C’est cela qui me semble le plus bizarre : ce n’est pas propice à un développement du catalogue DC tel qu’on le connaît : parmi les témoignages, on lit des avis de libraires qui expliquent qu’ils vont réduire les commandes, que ce soit en fascicules (en limitant aux commandes de leurs clients) ou en TPB et graphic novels. Entre la menace de faire moins de marge, d’entamer leur trésorerie et, à terme, de risquer la fermeture, et la possibilité de réduction des commandes et donc des ventes, DC risque de faire face à une réduction des points de vente en même temps qu’une réduction des quantités qui circulent. La conjoncture n’est pas favorable, certes, mais je trouve le calcul au moins risqué, pour ne pas dire suicidaire.
Ce qui m’ennuie le plus, quand je vois ce qui sort en version en ligne, c’est que cela peut annoncer la fin de l’univers partagé et de la notion de continuité, certains seront surement soulagé, mais je vois plus des trucs dans tous les sens dans son coin qui n’ont plus aucun lien entre eux. Je pense que ça peut casser la fondation même de l’univers de comics DC.
C’est pas impossible (même si cela est bien entamé depuis plus de trente ans avec diverses collections alternatives, les réfections d’univers successives, etc etc…). Si cela se produit, ça peut sans doute s’étendre aussi à la concurrence. Auquel cas on aurait une gestion un peu à la Spirou, avec une série centrale et des versions confiées à des auteurs afin qu’ils donnent leur interprétation. Dans une certaine mesure, ça reviendrait à renouer avec un environnement éditorial proche de ce qui se faisait dans les années 1950, quand les personnages étaient séparés, confiés à des responsables différents, qui ne faisaient pas avancer le statu quo.
Mais sans aller jusque-là (il me semble que ce serait un scénario « du pire »), je pense que ça peut impacter le catalogue : si les libraires commandent moins, l’éditeur va resserrer autour de licences fortes, abandonnant les personnages secondaires et les prises de risque. Se posera alors la question du choix de maintenir un nombre imposant de sorties (les fameuses 52 séries par mois qui semblaient déjà une aberration il y a quelques années) afin d’occuper de la place sur les linéaires au détriment des concurrents. S’ils renoncent à cela, ce sera un signe fort et déterminant.
Mais, si effectivement, comme l’annoncent les libraires les plus pessimistes, les commandes baissent, je vois difficilement comment DC pourrait maintenir le cap, sur papier. En numérique, sans doute, mais en papier, ils risquent de réduire la voilure.
au départ ils avaient aussi pris d autres distrib’ pour etre vendus ailleurs qu en comics shops…
Pour moi, c est sur cela qu on va pouvoir juger la politique DC…
Quand à la continuité… DC a toujours été plus souple et proposé des choses plus iconqiues et détachées
Je n’y crois pas, pas à ce point-là.
En revanche, un resserrement du catalogue, c’est plus que probable.
Les différentes tentatives de plusieurs éditeurs n’ont rien donné : la collection « Ultimate » n’y est pas parvenue, les Giant de DC semblent perdre de l’argent en plus de mettre en colère le réseau…
Mais quelle est la stratégie de DC derrière le fait de quitter Diamond ? Tourner le dos définitivement au système « tradi » comic-shops (qui a peut-être fait son temps ?) et viser un public librairie/digital plus large ?
Possible. Il faut dire que si elle amène à un retour dans différends points de vente comme les supermarché, les kiosques et autres ça peut être une stratégie payante.
surtout qu’il a été dit plein de fois par toi, moi et plein d’autres que ça c’est potentiellement une des clés vers plus de ventes.
Voilà, exactement.
Cela dit, l’un aurait pu se faire en même temps que l’autre, à savoir conserver Diamond pour les points de vente spécialisés, et trouver un ou deux partenaires pour les autres réseaux. Là, en quittant Diamond, ils imposent à leurs nouveaux distributeurs de se concentrer sur les librairies, afin de ne pas les perdre. Et dans le même temps, ils iraient conquérir de nouveaux points de vente ? C’est ambitieux, à tout le moins.
Très intéressant.
C’est dommage que l’emploi fréquent de termes anglais qui auraient pu être traduits (« single issues en monthly » peut très bien se dire "fascicules mensuels") donnent l’impression que l’article est une traduction maladroite.
(Et je ne parle même pas de la compréhension de ce qu’est le pari pascalien.)
Rien que : shop, store, mail-order, Middle-grade et Young adult, lockdown, comics-game, gossip, safe ou direct market (pour certains répétés, en plus)… Tous ces anglicismes (qui ne sont pas mis en italique dans l’article, d’ailleurs) sont pour la plupart faciles à traduire sans que la compréhension en pâtisse (au contraire).
L’utilisation en de multiples occurrences de « voire même » a achevé de me hérisser le poil.
Oui, j’ai l’impression qu’ils l’ont compris à l’envers, favorisant la foi sur la raison, alors que le pari pascalien fait passer la raison avant tout.
Le site Comics Beat donne la parole à un libraire américain. Et celui-ci donne un son de cloche un peu différent de ce qu’on entend habituellement sur le sujet.
Notamment, il pointe du doigt les défaillances de Diamond (retards de livraison, commandes incomplètes, calendrier flou, problèmes de trésorerie…), fait remarquer que passer par de nouveaux distributeurs, même si ce sont des émanations de grosses librairies, ne pourra pas aggraver la situation, et estime que Diamond est responsable de la mauvaise santé du marché et de la fébrilité des éditeurs (pas seulement DC) et des libraires.
En gros, il semble plus optimiste quant à la suite que pas mal de voix exprimées précédemment. Il ne fait pas confiance à Diamond. Et s’il reconnaît que la période n’est pas la plus facile et que les choses auraient pu être faites de manière moins brutale, il estime que DC prend cette décision afin justement de protéger le marché des libraires, allant même jusqu’à affirmer que si ce « direct market » va mal, c’est de la faute à Diamond.