoup plus renseigné que toi, par contre, au niveau de l’achat d’une licence… Sans contact et liens très forts avec le Japon ça me parait très très difficile (pour ne pas dire impossible)
Evidemment ce contact peut se trouver… Mais je pense qu’on table sur un départ d’un an rien que pour lier le contact sans rien avoir à se mettre sous la dent… Année durant laquelle tu ne te tournes pas spécialement les pouces…

ben t’as surtout oublié un truc important … y a deux possibilités … créer une boite chez un gros éditeurs (genre comme akata l’a fait avec delcourt ou gregoire hellot avec fleuve noir) ou être un éditeur indépendant (et là y a plusieurs définitions, car quand on voit ki oon et cornelius par exemple … c’est pas la même chose)

les moyens sont pas les mêmes … et surtout quand t’as une plus grosse maison au dessus de toi pour aligner les ronds (ou toute autre chose d’ailleurs ça devient tout de même plus simple …même si là encore ça dépend des résultats …)

Concrètement le partenariat est beaucoup moins casse gueule que de lancer sa propre entreprise, mais … encore faut il trouver un éditeur français qui n’ait pas son label manga (et en france à part dupuis je vois pas quel éditeur pourrait s’y lancer … en plus dupuis a toujours été plutôt opposé au lancement d’un label manga)

Reste quand même des éditeurs non spécialisés dans le manga , genre fleuve noir, spécialisé dans les livres de SF et heroic fantasy qui s’y sont mit (avec succès d’ailleurs) avec le label kurokawa …

En plus j’ai pas pour impression que lancer son entreprise soit très judicieux actuellement , c’est un peu comme se jeter dans le vide …

Au passage t’as oublié un poste hyper important: l’adaptateur graphique … quand même.

[quote=“Istari”]

Ahah merci merci …

Mais mon avis sur la question est un peu partagé.
D’une part, je ne pense pas que les éditeurs fassent autant de la merde que ce qu’on s’accorde à penser. Certains oui. Mais beaucoup d’entre eux sont sous évalués par un public qui veut toujours mieux sous prétexte qu’il paie.
Certes quand on paie on veut le meilleur… Mais il y a des limites à tout, et je trouve que souvent les critiques portés sur les éditeurs ne sont qu’à moitié justifiées. Donc de là à dire qu’ils font de la merde … Mouais… C’était le cas il y a quelques années, ça l’est beaucoup moins maintenant.

Ensuite, du coté du travail de traduction/édition/correction machin truc… de scantrad quoi… je pense qu’effectivement on peut réunir à monter une équipe qui n’a rien à envier aux meilleurs éditeurs. Toutefois, je pense que ce travail là ne représente qu’une goutte d’eau dans la mare du travail d’un réel éditeur… Et surtout dans ses choix éditoriaux.

Pour ce qui est des prix je ne suis pas beaucoup plus renseigné que toi, par contre, au niveau de l’achat d’une licence… Sans contact et liens très forts avec le Japon ça me parait très très difficile (pour ne pas dire impossible)
Evidemment ce contact peut se trouver… Mais je pense qu’on table sur un départ d’un an rien que pour lier le contact sans rien avoir à se mettre sous la dent… Année durant laquelle tu ne te tournes pas spécialement les pouces…[/quote]

En plus je pensais à toi :mrgreen:

Entre les tomes qui bavent (ok, ça vient plus de l’imprimeur ça…), les trads chelou, les fautes ENORMES, les pages qui débordent trop (du coup le texte est coupé…), etc. je pense quand même que faire mieux est faisable si on s’en donne la peine… même si peut-être que cela nécessiterait des coûts trop importants (là est la question…). Parfois en fait, je me demande si le genre manga n’est pas encore sous-estimé, et du coup, c’est limite les seconds-coûteaux qu’on envoit bosser dessus… un peu comme les mauvais épisodes de Naruto en anime, ils sont fait par les mauvais dessinateurs :mrgreen:

Ouais le taf, je sais pas, je sens vraiment qu’il est pas si monstrueux que ça… Déjà, pour la com’, je pense avoir bien cerné comment ça fonctionne. Pour certains postes importants, je suis sûr que je peux trouver des personnes compétentes et motivées. Après, y’a sûrement un travail “derrière” que je ne connais pas, mais en même temps, je parle là d’une petite structure, pas d’un Kana-bis. Petite structure, mais viable économiquement quand même. Du coup, pour les choix éditoriaux, cela devrait être plus “simple”.

C’est le gros problème… je réfléchis encore pour y rémédier, mais sans gros coup de pouce, ça va être dur…

Tempskron : mon idée première est une totale indépendance, car bon, y’a aucune raison qu’un gros fasse confiance comme ça à des gens sans “expérience”.

Pour l’adaptateur graphique, effectivement, c’est très important, mais là encore, ça se trouve (encore qu’un vraiment bon, ça doit pas se trouver comme ça…).

J’ai eu la même idée il n’y a pas si longtemps. Faut dire que mon rêve secret (enfin pas si secret que ça, en fait) serait de bosser sur une version de Karakuri qui serait publiée jusqu’au bout comme elle le mérite, pourquoi pas en commençant par sortir les séries plus récentes de Fujita (par contre, même si je sais qu’il y en a, je ne sais pas du tout ce qu’elles valent).

Pour revenir au sujet, je ne peux moi non plus apporter beaucoup d’infos utiles. D’après mes souvenirs d’une interview (Asuka, je pense), je sais juste que l’achat d’une licence coûte environ 1€ par tome. Mais cela se ferait sous forme “d’enchère” sur le nombre de tomes, avec un prix payé à l’avance. Ex : Glénat annonce qu’il vendra 1000 tomes, Pika 800 et Kana 1100. La licence ira à Kana, qui déboursera 1100€ aux Jap’ (1€ par tome). Tant pis s’il se ramasse après et qu’il n’en vend finalement que la moitié de ce qu’il prévoyait.

Pour l’impression, j’ai été rechercher les chiffres du guide Phénix d’Asuka : 0,60€ par tome pour un manga tiré à 8000 exemplaires. Ces chiffres datent de 2006, mais ça donne une idée.

Toutes autres précisions seront aussi les bienvenues pour moi : ça m’intéresse énormément.

Qu’est-ce que tu appelles l’adaptation graphique concrètement ?

1 € par tome. Si tu le vends à 5 €, ils prennent 20 %. Je pense que ça concorde, vu les frais à côté (avec l’imprimage et la TVA, il reste déjà que 50 %).

La marge des magasins, c’est combien en moyenne ? (ça je devrai avoir l’info facilement, mais si quelqu’un la connaît)

L’impression sera quand même le coté certainement le plus chiant :mrgreen:

En effet , imprimmer un manga est surement plus couteux qu’un livre classique , donc je ne suis pas sur que toute les imprimeries puisse le faire !

Le plus logique serai de voir directement avec une maison d’édition classique ( tu as Glenat pas loin de chez toi ^^ ) si il accepte de le faire mais cela ne doit pas se donner et cela se joue surtout au niveau de la négociation .

Et c’est la aussi qu’il faut étre performant , le secteur commercial , que ce soit pour négocier les prix , ou pour promouvoir ce que tu fera !

Et bien sur comme pour toute activité il te faudra une logistique a toute épreuve ( et je prend pas cher :mrgreen: ) !

BIen sûr :laughing:

Bah, après, tu peux taper dans le seinen haut de gamme, bien cher (mais avec une putain d’édition de la mort qui tue)… Encore que les ventes me semblent encore trop faibles pour ça… (quand est-ce que ce marché va exploser ?).

autour de 30% (un peu plus il me semble).

WTF tant que ça !!! :astonished:

Non mais un éditeur se fait combien sur chaque manga alors ? :laughing:

Entre l’imprimeur, le magasin de manga, la TVA (certes faible), l’éditeur japonais à rémunérer, il reste plus que 20 % déjà…

Donc en simplifiant à mort (je précise), si on vend un petit manga taille standard à 5 euros tout rond (ce qui est aujourd’hui est quand même un bon prix…), ça se partage de la façon suivante :

  • 1,5 € pour le magasin de manga
  • 1 € pour l’éditeur japonaise
  • 1 € pour l’éditeur français
  • 1 € pour l’imprimeur et l’Etat (TVA)
  • 0,5 € autre part (je sais pas où :mrgreen: )

Les employés, la pub, la livraison…

Les employés et la pub, disons que ça va dans les 1 € de l’éditeur (compris dans le budget “interne” pour simplifier).

Là disons que je listais la rémunération des “autres” entreprises.

La livraison, j’y ai pensé, je suppose que ça passe par un prestataire national… faudrait que je me renseigne là-dessus, ils doivent prendre leur part aussi.

Je sais que la plupart des magasins sont en fait livré une fois par semaine (chaque éditeur ayant “son” jour, par exemple (faux) : Kana le mardi, Tonkam le jeudi, etc.).

J’ai ici quelques chiffres plus précis (toujours dans le même guide et toujours pour un tirage de 8000).

Pour un manga vendu 6,50€ :
Il y a 0,36€ de taxes. Il reste donc 6,14€.

De cette somme, on retranche 55% qui servent à financer la diffusion et la distribution. Il reste 3,38€ à l’éditeur, desquels il faut retrancher :

  • 0,614€ de droits d’exploitation (soit 10% du prix du manga hors taxes)
  • 0,15€ de traduction/adaptation
  • 0,15€ de lettrage et maquette
  • 0,19€ pour le personnel interne (ça, je vois pas très bien ce que ça recouvre)
  • 0,60€ pour l’impression
  • 0,15€ pour la communication.
    Le coût de fabrication est donc de 1,86€.

L’éditeur garde donc dans sa poche 3,38€ - 1,86€ = 1,52€ (donc un peu moins de 25% du prix de vente).

Ne pas oublier non plus de déduire les frais de retour (il y a souvent 15-20% d’invendus que les libraires remballent). Tout ça mis bout à bout, il faut considérer que l’éditeur gagne 1€ par manga.
Bien sûr, tout ça dépend aussi du tirage : des coûts comme ceux de la traduction, lettrage, etc. sont beaucoup plus amortis si le tirage est supérieur.

0,19€ pour le personnel interne, je pense que c’est de l’administration (le/la comptable, le/la secrétaire, toussa :mrgreen: )

Ça ça pue grave !
Il est évident qu’un nouvel éditeur ne pourra rivaliser avec une grosse maison d’édition.
Les (le ?) premier achat de licence est donc décisif et extrêmement dangereux :

  • Achat d’une licence sous estimé par les autres maisons, représentant un manga finalement peu populaire
  • Ce manga ne va pas forcément plaire donc ne va pas forcément bien se vendre étant donné le nombre de titres sur le marché

Ca pue grave…

Oui et non.

Oui, car forcément, n’importe quel manga médiatique est exclu pour nous (à moins qu’on aligne la thune et qu’on s’endette pour 10 générations).

Non, car je pense (suis-je trop optimiste ?) avoir la capacité de trouver un très bon manga, quasi inconnu, et le vendre suffisamment bien (sans réel budget pub, Internet est la meilleure pub gratuite qui existe en montant un vrai bon buzz) pour rentrer dans les frais.

Enfin faut sentir le bon coup quoi, et pas se faire griller…

PS : c’est con, mais reste aussi les mangas français (ou belge bien sûr). Et je parle de “bons” mangas français/belge, vraiment bons. D’ici à 5 ans, je suis certain qu’un français ou un belge (ou un duo) sera capable de sortir une bombe, avec de vrais bons dessins et un scénario béton. L’éditeur de ce manga, qui saura bien le “vendre” sur le Net, fera un gros coup. Plus encore s’il s’exporte… (plus complexe ça)

Je suis d’accord avec Nil, que ce soit pour ce qui est de parvenir à trouver une perle peu médiatisée au Japon ou, même connue là-bas, qui n’intéresserait personne ici (et là, je reviens avec mon Fujita : je pense que ça marche pas trop mal au Japon alors qu’ici, plus personne ne semble vouloir tenter le coup) ou pour ce qui est de miser sur un auteur national (par contre, je me demande si les droits d’exploitation coûteraient le même prix).

En plus, même pour les grands succès, faut se dire que les autres éditeurs n’ont pas une bourse infinie et qu’ils ne peuvent pas être sur tous les bons coups. Bien sûr, je ne parle pas d’un succès à la Naruto, pour lequel les éditeurs remueraient sans doute ciel et terre, mais pour un succès plus relatif, c’est différent.
Et puis, regardez quand même qu’un “petit” comme Ki-Oon s’est chopé un Ubel Blatt qui cartonne à mort.

bon, nil et chris, on monte la société quand ? :mrgreen:
en plus, avec chris on serait implanté en belgique également, yeah !!!

Hé moi je postule direct hein!

C’est une excellente idée, j’avoue. Quand on voit Ki-oon, qui est un petit éditeur et qui au final marche aussi bien que les grands, on voit que rien n’est impossible. Et il ne faut pas oublier que les gros éditeurs n’étaient que des petits à la base!
Même si c’est assez compliqué, je pense que si l’éditeur à la passion et le respect des lecteurs, ça ne peut que marcher (bon, il y a d’autres élèments plus importants qui entre en jeu bien sur).