DR. RICTUS (Manny Coto)

Horreur
Long métrage américain
Réalisé par Manny Coto
Scénarisé par Manny Coto et Graeme Whifler
Avec Larry Drake, Holly Marie Combs, Cliff De Young, Glenn Quinn…
Titre original : Dr. Giggles
Année de production : 1992

Avant d’être relancé par le succès de Scream, le slasher a connu une phase d’essoufflement marquée par de nombreux échecs. Les croquemitaines les plus connus de ce sous-genre, les Jason, Freddy et Michael Myers, n’attiraient plus vraiment les foules…et ce fut également le cas de ce Dr. Rictus (Dr. Giggles en V.O.) sorti en 1993 et en son temps primé au Festival d’Avoriaz. Troisième et dernier long métrage réalisé par Manny Coto (qui s’est ensuite installé durablement sur le petit écran), Dr. Rictus a la particularité d’être le premier film produit par la branche ciné de Dark Horse Comics (l’adaptation en bande dessinée signée Steven Grant a été publiée simultanément).

Manny Coto et son co-scénariste Graeme Whifler ne se sont pas écartés des chemins balisés du slasher et leur histoire présente de nombreux éléments déjà vus de nombreuses fois ailleurs. Il y a par exemple la petite ville qui fut le décor d’un drame morbide des années auparavant, un massacre commis par Evan Rendell, médecin devenu fou après le décès de son épouse. Le chirurgien a été lynché et son fils a disparu. Des années plus tard, Rendell Jr. s’échappe de l’asile dans lequel il était interné et il retourne dans la demeure familiale, pour venger son cinglé de paternel et poursuivre son travail…

Dr. Rictus suit alors une structure très classique, très linéaire, mais sans que cela soit ennuyeux. Ce qui est du principalement au jeu du regretté Larry Drake, déjà réjouissant deux ans plus tôt dans le rôle du grand méchant du Darkman de Sam Raimi. Avec son regard très expressif, son sourire (d’où le titre français), ses ricanements perpétuels (d’où le titre original) et ses répliques teintées d’humour noir, Larry Drake campe un tueur qui se révèle aussi menaçant qu’amusant par moments et cela sans que l’ironie nuise à l’intensité des scènes-chocs.

Larry Drake est le meilleur acteur d’une distribution un peu fade, le petit monde gravitant autour de lui étant principalement là pour assouvir ses instincts meurtriers (les mises à morts variées évitent un côté répétitif) et pour être les cobayes de ses expériences (avec un matériel de plus en plus dément jusqu’au dernier acte). Avec son problème cardiaque qui attire l’attention du docteur sanguinaire, l’héroïne féminine jouée par Holly Marie Combs (Charmed) aurait d’ailleurs mérité d’être un peu mieux développée.

Dr. Rictus assure un divertissement de série B qui n’est certes pas sans défauts mais qui réussit l’équilibre entre le glauque et le fun grâce à son rythme, sa tête d’affiche, ses effets solides et efficaces et de bonnes trouvailles visuelles, comme le générique début (malgré des images de synthèse qui n’ont pas résisté à l’épreuve du temps) et la scène de la « seconde naissance » de Rendell Jr., l’un des moments forts du film.

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Les couvertures de la mini-série par Doug Mahnke :

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Manny Coto a également écrit une préquelle en trois parties publiée dans les pages de la revue anthologique Dark Horse Presents :

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