
…. **[size=150]S[/size]**cénariste très précoce (et tout aussi précocement talentueux), Garth Ennis commence sa carrière à l’âge de 19 ans, et après un passage par l’hebdomadaire anglais 2000AD, se retrouve à écrire la série Hellblazer pour l’un des Big Two de l’édition de BD étasunienne.
C’est aussi pour DC Comics qu’il scénarise en 1997 la mini-série Unknown Soldier qui paraît alors sous le label Vertigo.
Ennis n’a jamais caché son intérêt pour les récits de guerre, il est d’ailleurs l’un des rares à en produire encore aujourd’hui pour le marché américain.
Le Soldat Inconnu, c’est l’histoire - contemporaine de sa publication - d’un jeune agent de la C.I.A. qui se voit mystérieusement dirigé sur la piste d’un « soldat inconnu » justement, personnage dont il fera d’abord la connaissance via les récits d’anciens combattants de certains des conflits majeurs qui ont ensanglanté le XXème siècle.

[size=85]Lettrage de Graphic Hainaut[/size]
J’ai lu cette histoire – qui est l’une de mes favorites de ce scénariste - grâce à la traduction de Xavier Hanart pour le compte des éditions Le Téméraire au moment de sa sortie dans l’Hexagone, en 1998.
Et si on m’avait demandé de la définir succinctement j’aurais dit encore il y a peu, qu’elle appartenait aux histoires de guerre qu’affectionne Ennis.
…. Or, après l’avoir relu – avec toujours autant de plaisir – je dirais maintenant que c’est une histoire fantastique.
En effet dès le récit du premier « témoin » qu’entend l’agent Clyde, il apparaît que l’homme connu sous le nom de code de Soldat Inconnu vit un apax existentiel, c’est-à-dire un événement qui ne se présente qu’une seule fois et qui conditionne le reste d’une existence.
Et à partir de ce moment précis, la mini-série bascule dans le domaine du fantastique, entendu ici comme l’intrusion du surnaturel dans le cadre réaliste d’un récit.

Le surnaturel dont il est question ici est l’apparition d’un mème.
Dans son acception la plus radicale (ou la + fantastique), le mème désigne une idée considérée comme autonome, et qui se sert des humains pour se reproduire à la manière d’un virus (biologique ou informatique) ; et de mon point de vue le Soldat Inconnu – tel que décrit par ceux qui l’ont rencontré – devient littéralement une idée. Un mème qui fait tout pour survivre …………. mais je vous laisse découvrir par vous-même si ce n’est déjà fait ce qui se déroule dans cette excellente série, magnifiquement dessinée par Kilian Plunkett et tout aussi joliment mise en couleur par James Sinclair.