DERNIÈRES LECTURES COMICS

Ouais, donc il n’y a probablement pas de brouille du tout en fait. C’est moi qui tire des conclusions hâtives.

Merci pour tes précisions sur le sub-plot Fatalis/Strange. Je connaissais la version Byrne de la scène, mais ça m’était complètement sorti de la tête.
Et finalement, je viens de tomber sur une interview de Stern où il dit que la gestation de « Triumph and Torment » a duré…7 ans. Effectivement ça laisse le temps de sub-ploter…

Par contre Gruenwald était juste l editor… l editeur en chef c etait… shooter, non?

Moi aussi j ai galéré pour trouver ces numéros et ceux de simonson inédits en VF… j ai du les recuperer en 2004…
ils sont vraiment bien mais j attend une version epic pour les lire dans la continuité des autres episodes…

Mandroid est une histoire qui prend place dans le monde du Judge Dredd (c’est-à-dire de la bande dessinée britannique), cette société du futur hyperviolente ou les « *Judges *» sont à la fois policiers, juges & bourreaux.
Elle met (principalement) en scène Nate Slaughterhouse un ex-militaire que les vicissitudes de son métier c’est peu de le dire, ont contraint à une retraite anticipée.
De retour à la vie civile il s’installe dans la mégalopole de Mega-City One (celle où officie le Judge Dredd) avec sa femme et son fils.

… Je ne sais pas si la production de la « culture de masse » a augmenté, par contre je suis persuadé que son accès est beaucoup plus facile aujourd’hui que disons au début des années 1990 du siècle dernier.
La Toile permet de s’affranchir des (anciens) canaux traditionnels de diffusion et du « contrôle » que ceux-ci pouvaient exercer.
Sans parler des frontières et des langues qui ne sont plus qu’un mauvais (?) souvenir.
D’autre part, les individus en charge de produire cette culture dite de masse ou d’en autoriser la production sont plus nombreux aujourd’hui, en outre ce sont des gens qui ont eux-mêmes baignée dedans la majeure partie de leur existence.

Or donc, si la culture de masse n’a pas augmenté (?), du moins est-elle plus largement diffusée.

Corollaire de sa plus large diffusion, elle impose un nombre plus élevé de références qui sont de fait partagées par tous (ou presque), et diminue d’autant plus la chance de lire une histoire totalement originale.
Il est devenu évident du moins pour moi, que ce n’est plus l’art d’un nouvel alphabet que j’attends mais plutôt celui de nouvelles combinaisons de mots anciens, et pour le coup ici de nouvelles combinaisons d’idées sinon anciennes du moins déjà connues.

Je ne suis pas le premier (ni le dernier) à le dire mais nous sommes clairement dans l’ère de la postmodernité.
Cela dit, le recyclage, la parodie, le pastiche (liste non exhaustive) n’ont pas attendu l’ère postmoderne pour entrer en jeu ; mais aujourd’hui, je crois que l’on ne peut plus y échapper.

L’une des conséquences du postmodernisme est que la manière de lire à elle aussi changée.

Lire de nos jours, c’est (pour certains de nous, dont moi) mettre en route un processus encyclopédique qui renvoie à des conventions génériques fondées sur un ensemble intertextuel et architextuel « global ».
Dés lors il y a toujours un « arrière-plan » imaginaire englobant qui dépend du lecteur et de ses compétences génériques mais auquel il ne peut pas échapper.

Par exemple ici, et sans que cela affaiblisse l’histoire, Mandroid me semble être le croisement entre les films Un Justicier dans la ville (et sa philosophie du vigilantism) et Robocop (et son policier cyborg), le tout transposé dans l’univers du magazine britannique 2000AD et plus particulièrement Mega-City One.

Ceci étant dit, est-ce que ça marche ?

Eh bien oui, **Mandroid ** est une aventure (auto-contenue) où par ailleurs le Judge Dredd n’apparaît qu’en creux, mais c’est là aussi que l’on voit le tour de main du scénariste John Wagner (et le processus encyclopédique dont je parlais) : **Dredd ** est un personnage à part entière du récit, et sa personnalité est fort bien décrite, donc disais-je une aventure captivante très bien ficelée.

Les personnages ont une épaisseur psychologique comme on dit, et il y en a suffisamment pour que le monde dans lequel ils évoluent prenne lui aussi une consistance suffisant pour favoriser l’immersion du lecteur.
De plus le large cheptel de personnages différents, et leurs interactions permettent de bien comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui se passe, et où ça se passe.

En conclusion si je puis dire, Mandroid est un album à mettre entre les mains de tout lecteur curieux de passer un très bon moment de lecture.

Ian Rankin, maître du Black Tartan (le roman noir écossais) s’associe avec le dessinateur Werther Dell’ereda et ensemble, ils posent leur focale sur les affres de la « célébrieveté », autrement dit la télé-réalité qui, ne reculant devant rien propose un programme de « maison hantée ».
Rien d’extraordinaire cela dit, toutes les tendances de la société sont, on le sait, prétexte à fabriquer un jeu de télé-réalité.

Énigme en chambre close (par la force des choses) mais paradoxalement sous l’œil des caméras, Ian Rankin fin connaisseur de bandes dessinées, souligne l’un des aspects du protéiforme John Constantine : celui du détective de l’étrange.
Une race de détective qui se mesure à rien de moins que des mystères aux proportions métaphysique.
Vous voilà prévenus.

Dans ma précédente notule de lecture, celle sur **Mandroid **(juste au-dessus), je discutais de notre manière de lire (ou moins présomptueusement de la mienne) qui inclue inévitablement une lecture au « deuxième degré », et de celle d’écrire qui invariablement (ou presque), aujourd’hui, ressort de ce qu’on appelle en littérature, le postmodernisme.
Là encore par exemple, d’une manière certes homéopathique, il en est question ; ne serait-ce qu’avec le titre Dark Entries, qui est aussi une chanson du groupe Bauhaus.
Rien de fortuit ici.
Si le twist concocté par Ian Rankin est plutôt astucieux, le fond sur lequel se déroule cette histoire, la télé-réalité, dont les images sont gravées (au mieux) dans la glaise du souvenir à défaut de l’être dans le marbre de la mémoire, trouve une résonance particulière lorsqu’on découvre, petit à petit de quoi il retourne.

Werther Dell’edera donne l’ambiance qu’il faut au travers d’une certaine sobriété voire un brin d’austérité grâce à son trait, son encrage, que l’on devine sec.
Ses planches cadrent diablement bien à la situation dans laquelle Constantine s’est mis.

Publié dans l’éphémère « sous-label » Vertigo Crime (qui comme sont nom l’indique s’intéressait aux crimes et à ceux qui le commettent) de DC Comics cet album aurait été plus percutant en étant un peu plus « ramassé ».
Là, avec un peu plus de 200 pages il y a un petit ventre mou (rien de honteux non plus) qui amoindrit (un peu) l’impact de l’histoire.

Une broutille toutefois, tant la lecture de Dark Entries procure un chouette moment de lecture, tout à fait raccord avec ce qu’on connait du John Constantine de Vertigo.

À vous Cognacq-Jay !

Je me rappelle avoir lu Dark Entries lors de sa sortie et de m’être plutôt ennuyé. C’est peut-être parce que l’idée d’un Loft Story qui tourne à l’horreur, je trouve que c’est une idée fabuleuse (qu’on retrouve aussi dans le premier tome de Ghosted de Joshua Williamson et Goran Sudzuka). Mais, dans mon souvenir, les auteurs ne vont pas au bout de cette idée, ou alors ils ne frappent pas assez fort le concept de « télé-réalité » à mon goût, au choix.

Cependant, je lui redonnerais bien sa chance si je le trouve dans un bac.

[size=85]Stormwatch n°11 (Volume 2/1998)[/size]

**[size=150]B[/size]**âtie sur les cendres de Stormwatch (créée par Jim Lee), The Authority (1999) est une équipe connue pour avoir été le prototype d’un nouveau type de super-héros inspiré par l’idéologie managériale, celui d’individus dit proactifs.
Être proactif c’est devancer le problème avant qu’il n’ait lieu, c’est agir sur les faits et les processus à venir.
Warren Ellis & Bryan Hitch les deux créateurs de la série sont connus au-delà des sphères du neuvième art, en ce sens qu’ils ont inventé deux personnages, Apollo et le Midnighter (pastiches avoués de Superman & Batman) évoluant dans le milieu mainstream de la bande dessinée américaine (le courant dominant, celui des super-héros), ayant fait leur coming out à une époque où ça n’allait pas de soi ; ou disons moins que de nos jours.
Même si pour le dire vite cela tient à un concours de circonstances (où il faut croire qu’ils sont arrivés dans les premiers).
En effet, le dessinateur Bryan Hitch déclarera les avoir dessinés nus dans une case car «il me manquait une case pour les montrer en train d’enlever leurs costumes de ville et se changer en super-héros. » (Pour en savoir +), et un an après ce dessin, certains lecteurs se sont dit : « Bon sang mais c’est bien sûr … ».
Warren Ellis, lui de son côté, déclarera avoir tout planifié depuis le début que cela faisait partie de son dessein à lui.
En tout état de cause si on peut avoir des « doutes » sur l’origine de l’un des couples gay les plus emblématiques de la bande dessinée étasunienne (en tout cas le plus déluré), il n’en demeure pas moins qu’Ellis a fait feu de tout bois dans ces deux séries (Stormwatch & The Authority sous l’égide alors de l’éditeur Wildstorm) qui l’ont révélé.

Ainsi the Bleed (la Plaie en français) est une « frontière » entre des univers (parallèles) dans laquelle une sorte d’astronef inter-dimensionnel le Porteur (occupé par l’équipe nommée The Authority qui en a fait son QG) voyage.
Mais le bleed c’est aussi en anglais le terme qui, dans le domaine de l’imprimerie, désigne ce qu’en français on nomme le « fond perdu », une marge notamment utilisée pour des annotations ou servant de sécurité lors de la coupe d’une image, par exemple.
Donc dès le départ Warren Ellis place ses deux séries sous les feux d’une lecture dite au « deuxième degré » (pastiches, polysémie, etc.) cher au postmodernisme.
Toutefois après douze numéros Hitch & Ellis tirent leur révérence et passe la destinée de l’équipe à une autre équipe créative, en l’occurrence Mark Millar et Frank Quitely, qui poussera le bouchon du pastiche encore plus loin.
Ce qui nous amène à 2004 et à The Authority : Revolution, maxi-série de 12 numéros écrite par Ed Brubaker et dessinée par Dustin Nguyen.

De l’eau a coulé sous les ponts, et Jack Hawksmoor le leader de l’équipe à ce moment là, occupe maintenant le bureau ovale (de la Maison Blanche).
Et ce n’est pas le moindre des paradoxes pour cette « autorité » qui ne se reconnaître par ailleurs « aucun Dieu ni maître » version simplifiée d’un anarchisme de bon aloi.

Depuis au moins l’épisode What Can One Man Do (écrit par Elliot S! Maggin et publié en 1971 par DC Comics), où Oliver Queen l’alter ego de Green Arrow s’interroge sur ce que peut faire un super-héros pour aider les autres et où l’idée de briguer un mandat éléctoral lui vient à l’esprit, un traitement par le biais de la politique titille certains scénaristes de comic books de super-héros.
Voir par exemple Ex machina de Vaughan & Harris qui met en scène un ancien super-héros devenu maire de New York dans une Amérique du Nord uchronique.
The Authority depuis son lancement par Warren Ellis & Bryan Hitch, joue avec cette idée ; dans la maxi-série dont il question ici, et où l’un de ses membres occupe le bureau ovale on s’attend à ce que cette idée se concrétise.

Mais ce ne sera pas le cas.

On pourrait me rétorquer que « faire de la politique » mériterait d’être clairement expliqué, certes.
Je m’en tiendrai à la définition d’Henri Laborit pour qui la politique « c’est d’abord une science de l’organisation des structures sociales » ce qui laisse un large champ d’action, tout en précisant néanmoins qu’ici, j’attendais The Authority surtout sur le terrain de la conduite des affaires publiques, un terrain où l’on peut prendre des décisions concrètes et assez facilement identifiables.
Il n’en sera rien ou très peu, c’est-à-dire qu’on ne s’étendra pas sur les tenants et les aboutissants des réformes et autres changements.
Surtout lorsque l’un des membres de l’équipe rappelle un célèbre docteur de Harvard (du moins selon une lecture au deuxième degré) qui dans la mouvance des années 60 et du moment psychédélique voulait changer les esprits (avant et) pour changer le monde.
Les problèmes se régleront dans des mano a mano virils et via les super-pouvoirs des uns et des autres (voir par exemple la paix singée entre deux belligérants du Moyen-Orient).
Cette absence fait-elle de Révolution une mauvaise histoire ?

Que nenni !

Brubaker & Nguyen y déploient tout leur talent et leur métier et offrent aux amateurs de divertissement un récit captivant où de mystérieux ennemis complotent, où des politiciens retors et sans scrupule s’opposent sournoisement aux velléités de changements, où d’anciens super-héros resurgissent étrangement jeunes et puissants. Sans oublier un peu de psychanalyse freudienne comme il se doit, oui celle sous-tendue par le complexe d’Œdipe, revue et corrigée par une belle dose de mauvais esprit.
Les auteurs nous feront aussi visiter d’autres plans de la réalité, d’autres univers (une constante – ou presque - des univers super-héroïques depuis Flash n°123 (Pour en savoir +) même si dès Wonder Woman n°59 en 1953 il en est déjà question), et il n’y a pas que les univers qui sont plurivoques, les personnages aussi.
On « visite » également les pensées d’une gamine qui n’a qu’une hâte, celle de grandir ou encore celle d’un dur à cuire au cœur tendre.
Oui les stéréotypes ont la vie dure, mais traité avec malice c’est toujours réjouissant.
Bref sur une structure scénaristique dite modulaire, toujours efficace, les deux créateurs ne se refusent rien et s’ils utilisent la politique plutôt comme une sorte de vernis, le tableau d’ensemble qu’ils brossent rend plutôt bien.

Des cliffhanger qui tombent à point nommé, parachèvent la forte impression que laisse cette série.
Et si Brubaker est connu pour être un auteur ès polars talentueux, question S-F ce n’est pas un manche non plus.
Des dialogues de forts mauvais goût (une marque de fabrique de la série) joliment négociés (et ironiques), fort bien traduits, eh oui cette série à été traduite chez l’éditeur Panini, donnent à cette histoire un léger parfum de transgression.
En outre, loin de la frilosité qui saisie certains auteurs, Nguyen & Brubaker généreusement, n’hésitent pas à créer de nouveaux personnages et à donner corps à de nouveaux concepts, ou à en approfondir d’autres.
Ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on travaille sous le régime du work for hire, c’est-à-dire « à la commande » et où tout ce que vous inventez appartient à l’éditeur.
Avec cette mini-série on a vraiment l’impression d’être au cœur de la « continuité », sans pour autant être perdu ou ressentir un manque.

Le principe dit de continuité se caractérise par un univers fictif commun où les personnages des divers titres d’un même éditeur se rencontrent, s’affrontent, se réunissent, et où les événements peuvent avoir des effets et des répercussions à travers des séries différentes.
Dans une certaine mesure tous les récits publiés par un éditeur tendent à former un seul grand récit, et théoriquement les protagonistes portent sur leurs épaules le poids de leurs actions passées. Pour le meilleur et le pire.
Ce principe de continuité est facilité par la politique éditoriale qui contractuellement n’envisage que le work for hire, c’est-à-dire le travail de commande dont le résultat devient la propriété de l’éditeur et pas celle des scénaristes et des artistes qui l’ont réalisé. Cependant c’est un peu moins vrai de nos jours, où le creator-owned (une série où le(s) créateur(s) en possède(nt) les droits) se fait une place dans le maquis éditorial étasunien.

The Authority a toujours été un blockbuster, dans le sens premier du terme, à savoir une bombe capable de raser un quartier.
Dans cette série, la pyrotechnie et les homicides sont une sorte de patrimoine qu’il faut entretenir, et les deux auteurs de Révolution ne s’en privent pas.

On se demande parfois de qui l’auteur est le double lorsqu’on lit (ou regarde) une fiction, ici dans The Authority : Revolution ça ne fait aucun doute : Brubaker est l’alter ego du villain de cette histoire, son esprit retors en est la preuve.

Et son mauvais esprit le place sur la même marche que Warren Ellis.

Bien vu !

Et pour les anglophones qui souhaitent découvrir les deux récits de La Société des Détectives Infaillibles, voici « L’Aventure de la Mona Lisa » suivie de « L’Aventure de la Corde à Linge » :

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http://imageshack.com/a/img921/3738/2qY1Zx.png

Je viens de finir ce volume 5 qui contient les épisodes 101 à 125 de la série. C’est toujours aussi énorme. Larsen continu de faire évoluer sa création sur un nouveau monde ( son monde d’origine s’étant fait bouffer par le galactus local ), le marrie à jennyfer murphy; l’envoie dans la dimension x empecher une vague d’annihilation, lui fait perdre ses pouvoirs, le lance dans les élections présidentielles.
Il se permet aussi de tacler l’industrie des comics ( comme les équipes artistique qui reste que quelques mois en place sur un titre )ou les politiques ( bush voulant envahir asgard car il pense qu’ils ont des armes de destructions massives )
A côté de ça, Larsen créé des méchants super attachants et/ou marrant comme mr glum ( mon préféré ) qui sert de compagnie à angel la fille de dragon ou encore the fly un mec qui transforme les gens en mouche.
C’est très rythmé, bourré d’action et d’humour ( les tentatives de mr glum pour tuer dragon sont assez fendarde, de même que larsen pastiche aussi calvin et hobbes avec angel et glum ).
Et larsen aux dessins en noir et blanc j’aime beaucoup.

Pour tout ceux qui aiment invincible, foncez lisez savage dragon.
Pour tout les nostalgiques d’une certaines écriture, qui s’est perdue pour faire place à l’écriture tpb, foncez lisez savage dragon.
Pour tout ceux qui veulent une lecture fun et pas prise de tête, foncez lisez savage dragon.
Pour ceux qui ont peur car en vo c’est du langage très basic ( je sors très peu le dico ) donc foncez.
Et 25 épisodes pour 20 dollars c’est presque donné
J’attaque le volume 6 dans la foulée. Par contre je sais pas si image va continuer cette collection maintenant qu’ils ont rattrapper les tpb en couleurs

Il devrait bien y avoir un volume 7 (et même un volume 8!) comme le révélait le créateur Erik Larsen lui-même en 2011 :

Source : www.savagedragon.com

Cool merci. Je vais être patient et attendre les archives, et vu mes finances actuelles ce sera pas plus mal. Cette nuit au taf c’était calme du coup j’ai dégommé une bonne douzaine d’épisodes du volume 6. Entre la prise de pouvoir de mr glum, le retour des mioches et solar man ( sentry version larsen ) j’ai du mal à lacher le bouquin

Récit dans le récit, Violente Cases s’inscrit dans la mouvance noire de la fiction (romans noirs/films noirs), parfaite synthèse contemporaine du mythe et du conte (Cf. Alain Demouzon); à la fois « Petit Poucet » expulsé dans la nuit féroce de l’existence, et tragédie du mythe qui demande de sacrifier aux dieux son poids en vies humaines.

Oeuvre de jeunesse de deux auteurs appelés à en faire d’autres ensemble, toutefois bien malin qui pourrait le dire sans repère chronologique tant leur maîtrise paraît évidente.

Neil Gaiman & Dave McKean réalisent à partir d’une nouvelle du premier une bande dessinée pour le moins atypique.
Une BD que je qualifierais si je devais la décrire d’hypnagogique, c’est-à-dire une bande dessinée qui élabore un dispositif singulier au travers duquel le lecteur est amené à vivre une expérience entre rêve et réalité (pour le dire simplement).
À l’instar du protagoniste principal aussi, d’ailleurs.

Ce vacillement du familier (que l’on perçoit rétrospectivement dès le titre), un souvenir d’enfant raconté par lui-même une fois devenu adulte, provoque un décrochage, un état de latence entre le rêve et l’éveil, proche de l’hypnose.
Cette effet est accentué par la narration, dont la tranquillité excessive finit par créer une nébulosité poétique autant que fascinante.

Je serais bien en peine de dire où le duo veut en venir, mais assurément si la destination m’est inconnue le voyage en valait la peine.
Et il en vaut la peine à chaque fois que je relis cette histoire.

Excellent !!

A l’exception de « Black Orchid », que j’aime bien mais qui ne me paraît pas exceptionnel, j’aime beaucoup les travaux du duo Gaiman/McKean de l’époque (et même un peu plus tard, avec « Mr. Punch » dans une veine un peu différente…
Je crois quand même avoir une légère préférence pour « Signal To Noise », qui présente quelques similitudes formelles avec ce « Violent Cases », et notamment ce dispositif narratif comprenant une mise en abyme…

« Violent Cases » trône chez moi depuis un certain temps maintenant (dédicacé par Gaiman, d’ailleurs…), et je crois bien ne l’avoir lu qu’une fois. Merci pour la piqûre de rappel, ce travail le mérite bien.

Marvel Graphic Novel 55 : Squadron Supreme - Death of a Universe

Petit retour sur la « Justice League made in Marvel », alors que la publication en VF d’une nouvelle déclinaison du concept, scénarisée par James Robinson, est imminente.

http://vignette4.wikia.nocookie.net/marveldatabase/images/6/6d/Squadron_Supreme_Death_of_a_Universe_Vol_1_1.jpg/revision/latest?cb=20080911142138

Pour des raisons qui m’échappent, et alors qu’une bonne part des fameux Marvel Graphic Novels (collection initiée par le mythique The Death of Captain Marvel) ont été publiés en France dans la collection Top BD chez Lug/Semic, au moins pour les albums consacrés aux personnages Marvel, ce Squadron Supreme - Death of a Universe est resté inédit en VF.
C’est d’autant plus surprenant qu’il s’agit là de la suite directe de la célèbre maxi-série consacrée à l’Escadron, publiée en son temps dans Spidey, avec la même équipe artistique qui plus est : Mark Gruenwald signe le scénario et le regretté Paul Ryan, disparu au début du mois de mars, signe les dessins, lui qui illustra les derniers chapitres de la maxi.
Cet album constitue pourtant une sorte de coda à la série susnommée. Avant de rentrer dans le vif du sujet, petit retour en arrière…

La création de l’Escadron Suprême, sous la houlette de Roy Thomas, s’est faite en deux temps : initialement, c’est une sorte de contrepartie maléfique de l’équipe qui apparaît, dans les pages de Avengers 70. Le Grand Maître y affronte Kang le Conquérant dans une sorte de tournoi cosmique, et choisit pour champions le fraîchement constitué Sinistre Escadron. Thomas s’amuse à faire de cette équipe un pastiche des principaux héros DC : Hypérion est Superman, Nighthawk est Batman, Whizzer est Flash et le Dr Spectrum est Green Lantern. D’une certain manière, c’est comme si le Crime Syndicate de DC Comics était apparu avant la Justice League…
Roy Thomas brouille un peu les cartes quelques épisodes plus loin, dans Avengers 85. Pris dans un périple dimensionnel, les Vengeurs atterrissent sur la Terre-712, ou Terre-S, et y rencontrent l’Escadron Suprême, qu’ils prennent pour les criminels de l’Escadron Sinistre. Il s’avère que le Grand Maître a modelé son équipe de criminels sur le fameux Escadron de la Terre-712 : il les avait choisis comme champions dans un précédent tournoi cosmique, opposé au Centurion Ecarlate (une autre incarnation de Kang, justement). Thomas en profite pour pousser son idée un peu plus loin et introduit de nouvelles variations sur le célèbre groupe de justiciers DC : des versions de Green Arrow, Black Canary ou Atom font leur apparition.

L’idée de Thomas est de s’amuser un peu avec des jouets « interdits » (et pour cause, ils appartiennent à la concurrence) et en profite au passage pour montrer la supériorité des personnages « maison ». Il n’empêche qu’à partir de ce moment, l’Escadron (même s’il se fera régulièrement manipulé par des puissances supérieures…) est dépeint comme un groupe de héros, les plus grands de leur monde.
L’Escadron réapparaîtra sous la plume d’Englehart dans la fameuse Saga de la Couronne du Serpent, manipulé par le possesseur de ce puissant artefact inter-dimensionnel. Le Superman du groupe, Hypérion, fera une apparition dans les pages de The Mighty Thor pour y affronter son double maléfique du Sinistre Escadron. Puis, dans une saga parue dans les pages de The Defenders, l’Escadron affronte sa plus grande crise en tombant sous la coupe de l’Overmind (« Mastermind » en VF), entité aux immenses pouvoirs télépathiques vaincue auparavant par les FF alliés au Docteur Fatalis. Hypérion s’évade sur la Terre-616 et y trouve l’aide des Défenseurs, qui affrontent l’Overmind et son maître Null the Living Darkness, et finissent par libérer l’Escadron.
La menace est écartée mais la Terre-712 est plongée dans un chaos sans précédent. Le président des USA Kyle Richmond (le Bruce Wayne de l’Escadron) est contraint de démissionner, et il s’oppose également au grand projet de l’Escadron, le projet Utopia. En effet, le groupe décide de prendre en mains les destinées de sa planète, en en prenant le contrôle et en se donnant une année pour résoudre tous les problèmes de l’humanité…y compris la mort elle-même.
Richmond alias Nighthawk quitte le groupe et cherche le moyen de l’empêcher de mener ses projets à bien.
Tout cela nous amène aux événements décrits dans la maxi-série Squadron Supreme en 1985, sous la houlette de Mark Gruenwald. Le groupe y mène son projet à bien, mais est entraîné dans une bataille meurtrière avec les résistants menés par Nighthawk. Les pertes sont lourdes des deux côtés, et Hypérion, convaincu par son adversaire (mort au combat), décide de renoncer au programme Utopia.

On ne dira jamais assez à quel point le récit de Gruenwald (qui signe probablement là son travail le plus important) est une date dans l’histoire des comic-books, ce qui rend d’ailleurs d’autant plus incompréhensible le fait que Panini ne réédite pas cette pépite. Avant même Watchmen et autres The Authority, la série explore les conséquences « réelles » de l’existence de surhommes (que ce soit en termes de progrès technologiques, de géopolitique, de justice, de contrôle des armes, etc…) sur Terre ; Gruenwald se sent d’autant plus les coudées franches qu’il opère dans le cadre d’une Terre alternative à la Terre-616, foyer des héros Marvel. Il peut se « lâcher », et ne manque d’ailleurs pas de le faire.

Par rapport à l’idée de « pastiche des héros DC » initialement à l’origine du concept, le scénariste va beaucoup plus loin que Roy Thomas, créant même des adversaires à l’Escadron basés sur des vilains DC ; Master Menace est le Lex Luthor d’Hypérion (mâtiné de Fatalis), quand Guenon-X est une Gorilla Grodd au féminin, ou que le Dr Decibel est le Sonar de Marvel, Lamproie un décalque du Parasite, etc…
Vers la fin du récit, Gruenwald adjoindra d’autres membres à l’équipe comme Haywire ou Inertia (en fait des traîtres à la solde de Nighthawk), qui ne semblent pas quant à eux modelés sur des personnages DC…

L’action de Death of a Universe se déroule une semaine à peine après les événements de Squadron Supreme 12, quand le graphic novel a été publié en 1989, soit trois ans après la conclusion de la maxi-série.
Le récit s’ouvre sur le Centurion Ecarlate : venu d’une autre dimension, ce Kang alternatif est devenu le maître absolu de l’univers-712 et de toutes ses ères temporelles. Toutes sauf une : la fin du vingtième siècle, où/quand opèrent l’Escadron. Le Centurion n’ose les affronter, et ne peut même pas observer cette époque : une sorte de voile temporel obstrue ses appareils. Ses scientifiques parviennent quand même à le percer temporairement, juste ce qu’il faut pour que le Centurion observe l’inimaginable : une main gigantesque apparaît près du soleil et menace d’engloutir le système solaire tout entier…
Dans le passé (notre présent), Hypérion reçoit les dirigeants américains et leur explique, à leur grand désarroi, qu’il renonce au programme Utopia. Pas le temps de digérer l’info que voilà Hypérion alerté par le Professeur Imam, Sorcier… Suprême de la Terre-712 (et pastiche du Docteur Fate de DC), au sujet d’une menace d’envergure cosmique, la même que celle observée par le Centurion Ecarlate évidemment. L’Escadron, pressé par le temps, n’a d’autre choix que de se tourner vers ses pires ennemis, Master Menace et le Centurion Ecarlate, pour tenter de sauver leur univers…

Il est un peu surprenant que Marvel ait choisi la collection Graphic Novel pour publier cette suite à la maxi de Gruenwald ; peut-être ce format est-il un peu trop « prestigieux » pour ce récit sympathique mais pas exceptionnel, même si la coloration de luxe propre au format flatte avantageusement le dessin classique, au bon sens du terme, de Paul Ryan (quelque part entre un John Byrne « sage » et des artisans solides mais plus classiques). Il faut dire aussi que le récit est complètement imbriqué dans la continuité propre à l’univers de l’escadron ; le lecteur n’ayant lu pas la maxi précédente risque fort de s’y perdre les chèvres, comme on dit, dans cette profusion de personnages au background finalement plutôt fourni.
Gruenwald y est égal à lui-même, c’est-à-dire pas forcément très doué pour les dialogues et la caractérisation (encore que…), mais généreux dans l’action super-héroïque et très inventif sur les rebondissements SF, comme en atteste cette idée pas inédite mais sympa sur Master Menace. Il est simplement dommage que la moitié de l’album soit consacrée à des développements très « soap » (qui semblent peu adapté à ce format « one-shot ») certes pas déplaisants pour le lecteur familier des personnages, y compris les plus obscurs ; mais on est quand même témoin des atermoiements de Moonglow ou Redstone, et des amourettes de Haywire et Inertia : ce ne sont pas spécialement les persos Marvel les plus exposés, c’est rien de le dire. Difficle de s’impliquer dans cette dimension de l’histoire.
Plus inspiré sur la deuxième moitié du récit, Gruenwald s’y amuse sur deux plans : d’abord, comme à son habitude (Gruenwald était une encyclopédie vivante des comics, d’après son confrère Mark Waid), le scénariste joue sur la continuité et notamment sur ses propres travaux antérieurs. Le « bad guy » de Death of a Universe est une création de Gruenwald dans le cadre de sa fameuse Project Pegasus Saga dans les pages de Marvel Two-In-One qui voyait l’apparition d’Aquarian, nouvelle incarnation de Wundarr l’homme-enfant (lui-même pastiche du plus célèbre des kryptoniens de DC…). Le Nth Man est une sorte de monstre cosmique ou de trou noir vivant ; il est lui aussi la nouvelle incarnation d’un personnage antérieur, le Dr Lightner alias Black Sun. Et puis la simple utilisation du Centurion Ecarlate évoque le vilain Kang et ses multiples incarnations…
D’autre part, Gruenwald s’amuse aussi à multiplier les clins d’oeil et les « emprunts » à l’univers DC : ainsi le Centurion Ecarlate est peut-être devenu dans ce récit un analogue du Time Trapper (ennemi de la Légion des Super-héros) et surtout, la nature très Star Trek de la menace (cette main gigantesque dans l’espace) renvoie autant aux origines de l’univers DC telles qu’observées par le vilain Krona (la « main galactique ») qu’à Crisis on Infinite Earths, et ses univers détruits en cascade dans un « flash » blanc…bien avant Jonathan Hickman et son travail sur la franchise Avengers (je soupçonne d’ailleurs Hickman d’être un admirateur du travail de Gruenwald ; sa reprise du concept du New Universe semble en attester).

Loin d’être aussi marquant ou crucial que la maxi qui l’a précédé, Squadron Supreme - Death of a Universe, malgré ses défauts, demeure un récit plaisant et presque indispensable aux lecteurs familiers de ces personnages. Imparfait mais épique, généreux et ambitieux, ce graphic novel constituerait même un bonus de choix à une éventuelle publication en VF de la maxi « historique » du regretté scénariste…

Merci pour cette chronique exhaustive de ce graphic novel que je ne connais que de nom (alors que j’adore la mini-série d’origine pourtant).
Et dire que la version de JMS est rééditée à plusieurs reprises, alors qu’on trépigne toujours pour une ressortie de celle-ci, c’est rageant. :confused:

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Gruenwald arborant fièrement son t-shirt « continuity or death »

D’après la légende Gruenwald était tellement fier de sa grande oeuvre, et surtout profondément attaché à ce médium, qu’il a demandé à ce que ses cendres soient mêlées à l’encre qui a servie pour le premier recueil de ce récit d’anthologie.

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Simonson c’est malicieusement servi de cet statut de Gruenwald de « gardien de la continuité » en lui faisant un clin d’oeil, avec un caméo dans le cadre de la Time Variance Authority.

Oui, c’est ce qui se dit et ce que disait Panini dans son magazine Marvel.

En fait, à ce que j’ai pu lire, ce n’est pas tout à fait ça : lui-même a émis le souhait que ses cendres soient mêlées à l’encre de l’une de ses oeuvres, n’importe laquelle. A son décès (précoce et soudain), c’est sa veuve qui a du choisir, et elle a décidé que ses cendres seraient finalement mêlées à l’encre de la première édition du TPB « Squadron Supreme ». Elle considérait son travail comme son grand oeuvre, comme lui probablement.
Je chipote, hein.

C’est une légende merveilleuse.
Mais il semblerait que ce ne soit qu’une légende.

Jim

Ah oui, tu penses ?
Je m’étais décidé à y croire car Bob Harras et sa veuve Catherine confirment l’anecdote, à ce qu’il semble…

Comme le She-Hulk de Byrne ou certains avengers comme the Vault.