ENCREUR, PLUS QU'UN MÉTIER

Layouts de Kane :

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Tiens d’ailleurs j’ai fait encrer quelques coms/dédicaces par JHB et c’est le truc qui m’a fait un gros tilt à l’époque (j’en parlais encore ce week end)

Sur du Doug Braithwaite :

Sur du Mike Grell :


(On note le choix de mettre un masque)

et le plus bluffant, Esad Ribic :

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L’encrage de l’amure et du casque me bluffe à chaque fois que je la regarde

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Je crois que tu n’as pas Facebook, mais Paul Renaud a posté il y a peu une vidéo montrant un épisode complet de Wolverine période Cordell sous forme de « roughs » préparatoires. Passionnant là aussi !

Vachement intéressant, merci.
Ces croquis sont plus petits que ceux que j’ai. Ils sont également plus récents, peut-être qu’il a assoupli sa méthode afin d’aller plus vite.

Jim

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Pour les plus curieux, les deux premières images montrent le travail de Bret Blevins et d’Al Williamson au dessin et à l’encrage du « graphic novel » The Inhumans, que j’ai évoqué dans une autre discussion :

Jim

D’autres planches par là :

Va savoir pourquoi, les pages plus haut me rappellent les planches produites par Blevins pour un numéro de Dr. Strange (une vision d’horreur suite à l’explosion d’une bombe atomique).

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Indy par Kerry Gammill :

Indiana Jones #11A by Kerry Gammill 1983

Kerry Gammill est un dessinateur que j’adorais, et dont je ne connais pratiquement rien de sa production ! J’avais été soufflé par ses Marvel Fanfare publiés dans Spidey (avec Frog-Man et la Griffe Jaune) et Gammill était le seul intérêt de la série Fallen Angels.
Il avait aussi dessiné un épisode des Uncanny X-Men un peu avant l’affrontement avec l’Adversaire.
C’est un artiste que je trouve solide, dynamique, très proche d’un John Buscema. Je reconnaissais son style à la façon dont il dessinait les mains.
J’espère un jour pouvoir jeter un œil sur ses Superman (qui je l’espère, sont du même niveau que les épisodes cités plus haut)

Je voudrais dire un grand merci à tous ceux qui présentent ici des dessins suivis d’encrage, surtout ceux où un dessin est suivi des travaux de plusieurs encreurs.

Ayant une culture plutôt FB, c’est un monde que je ne connaissais pas.
Je suis sidérée de voir l’importance de ce travail sur le rendu final des comics… et ,souvent , je regrette l’intervention des coloristes (vu mon amour du N&B).

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Le rôle de l’encreur, chez Marvel, a longtemps été associé à un marquage visuel des séries. On pense bien évidemment à Joe Sinnott sur Fantastic Four, qui a encré la série sur Kirby, Buscema, Buckler, Pérez, Pollard et même Byrne (et qui est revenu sur Buscema et Pollard du temps de la période Englehart). On peut également citer Jim Mooney, qui a été durablement associé au Tisseur de Toile sur Amazing, sur Spectacular (où il a aussi assuré le dessin), voire sur les premières années de Marvel Team-Up. Plus récemment, Dan Green, pour X-Men (sur Romita Jr et Silvestri) ou Tom Palmer pour Avengers (sur Buscema, Buckler, Ryan, Epting et Deodato), ont servi à conserver l’identité graphique de la série en dépit des changements d’équipe. On peut songer aussi à José Marzan Jr qui a encré plus de 110 épisodes de Flash, sur Greg Larocque, Mike Wieringo, Carlos Pacheco, Oscar Jimenez, Paul Ryan, Paul Pelletier…
Il y a même des encreurs qui occupaient une fonction voisine de celle d’un directeur artistique, payés pour conférer aux planches un look maison, pour intégrer les nouveaux venus dans une sorte de charte graphique. Vince Colletta occupait ce genre de fonctions chez DC au milieu des années 1970. D’une certaine manière, Joe Rubinstein (qui en plus a formé quelques encreurs reprenant certains de ses tics) a tenu une position comparable, encrant souvent de nouveaux venus, assurant à lui seul l’encrage de toutes les fiches du Marvel from A to Z (sur des gens aussi divers que John Byrne, Frank Miller, Mike Zeck…).
Depuis lors, le rôle de l’encreur a évolué. D’une part, il est revenu à son rôle d’embellisseur au sein d’une équipe graphique (l’association Jim Lee / Scott Williams n’est jamais qu’une version moderne de celle entre Ross Andru et Mike Esposito dans les années 1950 à 1970, par exemple).
Et la fonction d’unité graphique, elle est passée aujourd’hui au coloriste, à l’exemple d’un Paul Mounts qui a bien dû faire une dizaine d’années sur Fantastic Four (de Waid à Robinson, je dirais…).

Jim

Très intéressant !

Si tu pouvais développer ça exemples visuels à l’appui (sur l’effet d’unité graphique par l’encrage), j’applaudirais des deux mains, mais en l’état ça ouvre déjà une fenêtre tout à fait passionnante.

Ça va se faire morceau par morceau, alors…

Jim

Bon, allez, j’ai quelques minutes avant que la faim l’emporte…
Donc commençons par le commencement.

Fantastic Four #54, par Kirby.

J’attire l’attention par exemple sur le traitement du tapis, constitué de petites virgules (à défaut d’un autre terme), qui désignent peu ou prou la matière. C’est typiquement sinnotien.

Fantastic Four #69, par Kirby.

Un autre truc très reconnaissable de Sinnott (au point que ça peut devenir l’indice que l’on cherche si l’on veut identifier son travail) c’est son traitement de la matière minérale. Sur les briques, on remarque des successions de trois ou quatre points, parfois étirés à la manière d’une virgule, et qui représentent les bosses et les rugosités de la pierre. Sur la gauche, à la hauteur de la corniche, on remarque un tel dispositif, complété par un trait courbe plus long, là encore typique de l’encreur. On remarquera aussi une netteté qui a fait sa légende, mais également le fait qu’il procède de plus en plus au trait, avec quelques petites masse de noir (sur le mollet et la cheville de Reed, sur les creux des débris de mur), et qu’il vire les hachures, auxquelles il recourait encore de temps en temps, deux ans avant.

Fantastic Four #110, par John Buscema.

Maintenant que vous savez, vous pouvez repérer les petits tics visuels de Sinnott, sur les rochers, par exemple. De même, il recourt à des masses noires pour les volumes des muscles, mais cette fois-ci sur un dessin plus académique, où l’anatomie est moins géométrique.

Fantastic Four #158, par Rich Buckler.

Encore les petites virgules matérialisant le grain du goudron. Remarquons que les hachures sont parcimonieusement réduites à l’ombre sur les phalanges de Ben (je ne compte pas celles qui dénotent les reflets sur les vitres, et qui procèdent d’une autre logique). J’attire aussi l’attention sur les traits de cerné pour les contours des silhouettes (hanche et jambe d’Alicia, cuisse de Ben), qui font fi de la réalité des vêtements et s’attachent surtout à décrire le mouvement ou la massivité d’un corps.

Fantastic Four #179, par Ron Wilson.

Bon, les craquelures sur les rochers, les traits de contours des corps (rehaussés ici par des hachures arrondies pour le modelé des muscles). Wilson a rarement été aussi bien servi (même s’il a eu de très chouettes encreurs sur Two-in-One). On notera aussi les « Kirby Dots » ou « Kirby Kracles », pour lesquels Sinnott faisait preuve d’un soin tout particulier, représentant des ronds presque parfait d’un noir impeccable, là où d’autre varient la forme et la texture.

Fantastic Four #182, par Sal Buscema.

Sans doute à la suite des crayonnés de Sal Buscema, les « Kirby Kracles » sont plus oblongs. Remarquons aussi le code graphique de la matière minérale qui sert ici à renforcer les traits d’impact, comme si la matière cédait sous le coup de poing.

Fantastic Four #188, par George Pérez.

Des « Kirby Kracles » (avec quelques variations autour de la baguette du Molecule Man), des traits de contours épais, le code classique pour le minéral…

Fantastic Four #199, par Keith Pollard.

Maintenant, le style est reconnaissable, non ?

Fantastic Four #207, par Sal Buscema.

Bon, vous connaissez la chanson, hein !

Fantastic Four #210, par John Byrne.

Le style détaillé du dessinateur se marie assez bien avec la minutie de l’encreur, même si on perd en rondeur. Sinnott n’est pas son meilleur « embellisseur », mais la rencontre est intéressant, à mes yeux.

Fantastic Four #219, par Bill Sienkiewicz.

En revanche, je suis moins emballé par le mariage entre le style de Sienkiewicz, encore fortement influencé par Neal Adams, et celui de Sinnott, trop propre (mais Sinnott et Adams, ça n’avait pas formidablement marché non plus, sur Thor). Cela étant dit, l’encreur se trouve à traiter des choses différemment, à « sortir de sa zone de confort », dirions-nous aujourd’hui, comme le prouvent les éclairages contrastés que l’on trouve dans cette planche. Notons aussi une astuce que j’ai toujours aimée, à savoir traiter les reflets du carrelage par des traits verticaux puis revenir dessus à l’aide de coups de blanc.

Voilà pour un petit tour d’horizon de Sinnott comme gardien du temple de Fantastic Four.

Ce soir ou demain, je tenterai de faire pareil à propos de Jim Mooney.

Jim

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D’ailleurs le duo Kirby/Sinnott fonctionnait déjà très bien lors des débuts de Fatalis.

J’avais promis des applaudissements, et ça les vaut. :yum:

Autant si on avait sauté directement de Kirby à Sienkiewicz je n’aurais pas forcément vu le rapport, autant en suivant pas à pas, avec les détails que tu pointes, ça en devient assez bluffant.

J’attends la prochaine leçon maintenant !

Plus difficile à déceler Sinnott (par rapport aux exemples de Jim). Cependant, le visage de Johnny sur la 1ère case laisse entrevoir le style en devenir (les bouches sont assez spécifiques chez Sinnott)

Zactement. Le visage de Reed et l’arrondi parfait de la mâchoire sont également révélateurs.

Jim

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J’avais prévu de causer de Jim Mooney, mais l’inspiration m’est plutôt venue avec Tom Palmer. Donc hop, petit détour par la série Avengers.

Avengers #50, par John Buscema (tout seul comme un grand).

Avant toute chose, je propose de nous arrêter sur le travail de John Buscema. Il se trouve que ce dernier s’est encré une ou deux fois sur la série (notamment les épisodes 49 et 50). On voit quelques trucs qui reviennent souvent dans son encrage (sur plusieurs décennies : il ne ferme pas toutes les formes, il ne varie pas à outrance l’épaisseur de son trait, il aime beaucoup les modelés et les drapés qu’il traite avec des hachures courbes, mais on voit qu’il y a des choses qui ne l’intéresse pas (le sol, à peine esquissé à gros traits si j’ose dire, la chevelure de la blonde, qu’il semble bâcler…).

Avengers #59, par John Buscema, encré par George Klein

Sur la série, on lui colle parfois des encreurs qui ne lui conviennent pas (genre… Vince Colletta, mais George Tuska, même si ça reste sympa, ne parvient pas à donner à Buscema sa force, comme si deux personnalités ramaient dans des directions opposées), mais dans l’ensemble, le résultat est plutôt pas mal avec des gens comme George Klein, qui conserve son énergie, ses modelés, ses ombres, mais ferme beaucoup plus les traits et recourt à des cernés plus épais. Cela dit, il reste fidèle à ce que Buscema propose.
Maintenant qu’on comprend tout ça, passons à Tom Palmer.

Avengers #75, par John Buscema.

Maintenant qu’on a identifié un peu la personnalité visuelle de l’encrage attaché à Buscema à l’époque, regardons un peu de près ce que Tom Palmer en fait. On retrouve une certaine finesse pour les premiers plans (la main de Jarvis), mais on note qu’il ferme les traits dans la lignée de Klein. Il utilise des aplats plus marqués. Plus intéressant, il colle des trames (sur les phalanges masquées par la manette, sur les écrans…), petite astuce qu’il a empruntée, de son propre aveu, à Wally Wood. On note aussi qu’il n’hésite pas à tracer des zones d’ombres au milieu des formes afin de ménager de la place pour une contre-lumière (le bras droit de Jarvis, en retrait). Bref, il y a tout Buscema, mais les matières sont plus présentes, plus lourdes, plus marquées. On sent une volonté de restituer la lumière de manière tridimensionnelle, réaliste.

Avengers #93, par Neal Adams.

En 1971, Palmer a vingt-neuf ans, et il encre depuis cinq ans chez Marvel, travaillant sur des planches de gens comme Buscema, Adams, ou Colan (un peu le gratin, quoi). Il cherche une approche réaliste, comme je le dis plus haut, et il va en trouver avec Adams, dont il connaît le style grâce aux épisodes de X-Men. Son trait fort et épais se marie très bien avec les ombres que le dessinateur place partout. Palmer rajoute des trames, notamment sur les parties métalliques (les zones dorées de l’armure d’Iron Man, le sol, ou, quelques pages plus loin, le bouclier de Captain America). Il s’en sert aussi parfois en découpant des trames en formes arrondies afin qu’elles épousent les reliefs des surfaces.

Avengers #96, par Neal Adams.

Juste pour le plaisir des yeux, une pleine page qui donne un peu une idée de l’influence des épisodes d’Adams sur des gens comme John Byrne. Le caractère brillant des surfaces métalliques et l’arrondi presque organique des appareils mis en scène annoncent déjà ce qu’on verra sur les vaisseaux Shi’Ars ou sur le Blackbird dans les épisodes d’Uncanny X-Men. Après, c’est pas tout à fait étonnant quand on sait que Terry Austin a été formé par Dick Giordano, autre encreur légendaire de Neal Adams.

Avengers #97, par John Buscema.

Tom Palmer commence sérieusement à trouver ses marques, comme le prouve le travail sur cet épisode, où il renoue avec Buscema. On voit bien qu’il y a une évolution par rapport à ce qu’ils produisaient quelques mois ou années auparavant. Les traits sont plus épais, les drapés sont plus spontanés, on dirait bien qu’il a acquis des automatismes, et sans doute une certaine confiance.

Avengers #255, par John Buscema.

Sautons en 1985 quand Buscema revient sur le titre auprès du scénariste Roger Stern. De mémoire, je crois que c’est à la demande du dessinateur que Palmer rejoint l’équipe, mais je me trompe peut-être. Bref, Buscema est bien content parce qu’il sait qu’il dispose d’un encreur qui est aussi un « finisseur », un « embellisseur », un gars qui pourra compléter un dessin esquissé. Sur les tout premiers épisodes, ça ne se sent pas, mais rapidement, on sentira un certain relâchement. Là, on voit que le trait de Palmer est plus épais, qu’il n’économise pas l’encre. Les drapés sont riches, il place des aplats noirs, il donne de la matière à tout. On sent le pinceau qui domine, donnant un caractère rond et organique à plein de choses.

Avengers #275, par John Buscema.

Hop, des trames dans les décors, des drapés sur les vêtements, beaucoup de mouvement partout. Le trait est gras, épais. J’aime beaucoup, mais ça ne plaît pas à tout le monde. Ici, on sent que Buscema est en mode automatique, certains visages ne sont pas de son crû, l’infirmière à droite semble de la plume de Palmer.

Avengers #295, par John Buscema.

Je vous la mets parce qu’il y a une anecdote amusante sur cet épisode : quand Simonson l’écrit, il précise que les dinosaures sont robotiques. Information que Buscema oublie en route, et il dessine de vrais dinosaures. Quand les planches arrivent chez Gruenwald, c’est la panique, et ils demandent en catastrophe à Palmer de redessiner les bestioles dans leur version « automate ». Comme quoi, Buscema avait raison de faire confiance à Palmer !

Avengers #303, par Rich Buckler.

Palmer a la patte un peu lourde, les drapés sont nombreux et denses. Est-ce qu’il compense les crayonnés, qu’il juge faibles ?

Avengers #305, par Paul Ryan.

On reconnaît mieux Ryan sous l’encrage de Palmer : on peut imaginer que les crayonnés soient plus détaillés. Cela dit, c’est l’époque où Palmer ajoute des petites hachures à son arsenal, qu’il dispense parfois sur les visages. Cet ajout lui permettra de négocier le virage « post-Image », notamment sur Epting (Avengers) ou Garney (Nightstalkers).

Avengers #336, par Steve Epting.

Le contact entre Palmer et Epting est un peu hésitant. Des hachures, quelques traits pas toujours fermés, des effets de brume qui rappelleraient presque le travail d’Al Williamson, bref, Palmer n’est pas toujours bien reconnaissable… Epting est encore assez jeune, il a illustré Hammer of God chez First Comics, mais là, il se frotte à la grosse machine qu’est Marvel et sa première saga n’est pas encore à la hauteur de ce qu’il fera plus tard. Mais cette première aventure permettra au tandem de se connaître et d’apprendre à fonctionner ensemble.

Avengers #343, par Steve Epting.

Quelques mois plus tard, tout est installé, le dessinateur et l’encreur s’accordent, et on est parti pour une période exceptionnelle du titre. Des masses d’ombre épaisses, des traits de contours, des contre-lumières… Et justement, que remarque-t-on, discrètement énoncé dans les crédits ? Palmer assure aussi les couleurs. Il recourt à une astuce que ses collègues n’osent pas souvent, à savoir dégager une zone de forte lumière, et n’y mettre aucune couleur : c’est le blanc du papier qui matérialise la clarté, délimitée par le contour et par le trait épais à l’intérieur de la forme. On le remarque sur la hanche de Crystal, sur le front de Lockjaw, accessoirement sur l’épaule de Thor. Un effet qu’on ne retrouvera pas, en tout cas pas avec la même fréquence, quand John Kalisz reprendra le poste de coloriste.

Avengers #378, par Stewart Johnson.

Le trait est un peu chargé, là encore une grande générosité en encre. On notera les petits retours de blanc dans les traits de la pluie (je pense qu’il les fait à l’encre acrylique blanche, là où Romita père ou Heck (ou d’autres) utilisaient une lame afin de gratter le papier et d’enlever des petits morceaux… Ici, les touches sont trop nettes).
On remarque aussi des contre-lumières (sur le casque du Swordsman, par exemple), mais Kalisz décide d’y placer une couleur.

Avengers #380, par Mike Deodato.

Avec ce dessinateur en vogue, Palmer parvient à répondre aux exigences « modernes », intégrant pas mal de hachures à l’image de ce que propose Scott Williams. Sauf qu’il arrondit plein de choses. Au point que l’influence de Neal Adams ressorte à fond (on dirait presque du Adams contemporain, avec ses qualités et ses défauts). Dans d’autres séquences, Deodato affiche une approche photographique à laquelle Palmer se plie sans souci.
Cette longue prestation sur Avengers marque aussi la disparition progressive des trames, notamment durant la période Epting. Bientôt, Palmer se contente de son pinceau, de sa plume et de son encre, sans collages (ou en tout cas beaucoup moins qu’avant). La tendance se confirmera, et selon moi son travail y perd beaucoup, car c’était, comme chez Janson, le mélange des techniques qui en faisait la force.

Avengers #400, par Mike Wieringo.

Le choc des cultures : l’encrage réaliste de Palmer, qui convient parfaitement à une approche photographique du dessin, et le trait cartoony de Wieringo, qui demande un traitement plus sobre, plus épuré. Et pourtant, la rencontre est plutôt réussie, Palmer parvenant à trouver la rondeur qu’il faut, et respectant de près les crayonnés.

Jim

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