DC COMICS : le général

DC continue de travailler avec Diamonds UK pour l’Europe mais la chaine logique n’a pas suivi depuis les USA et le Canada.

Donc ca arrive au compte goutte jusque mi-juin a priori et les parutions pourraient ne pas sortir dans l’ordre.

Je pense qu’il va falloir trouver de la rentabilité rapidement.

Le passage de certains titres existants en digital, les passage en TPB, la publication digitale (a priori DC se sert d’Instagram désormais pour alimenter des préludes), comme dans beaucoup d’entreprises, la période va accélérer les mutations dessinées et les projets de dématérialisation.

Et pour DC, cette reprise passe par le digital, j’ai l’impression. ça ne m’étonnerait pas que l’on se dirige vers une publication mensuelles en digitale et une impression en TPB dans la foulée dès qu’un arc est conclu. C’est un sentiment.

Intéressant. Et surprenant, même si des bruits couraient.

Jim

Ca fait quoi 30 ans le réseaux Diamond ?

25, d’après le communiqué.
Du moins, vingt-cinq ans de contrat avec DC.
La société, elle, a trente ans, effectivement.

Jim

réaction de Peter David sur Facebook

DC has just declared war on Marvel Comics.

Oh, they aren’t framing it that way. But they have.

Because DC has just announced that they are severing ties with Diamond Comics. DC represents thirty percent of the market, and there is no way–simply no way–Diamond will be able to survive with that kind of come down in revenue. The mission here is to drive Diamond out of business, which will then cripple Marvel Comics.

And of course stores are now screwed, because they suddenly all have to open accounts with new unknown and untested distribution centers. The ones that managed to hold on during the Covid-19 closures will have considerable trouble surviving.

This is potentially catastrophic.

PAD

Avant d’être scénariste (et après avoir été journaliste), Peter David a travaillé en tant que responsable des ventes chez Marvel, notamment en tant qu’assistant de Carol Kalish, qui est connue pour avoir développé les liens avec les libraires et autres points de vente. Il sait de quoi il parle.

Jim

Le communiqué officiel de Steve Geppi (Diamond) :

"Today, DC sent out a retailer communication indicating they are ending their long-standing relationship with Diamond. In April, we were informed that DC was going to begin distributing products through additional partners. At that time, they asked us to submit a proposal for a revised agreement with the understanding that Diamond would continue to be one of their distributors. Which we promptly did. They then requested an extension to June 30 which we also accommodated. Last week, DC requested an additional extension through July. We responded with questions and DC indicated they would reply today, June 5. Instead of receiving a response, today we received a termination notice. While we had anticipated this as a possible outcome, we, like so many others in the industry, are disappointed by their decision to end our partnership so abruptly at this time.

"Although we had hoped to reach an agreement with DC, every great change also presents great opportunity! Rest assured, Diamond is a strong company and our success does not depend on the actions of one business partner. While we recognize this change impacts the industry, we are well-positioned to seize growth opportunities and are committed to the success of our publishing partners, the Direct Market and our industry as a whole.

"We continue to be excited about the growth potential in the comic, game and toy industries as well as growth opportunities for our other Geppi Family Enterprises companies. I truly believe that our comeback will be bigger than our setback and our best days are ahead.

« Thank you for your continued support and for all you do. » - Steve

Et les réactions de propriétaires de comic-shops :

Comme un relaunch des années 50-60 …

C’était surtout un problème de censure, à l’époque (et de distribution pour Atlas, ouais).

Jim

Je pensais à ça, en fait. Tu m’arrêtes si je me trompe (parce que je n’ai pas relu depuis longtemps) : DC avait acheté le distributeur d’Atlas, c’est ça ?

J’en parlais avec mon comicshop hier, clairement c’est totalement flou pour le moment, ça met un énorme bazar…

Pas tout à fait : Atlas avait sa propre diffusion, Atlas News Company, mais Goodman décide de fermer la boîte pour faire des économies, et de passer par un prestataire. Il se tourne vers American News, qui était alors en situation de monopole, mais qui faisait l’objet d’une enquête judiciaire. La boîte ferme donc peu après l’accord avec Goodman. Qui se retrouve le bec dans l’eau et se tourne vers Independent News, société pour laquelle il a travaillé des décennies plus tôt, en tant que représentant. Donc il les connaît bien, et obtient très vite un accord.
Sauf que Independent News appartient à National Periodical Publications, c’est-à-dire DC. Et les gens de DC s’inquiètent sur un point : distribuer les produits d’Atlas, c’est aider la concurrence. Donc ils imposent à Goodman de ne sortir que huit titres par mois. C’est ainsi qu’il sélectionne ses seize meilleures ventes, qu’il passe bimestrielles, afin d’avoir un roulement et un catalogue pas trop réduit.
À la même époque, on raconte qu’il a découvert un stock de récits payés mais pas encore publiés, et qu’il a ordonné à Stan Lee de les utiliser et de ne rien commander tant que le stock n’était pas épuisé. Ce qui a conduit Lee à appeler tous ses auteurs afin de les prévenir que les commandes allaient se tarir.
L’autre conséquence, c’est que si Atlas voulait publier une nouvelle série, il fallait qu’ils en suppriment une autre, afin de ne pas déborder du quota imposé par Independent News. Ce qui explique que la relance des super-héros s’est faite au compte-goutte à partir de Fantastic Four, et que les premières tentatives (dans Rawhide Kid ou Doctor Druid) aient été timides, discrètes et lentes à porter leurs fruits).
Autre détail intéressant : on conserve l’habitude de nommer « Atlas » cette période de creux de la vague, mais en fait, rétrospectivement, on comprend que l’appellation désignait surtout la distribution. Quand Goodman distribuait lui-même ses parutions, elles étaient estampillées « Atlas », avec le logo en forme de globe. Quand c’est passé chez Independent News, le globe a été remplacé par les lettres « Ind. ».
Je crois que c’est vers 1961 qu’on voit apparaître les lettres « MC ». Et l’appellation « Marvel Comics »’ est plus tardive, sans doute vers 1963 (de mémoire). Cette fois-ci, cela ne correspond plus à la distribution, mais marque plutôt la volonté de Goodman et Lee de trouver une marque identifiant leur production.

Jim

Ah oui, gros raccourci de ma part !

Oui, je me souviens bien de ça, en revanche.

C’est aussi passionnant qu’inquiétant (pour les lecteurs de fascicules en Amérique : moi qui lis en TPB dans un autre pays, je suis peu impacté). En gros, les libraires font écho du caractère soudain de la décision, allant jusqu’à dire que Diamond aussi a été pris par surprise (ce qui corrobore les propos de Steve Geppi). Ils sont très inquiets dans le sens où Diamond avait une structure solide et éprouvée, que les remplaçants ne pratiquent pas le même genre de ristourne (ce qui à terme peut mettre en danger l’économie de leur boutique), et que ces derniers sont considérés par certains libraires non comme des distributeurs mais comme des grossistes.
Les témoignages alignent tellement de critiques et de défauts qu’en filigrane on se demande si DC ne se tire pas une balle dans le pied en sacrifiant l’édition en fascicule. Certains estiment qu’ils vont privilégier l’édition numérique (ce qui avait été évoqué sur ce forum durant les semaines de confinement) et la vente par correspondance / souscription). Dans tous les cas, cela constitue un séisme dans le marché. La comparaison est d’ailleurs faite avec une tentative identique faite par Marvel dans les années 1990.

Jim

la difference est que Marvel avait racheté un distributeur connu…
le concurrent de Diamond… ce qui a poussé DC, Image ou Dark Horse à signé uen exclusiivté avec Diamond… et donc à faire de diamond le monopole qu il est…

Cependant, ça avait été un séisme, à l’époque, et ça avait contribué à fragiliser un marché qui ne se portait déjà pas bien. J’ai l’impression que l’histoire se répète, non ? Même si les conditions et la conjoncture ne sont pas tout à fait les mêmes.

Jim

Voilà, un relaunch via un Diamond Crisis ?

Tu rigoles, tu rigoles, mais sans être alarmant la situation est préoccupante et pourrais avoir de forts impact sur les comics. Lesquels tout reste a voir comment ça va se passer, mais ça peut aller de l’arrêt des mensuels, à l’arrêt de DC qui ne fonctionnerais plus que par a coup ou réimpression de TPB.