Tiens, je l’ai feuilleté, et c’est très sympa, mais le choix a été fait de fournir une prestation cookienne, et donc ça ressemble beaucoup à Cooke, et beaucoup à ce que Kieran produit sur son Parker. Et du coup, je trouve que ça lisse et uniformise un peu l’ensemble. J’imagine bien que c’est voulu, mais le souvenir de l’album sur Judee Sill est vivace, entretenu par une forme de regret de ne pas retrouver ce genre de style : un peu plus de couleurs aurait peut-être servi à restituer l’atmosphère propre aux romans de Dortmunder.
Jim
Pris aujourd’hui
Bon, je suis en train de tenter de faire baisser la pile d’albums que j’ai achetés aux alentours du bouclage de John Steele et de la fin de l’écriture de De Flammes et d’acier, et que je n’ai pas eu le temps de lire. J’ai donc commencé par cette première adaptation d’une aventure de Dortmunder.
Bon, c’est très drôle. Plutôt bien troussé, avec une bonne caractérisation, des trognes sympas, des petites histoires parallèles et un style graphique dans l’épure et la suggestion, là aussi afin de lorgner vers l’ambiance Darwyn Cooke.
Ça commence sérieux, organisé, un peu « noir », et petit à petit, ça dérape, selon la formule éprouvée chez Westlake. Et quand ça dérape, c’est dans les grandes larges. Tout n’est pas hilarant, c’est plutôt de l’ordre du sourire, mais toute la séquence du café-restaurant est vraiment à se tordre.
Après, j’aurais un petit bémol concernant le lettrage. Ou plus précisément le bullage : certains phylactères sont mal placés, un peu envahissants, débordant sur les personnages alors que les queues de bulles pointent parfois vers l’épaule, la cravate ou le dos d’un locuteur, voire vers son voisin. Ça manque pas mal d’affinage à ce niveau. J’ai du mal à savoir s’il s’agit de bullage manuel ou informatique, mais les bonus, qui montrent notamment les différentes versions d’une même case (celle des trois trognes dans la voiture) laisse penser qu’il s’agit de bulles dessinées numériquement. Raison de plus pour les déplacer et mieux les caler. L’album se lit bien, mais aurait gagné en élégance avec un lettrage affiné.
Jim





