DOCTEUR FOLAMOUR (Stanley Kubrick)

REALISATEUR

Stanley Kubrick

SCENARISTES

Stanley Kubrick, Terry Southern et Peter George, d’après le roman de Peter George

DISTRIBUTION

Peter Sellers, George C. Scott, Slim Pickens, Keenan Wynn, Sterling Hayden…

INFOS

Long métrage britannique/américain
Genre : comédie
Titre original : Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb
Année de production : 1964

Après Lolita, Stanley Kubrick s’est une nouvelle fois intéressé à un sujet très différent, un thriller sur la possibilité d’une guerre nucléaire accidentelle en prenant pour base le roman Red Alert (publié en France en 1959 sous le titre 120 minutes pour sauver le monde) de Peter George. Avec la collaboration du romancier, Kubrick a entamé l’écriture du scénario sur un ton sérieux…mais au fur et à mesure le futur réalisateur de 2001, L’Odyssée de l’Espace a vu de la comédie dans cette notion de « destruction mutuelle assurée » et c’est là qu’il a eu l’idée de transformer l’histoire en « cauchemar comique » et d’injecter une bonne dose de satire avec un autre scénariste, Terry Southern (qui co-signera ensuite le script de Easy Rider avec Peter Fonda et Dennis Hopper).

L’humour absurde passe d’abord par les noms. Le Président des U.S.A. se nomme Merkin Muffley : « merkin » est un terme qui désigne une perruque pubienne, « muff » est une toison pubienne…et le Président est chauve comme un oeuf. Le conseiller militaire du président est le général Turgidson (« turgid » voulant dire « boursouflé, pompeux ») incarné par un George C. Scott déchaîné. Le militaire fou qui déclenche l’apocalypse se nomme « Ripper » (éventreur) et parmi les noms des soldats, on trouve un « Kong » (excellent Slim Pickens) et un « Guano ».

Parmi les très bonnes idées du scénario, il y a cette utilisation des nombreuses théories du complot anti-communistes de l’époque (empoisonnement de l’eau et donc des fluides corporels, fluoration des aliments…) déclamés avec un tel sérieux par Sterling Hayden (déjà dirigé par Stanley Kubrick dans L’Ultime Razzia), l’interprète du général Ripper, l’homme par qui cette folie arrive, que cela renforce le décalage entre l’absurdité des dialogues et des situations et le caractère inéluctable du compte-à-rebours de la fin du monde.

D’un cynisme réjouissant, l’intrigue alterne entre la mission du B-52 qui doit lâcher une bombe sur la Russie; la résistance du général Ripper, bien décidé à ne pas livrer les codes de l’ordre de rappel et les scènes dans la salle souterraine de commandement où le Président et son entourage tentent d’empêcher la catastrophe à venir. Les dialogues sont savoureux et Kubrick sait utiliser les possibilités de ce décor par son sens du cadrage et la très belle photographie en N&B.

Docteur Folamour est un véritable festival Peter Sellers. L’acteur britannique devait au départ jouer 4 rôles (le rôle du commandant Kong lui était aussi réservé mais il avait du mal avec l’accent texan et une blessure à la cheville l’a empêché de passer autant de temps dans un cockpit d’avion), il en a au final interprété trois, de sobre à complètement barré. Son président Muffley est le plus réservé de tous. Il est aussi le colonel Mandrake (moustache incluse), qui tente vainement de calmer la folie de Ripper. Et il campe également le Dr Folamour, le personnage-titre, pastiche de ces scientifiques allemands ayant travaillé pour les nazis avant de passer en Amérique…sauf que Folamour reste un grand nostalgique du IIIème Reich (son discours final et ses gestes incontrôlés, en grande partie improvisés, sont hilarants, tout comme les réactions de George C. Scott).

We’ll meet again
Don’t know where
Don’t know when
But I know we’ll meet again some sunny day
Keep smiling through
Just like you always do
'Till the blue skies drive the dark clouds far away

200

1 J'aime

Outre Mandrake,n’y a-t’il pas aussi un Lothar?

Ma mémoire me fait-elle défaut ou bien y’a-t’il aussi un "Bat"Masterson?

Edit:

Oui.

Non,"Bat"Guano.

Oui, parmi l’équipage du B-52, il y a James Earl Jones dans son premier rôle au cinéma et son personnage se prénomme Lothar.

Ça veut aussi dire « turgescent »…

Tori.

Ben pour moi, turgescent, c’est le même mot en anglais…

oui, mais turgid et turgescent (ou turgide et turgescent en français) sont des quasi-synonymes.

Tori.

Ok…bon, toutes les définitions collent bien au personnage…^^