FLESH GORDON (Michael Benveniste & Howard Ziehm)

Flesh_Gordon_1974

REALISATEURS

Michael Benveniste & Howard Ziehm

SCENARISTE

Michael Benveniste

DISTRIBUTION

Suzanne Fields, Jason Williams, Joseph Hudgins, William Dennis Hunt, John Hoyt…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie érotique/science-fiction
Année de production : 1974

L’Empereur Wang Le Pervers, chef suprême de la Planète Porno, dirige vers la planète Terre son redoutable “Rayon Sexe”, transformant tout ceux qui se retrouvent sous son champ d’action en bêtes assoiffées de sexe. Pour sauver notre planète de cette terrible menace (quoique…), il n’y a qu’un seul homme, l’athlète Flesh Gordon, le fils du célèbre professeur Gordon qui a découvert l’existence du…euh, de Porno. Accompagné de son amie Darlene Dietrich, Flesh embarque à bord du vaisseau spatial du professeur E. Jakull pour trouver la source du Rayon Sexe, inconscients des nombreux dangers qui les attendent !

Flesh Gordon est une parodie très en dessous de la ceinture des serials de Flash Gordon des années 30, premières adaptations cinématographiques des comic-strips de Alex Raymond avec Buster Crabbe dans le rôle-titre. La partie “sexe” du film reste assez soft, consistant en des dialogues débordant de sous-entendus, de la nudité tout ce qu’il y a de plus gratuite (Darlène passe une grande partie du film en tenue d’Eve) et de très brefs actes sexuels (sans que la caméra ne s’attarde vraiment dessus, comme lors de l’orgie perpétuelle au palais de Wang).

Mais cela n’a pas toujours été le cas. En effet, le film devait à l’origine montrer des scènes pornographiques beaucoup plus explicites (ce qui n’est pas étonnant vu le passif des deux réalisateurs dans le genre…Michael Benveniste et Howard Ziehm sont connus pour avoir été les auteurs des premiers pornos à avoir été projetés en salle aux Etats-Unis). Au début des années 70, le tournage de films pornographiques à Los Angeles devait se faire dans la plus grande discrétion puisque dans cet état, ce genre de film était assimilé à de la prostitution. Les séquences X furent découvertes et amenées à la police, ce qui mit Benveniste et Ziehm en délicate position. Les deux compères durent alors couper ces passages (et certaines de ces coupes sauvages sont encore visibles au montage final).

Pour éviter le X et recevoir une classification R, l’accent fut donc mis sur la comédie et le détournement coquin des grands moments du serial de 1936. Si la plupart des gags sont terriblement lourdauds (bon, c’est très con mais certains m’ont bien fait rire), le film réussit tout de même un mélange divertissant entre érotisme un brin vulgaire et S.F. antique et bon enfant aux clichés éculés. L’interprétation est également source de comique involontaire (à côté de Jason Williams, même Sam Jones, le Flash Gordon de 1980, est un bon acteur)…pourtant quelques membres (hummm…) de la distribution arrivent tout de même à tirer leur épingle du jeu, comme Joseph Hudgins et William Dennis Hunt en émules pervertis de Hans Zarkoff et Ming l’Impitoyable. Etonnament, on retrouve aussi le vétéran John Hoyt (Spartacus, Star Trek…), qui fait une petite apparition dans le rôle du père de Flesh Gordon.

Le doublage française vaut aussi son pesant de cacahouètes. Flesh (Chair) Gordon et l’Empereur Wang (zizi) gardent leurs noms originaux, Dale Ardor (Ardeur) devient Darlene Dietrich et Flexi Jerkoff (branlette) est dans notre langue le professeur E. Jakull ! Le Prince Barin, souverain de la région d’Arboria, devient ici le Prince Precious…en V.F., le prince Pédalo, car dans cette version, le Robin des Bois du pauvre et ses gais compagnons sont tous…bon, pas besoin de faire un dessin…
Bref, ça ne vole franchement pas haut (et la réalisation est aussi au ras des pâquerettes)…mais les répliques fusent et la bonne humeur est générale.
Les oreilles averties reconnaîtront les voix de Jean-Claude Michel (Sean Connery et Clint Eastwood) pour E. Jakull et Georges Aminel (Yul Brynner, Sylvestre le Chat et Dark Vador) pour Wang !

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Si Flesh Gordon se distingue surtout d’autres parodies érotiques, c’est par la qualité de ses effets spéciaux, qui ont failli recevoir une nomination à l’Oscar et qui ont été réalisés par de futures stars de la discipline : Rick Baker, David Allen, Dennis Muren, Doug Beswick ou encore Jim Danforth…des artistes qui perceront ensuite sur les meilleures séries B et des grosses productions comme Star Wars, Conan Le Barbare et Le Loup-Garou de Londres (et j’en passe…). Avec les moyens du bord et un budget de misère, les jeunes magiciens ont construit des maquettes crédibles, rendu un hommage fort réussi à Ray Harryhausen et son Septième Voyage de Sinbad et animé image par image les Pénisaures et le Grand Dieu Porno, dans un final mouvementé qui rappelle le King Kong de 1933…les allusions sexuelles et le langage fleuri du monstre géant en plus !