Bon. À la différence de la saison 1 dont je regardais les épisodes dès leurs sorties, avec petit retour dessus, cette saison 2 m’a moins attirée de base et m’accroche moins en la suivant. C’est bien, c’est mieux que la saison 1 sur plein d’aspects, mais c’est encore très brouillon, maladroit, et les bonnes intentions et belles bagarres ne font pas tout.
Qu’est-ce qui ne me convainc pas beaucoup, d’abord. La promotion « mensongère » sur le retour de Jessica Jones, bien mise en avant dans la comm’ pour finalement trop peu à l’écran, quoiqu’il arrive. La disparition de Maître Murdock, à savoir l’aspect avocat du personnage, qui disparaît pour un résistant brutal et chef de guérilla qui fonctionne mais c’est une perte. La minimisation de Matt Murdock au profit de Daredevil, certes pour compenser la saison 1 mais c’est flagrant et notamment sur les valeurs. Notamment vis-à-vis de Karen Page, qu’il voit tuer quelqu’un et qui ne revient pas dessus, même après leur échange minime antérieur (et Karen devrait être traumatisée après son meurtre de Wesley ou plus extrême si elle fuit en avant). Tous deux incarnent la résistance plus qu’en étant leurs leaders, car cette résistance est floue et petit bras, avec manque d’actions réelles contre Fisk. Ça amène à des facilités grosses, comme le fait que, évidemment, Karen chope THE agent AVTF qui veut les rejoindre et il leur donne THE badge qu’il faut pour la prison, où leur seule amie avocate a été.
Qu’est-ce qui me convainc moyennement, ensuite. Une intrigue qui ose refléter l’actualité américaine, avec AVTF plutôt que ICE, c’est fort et très bien, mais ça m’oppresse un peu personnellement. Une bonne intrigue anti-justiciers et sur la manipulation de l’information, mais un côté petit bras : on n’a que le seul Swordsman (formidable réutilisation du personnage et de l’acteur mais il est bien seul), Angela et BB (et c’est un peu faible comme contexte médiatique). Une intrigue à tiroirs, « adulte », mais dont le coeur me paraît éloigné des personnages (on parle quand même constamment d’un bateau avec des armes pour un autre pays que Fisk faisait passer comme intermédiaire, c’est lourd). Une intrigue globale mais où ça manque de name-dropping : on évoque Valentina mais rien sur le Président Ross ou Sam Wilson, qui pourraient être interdits de s’en mêler mais tout ça les concerne, non ? Une intrigue aux scènes longues et au rythme lent, qui installe les choses, c’est bien mais… c’est bien lent.
Qu’est-ce qui me convainc, finalement. Des scènes de bagarres réussies, régulières, lisibles et intenses. Des acteurs concernés et impliqués qui jouent bien et font beaucoup pour l’ambiance. Un Fisk royal et formidable, tiré des comics et des cauchemars. Une Vanessa passionnante car incontournable et éthérée dans sa présence et son essence. Une « cour royale » vraiment bonne et réussie, dont les Buck et Daniel qui sont bien creusés (et compensent la psychologue bêtement abandonné à un rôle traumatique). Les luttes de pouvoir intéressantes avec la Gouverneure et la CIA. Un Bullseye formidable, imprévisible et étonnamment attachant, qui n’est ni celui des comics, ni la version wish de Netflix. Et des reprises assumées de Netflix, avec les flashbacks récupérés et ceux créés avec Wesley et Foggy (magnifique recadrage de Daredevil vers Matt, mais c’est long pour y parvenir).
Tout ça donne une saison 2 objectivement meilleure que la précédente… mais pas de beaucoup. La réalisation est correcte, l’acting est bon, le propos est ambitieux - mais les détails sont encore beaucoup à travailler, alors que le final est déjà prévisible. J’y vais sans déplaisir mais sans passion. On est quand même loin de la fureur bestiale des saisons 1 et surtout 3 de Netflix.