DERNIÈRES LECTURES COMICS

Une de mes œuvres préférées de Byrne

Ce qui m’intrigue, c’est le « Jokes from the Crypt »…

Tori.

Ouais, ça, j’en entends parler grâce aux images que j’ai postées, parce que je n’ai pas ces mentions sur mes exemplaires (preuve que ça a connu plusieurs impressions, vraisemblablement, avec une collection qui évolue).

À part quelques images sur la toile, ornées d’une couverture par Davis, je ne sais pas trop ce que c’est.
Si je comprends bien ce que ce scannblog précise, il s’agit de recueils de petites blagues horrifiques illustrées par un certain Aristides Ruiz, et mettant en scène les « hôtes » des EC Comics. Ça daterait de 1992.

Des blagues courtes d’humour noir et reposant souvent sur des jeux de mots. Difficilement traduisibles, pour le peu que j’en vois.

Je ne sais pas combien il y a de tomes. Si l’on en croit le dos de couverture posté plus haut, un seul. Et c’est toujours la même couverture que je vois sur la toile, donc j’aurais tendance à croire qu’il n’y a qu’un seul bouquin…

Jim

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Ah, je croyais qu’il s’agissait de photos de tes exemplaires…

En effet.

Tori.

Il a bien fèté l’après 25, le Pére Noël.

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Non non : l’un des miens n’a pas le même texte en C4, par exemple.
Avec deux textes différents, je me suis dit que les sorties étaient différentes, voire que l’un pouvait être une réédition (ce qui est sans doute le cas).
Et j’ai découvert l’existence des Jokes from the Crypt en trouvant des images sur la toile.

Jim

Quand, sur un tome 1, on parle des tomes 2 à 5, il y a des chances que ce soit une réédition, oui.

Tori.

À moins que les cinq tomes soient prévus par avance.
Mais ça ne semble pas le cas ici.

Jim

Clin d’œil

Ah bah forcément…

Quand il s agit de convaincre, Marko sait trouver les bons arguments.

Marko n’est pas allé voir Urban ?

Donc, j’ai lu le premier tome de Huntr, sous-titré « La Bulle », et c’est assez chouette. Barney nous en avait parlé en ces termes qui, pour justes, ne disent pas à quel point c’est savoureux :

On est dans un monde où l’humanité vit dans une bulle, dans laquelle des créatures agressives appelées « xémons » pénètre de temps en temps. Rien de bien affolant, et les gens peuvent s’inscrire sur l’appli « Huntr » et traquer la bestiole, afin de faire œuvre utile et d’allonger les fins de mois. On suit directement quelques personnages qui s’inscrivent sur l’appli, sans pour l’heure en savoir bien davantage sur les tenants et les aboutissants de ce monde : société post-apo ? civilisation survivant après une terraformation ? Au fil des pages et des flash-backs, cette dernière solution semble s’imposer, mais en réalité, le récit s’en fout un peu. Car l’important n’est pas là.

En fait, ce qui est intéressant, c’est la confrontation entre cet univers, qui idéalise la figure du combattant anonyme mais spécialisé (il y a quelque chose de buffyesque dans la description de l’héroïne badass un peu revenue de tout qui « replonge » dans une vie de castagne), et les habitudes bien rangées de la société sous bulle qui est décrite, peuplée d’un aréopage de protagonistes qui cherchent surtout à s’amuser, à boire un coup, à se faire un peu d’argent au passage et à grignoter des étoiles sur leur compte Huntr. L’aspect chronique sociale a presque une dimension méta, tant l’écriture très moderne, formidablement retranscrite par la traduction branchée de Basile Béguerie, nous interroge sur le rapport à la réalité d’un monde hyperconnecté.

Ça a l’air sérieux formulé comme ça, mais en fait, c’est vachement marrant et bien décalé. Le suspense est là, les variations sur les monstres et les pouvoirs (ah, le « club de lecture ») sont chouettes, et bien entendu, il y a des cliffhangers, des rebondissements et juste ce qu’il faut de commentaire social. Et le dessin de Tony Cliff, que j’ai découvert (là encore grâce à ce forum), dans Delilah Dirk, fonctionne vraiment à plein, joli, très expressif et bougrement dynamique.

Jim

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Il est vrai mais c’était juste une accroche de ma part :wink:

Le deuxième tome est très bien aussi. On sort un peu de la critique sociale car… on sort de la société, de cette « bulle » de Fairhaven pour aller dans la « brousse », l’extérieur de cette planète colonisée où vivent des communautés qui ne veulent pas accepter le modèle dominant. La raison de la sortie est simple : retrouver une gemme faite d’un élément chimique qui n’existe pas sur Terre, et qui semble avoir des propriétés particulières.

L’album s’ouvre sur un flash-back du type de ceux qu’on a vus dans le tome précédent, autour de la figure de Morgan, chasseresse et personnage principal. Puis on enquille sur la quête proprement dite afin de réunir les deux fragments de gemme. Mais la force de l’album, outre l’humour, les dialogues qui tapent et les références qui fusent, c’est la capacité qu’a le récit à déjouer les attentes, à court-circuiter les passages obligés. Les affrontements sont annoncés et puis, hop, le scénario contourne l’obstacle. Mention spéciale à la scène de la Porte 4, assez colossale à ce niveau.

La charge anti-capitaliste, assez périphérique dans le premier tome, est un peu au centre du récit ici. Ça mobilise tout ce qu’on a déjà vu dans la SF à base de xénobiologique, tout en montrant les coulisses des grandes entreprises, à échelle d’homme, d’employé. C’est plutôt bien troussé, avec une chute classique mais efficace.

Vraiment, un diptyque agréable, et une très belle surprise. Merci Barney !

Jim

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J’ai récemment trouvé le quatrième tome, sur quatre, de la série Sang pour sang (j’ai déjà le tome 2 avec du Denys Cowan à l’intérieur) consacrée à des adaptations en bandes dessinées de récits horrifiques signés Clive Barker.

Il s’agit de la traduction de chapitres parus dans Tapping the Vein, une anthologie parue chez Eclipse Comics (je n’en connaissais donc pas l’origine) et adaptant des nouvelles provenant des Books of Blood, ou Livres de sang en français. La série américain date de 1989 à 1992, et la version française de 1990 à 1992. Connaissant la notoriété de Barker à l’époque, je suis étonné que Glénat / Comics USA n’ait pas davantage communiqué sur la provenance littéraire (non seulement en mettant le nom du romancier en gros, mais aussi en reprenant, sous ou forme ou une autre, le titre du recueil de nouvelles : c’est sans doute afin de ne pas trop perturber la charte graphique).

Le tome reprend « The Madonna », publié dans la quatrième livraison et dessiné par Stan Woch, encré par Mark Farmer et surtout peint par Fred Von Tobel, dont seul le nom apparaît en couverture, puis « Scape-Goat », initialement paru dans le troisième numéro américain et illustré par Bo Hampton (dans un style très boltonien).

L’adaptation s’attache à retrouver le texte du romancier. À cette fin, le lettrage met en forme la traduction officielle des deux nouvelles, les traducteurs des textes étant cités. Cela donne parfois des bulles et surtout des récitatifs un peu denses et serrés.

S’il faut trouver un fil rouge à ces deux histoires compilés, c’est sans doute le thème du couple. Couple dysfonctionnel dans de multiples formes, associé à la manipulation, à l’emprise, à la violence, à la mutilation, à la métamorphose et à la mort. Le tout nappé bien entendu de surnaturel, de lieux à l’architecture impossible, de forces innommables demandant des sacrifices, ce genre de choses. Et avec toute la dimension angoissante et intime qu’on trouve chez le romancier.

Jim

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La traduction française, bien que littérale, apporte une polysémie intéressante.

Tori.

Bien vu.

Jim

Même si, en général, on mesure le sang en volume et non au poids.

Tori.