EDWARD JOHN TRELAWNAY t.1-3 (Dieter / Éric Hérenguel)

Discutez de Edward John Trelawnay

Librement inspirée du destin du véritable Edward John Trelawny, qui déserte la marine anglaise pour rejoindre les forces françaises au début du XIXe siècle, la série Edward John Trelawnay transpose sa vie dans un univers à cheval entre la fantasy et le steampunk. On y retrouve un héros rencontrant tribus bigarrées en guerre, créatures monstrueuses et princesses diverses, dans une évocation qui n’est pas sans rappeler, de manière lointaine, le John Carter de Burroughs.

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Pour plus d’info sur le personnage historique, c’est ici :

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Au scénario, on retrouve Dieter, dont j’ai récemment évoqué le travail en commentant la série Janet Jones Photographe, également chez Delcourt. Ici, il s’éloigne un peu de la chronique à dimension humaine qu’il affectionne sur d’autres séries, pour se livrer à l’exercice de la grande aventure. Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à ses personnages, même si son héros, en grande gueule triomphante, tarde à devenir sympathique.

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Au dessin, Éric Hérenguel, qui vient à l’époque de se faire remarquer pour le diptyque Carnivores, chez Zenda. Il quitte pour l’occasion l’univers urbain pour dessiner des déserts, des dirigeables et des villes d’un exotisme saisissant. Peut-être plus attaché à la beauté de ses cases qu’à la narration, il se laisse parfois emporter dans le dessin d’une belle case, et ça nuit à la fluidité du récit. Ces choses-là s’arrangeront dans les deux tomes suivants, on y reviendra.

Jim

À lire ici :

Jim

Tu dois avoir une collection de franco-belge …

Bien moins grande que celle de comics, mais davantage que celle de manga. Les franco-belge, c’est un grand mur et un petit mur dans la “bédéthèque”, plusieurs piles par terre et deux rayons dans le couloir (contenant des trucs en “petit format”, genre les intégrales, ou des récits tels que Un océan d’amour, que j’ai acheté hier et qui rentre pile poil, ou encore plein de récits de Serge Lehman, qui conviennent à cette hauteur également.

Tiens, faudrait que je retrouve les photos que j’avais prises du temps de la rédaction de Nos Années Strange. C’était avant les travaux et l’installation d’autres étagères sur mesure, mais ça donnerait une idée.

M’enfin bon, toi, tu as une collection de cartons, mais dedans, tu dois avoir aussi beaucoup de trucs !

Jim

Mouais, sauf que toi, tu n’arrêtes pas de parler de séries peu connues et tu dois aussi avoir des séries connues … j’ai quand même l’impression que c’est conséquent !

Ça prend de la place, c’est clair. Mais bon, après, le cartonné, fatalement, ça prend plus de place que le souple. Donc y a pas tant que ça à lire !

(Et puis l’idée, dans ce que j’essaie d’entreprendre à ma petite échelle ici, c’est aussi d’attirer l’attention sur des trucs que j’ai lus parfois il y a longtemps, ou parfois récemment mais en retard, et qui mérite un petit coup de projo.)

Jim

Tu peux aussi parler des choses qu’il vaudrait mieux éviter :yum:

J’ai retrouvé une photo qui date de la préparation de Nos Années Strange, mais c’est l’un des rares endroits dans la “bédéthèque” où l’on n’a rien modifié. C’est le grand mur de franco-belge.
Bon, imagine une autre étagère de la moitié de la taille, et deux rayons dans le couloir. Plus des piles par terre. Et tu auras une vague idée.

Jim

En fait, ça prend vite de la place. Ce qui nous inquiète, c’est qu’on ne sait pas si l’espace qu’on a prévu sera suffisant (rien qu’en franco-belge, on doit être dans les 800 albums - en soit, y a sûrement bien mieux au sein du forum, mais je ne sais pas quel volume ça peut faire).

Sur la photo, là, tu dois en avoir 350.

Jim

On dirait chez moi

À partir du tome 2, Hérenguel prend la place de Florence Breton et s’occupe lui-même des couleurs. Il y a un plus évident, non que le travail de cette dernière soit mauvais, mais les palettes choisies par le dessinateur s’harmonisent bien plus avec son trait, qui semble respirer. C’est plus expressif tout en étant également plus nuancé.

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Le récit développe la lutte de la “compagnie” face aux tribus qui refusent son expansion, celles-ci éprouvant quelques difficultés à s’unir. Alliances, trahisons, arrivées de nouveaux personnages, l’action se densifie.

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Si Dieter se concentre sur l’action et l’aventure, il durcit le ton, afin de faire peser sur ses personnages une sensation de danger. C’est palpable surtout dans le troisième et dernier tome, qui montre les héros dans une situation périlleuse (certains connaissant un sort fort peu enviable), et qui propose une fin tragique.

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L’épilogue, situé quelques années plus tard, vient détailler le sort de certains protagonistes, qui ont véritablement souffert, et s’avère très douloureux, malgré la note d’espoir de la dernière page. La construction de cet album peut laisser penser que le scénariste avait prévu de prendre plus d’espace. Quoi qu’il en soit, il laisse une trilogie bien remuante, un petit peu foutraque dans son lancement, mais intéressante. Un héros moins hâbleur et moins sûr de lui aurait sans doute été plus sympathique.

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Chose amusante, le tome 2 avait proposé un concours à sa sortie, dont le premier prix était une planche originale, suivie de dessins de l’auteur puis d’albums de la collection, manière indirecte de faire de la pub pour l’ensemble de la production.

Jim