Ce Barney est décidément un excellent conseiller. Ça en devient agaçant. Pour ma part, je n’aurais pas misé un picaillon sur cet album de Pablo Velarde, dont la couverture ne me parlait pas trop et dont le style en noir & blanc, presque comique, crée un décalage surprenant, mais je me suis souvenu de son conseil en farfouinant chez Noz, et bien m’en a pris.
Donc, Rodrigo est un jeune journaliste compétent et ambitieux mais qui se retrouve chargé des petites annonces. L’une d’elles l’informe subrepticement de la mort de son père à qui il ne parlait plus depuis de nombreuses années puisqu’il lui reprochait d’avoir été un farouche défenseur du régime franquiste. Quelques années plus tard, alors qu’il est monté en grade dans la rédaction et que ses articles lui ont valu prix et récompenses, il découvre le visage de son père dans le cadre d’une exposition liée aux archives retrouvées d’un photographe. Il remonte la piste et découvre que, peut-être, le père qu’il connaissait avait caché une vie secrète, celle d’un homme ayant exfiltré, et donc sauvé, des opposants au régime.
On assiste donc à une plongée dans l’histoire dramatique de l’Espagne qui correspond à une exploration des secrets de famille et des souvenirs d’enfance. C’est assez prenant, et Rodrigo est un personnage attachant, accroché à ses choix moraux plus qu’à ses souvenirs d’enfance. Mais bien entendu, l’album s’intitule Épilogue, et c’est donc dans l’épilogue qu’il faut chercher l’impact véritable du récit, et c’est une sacrée claque.
Le tout servi par un dessin semi-réaliste soigné, dans cette sorte de pseudo-ligne claire parcourue d’aplats comme les Espagnols ont su l’inventer (l’album est une sorte de bichromie permanente afin de mélanger le présent de la narration et les remontées du passé), et un chapitrage percutant.
Barney l’a donc « beaucoup conseillé ». Je fais pareil.
Jim

