Je me relis le run de Millar et je trouve qu il reussit bien son coup.
Le paradoxe est que si on s arrete sur chaque details, tous sont nettement moins bons que les elements originaux. Les persos sont moins bons, les histoires sont moins bonnes, les dessins, les enjeux, etc. Pour autant, Millar arrive à donner un rythme et un dynamisme assez plaisant à son run et à vraiment capturer quelque chose de l esprit x men, ce en quoi echoueront ses successeurs, à mon sens.
Il y a pas mal de bonnes idées, presqu aucune vraiment développée mais en lecture popcorn, c est un bon condensé des x men.
J’ai récupéré il y a deux jours un exemplaire de Shoe, un recueil de strips signé Jeff MacNelly (que je ne connais que pour cet album), publié par Dupuis en 1986. Je l’avais lu à la fin des années 1980 ou début des années 1990, mais je me suis aperçu récemment que je ne l’avais pas (ou alors il est tellement mal rangé qu’il en devient introuvable).
C’est marrant comme tout, Shoe. C’est l’histoire d’un corbeau fumeur de cigare qui occupe son temps à écrire des missives incendiaires à un rédacteur en chef. Comme elles n’obtiennent ni réponse ni publication, il décide de se lancer à son tour dans l’édition d’un journal, parce que bon, ils vont voir ce qu’ils vont voir.
Autour de Shoe lui-même s’agitent Prof, un hibou dispensateur de sagesse fainéante vivant dans un désordre momumental de papier et de livres (on dirait chez moi), la tenancière d’un rade qui tient à donner une alimentation saine à l’apprenti éditeur, le neveu de Prof, Lindberg l’oiseau à roller…
C’est marrant, l’humour tombe bien, les strips sont rythmés, les pages dominicales sont très denses (et donnent davantage l’impression d’une succession de strips que d’un gag plus long), on y parle de fainéantise, d’hypocrisie d’entreprise, de cynisme… Le lettrage est plutôt chouette, et la traduction, qui n’est pas créditée et date de 1986, adopte des habitudes d’époque, qui consiste par exemple à trouver des équivalents français à des lieux ou des personnages américains. C’est donc assez amusant d’avoir, au détour d’une bulle, un clin d’œil à l’aéroport Charles de Gaulle ou au Parc des Princes.
Une chouette redécouverte qui ne met pas à mal les souvenirs déjà diffus que j’avais gardés de mes anciennes lectures.