FRANK MILLER : URBAINE TRAGÉDIE / FRANK MILLER : UNE BIOGRAPHIE (Jean-Marc Lainé)

Tu as été interviewé à l’insu de ton plein gré ?

J’ai été mis en ligne dans mon dos, surtout !
:wink:

Jim

Ah bon ?!

:wink:

Oui : on est peu de choses.

Jim

L’avantage des nouvelles technologies, c’est qu’on a droit à de nouveaux sous-entendus graveleux :slight_smile:

Surtout si on a l’esprit mal placé.
:wink:

Jim

Où est-ce que tu veux qu’il soit ?

(Insérer blagues ici :slight_smile:)

En tout cas, chouette entretien. J’ai bien aimé l’accent mis sur le Miller qui semble vouloir être plus positif et sur l’analyse que tu fais du paysage éditorial actuel qui ne permet plus à des auteurs complets de s’exprimer plus librement sur des séries de seconde zone.

Après avoir travaillé sur deux versions d’un bouquin consacré à un auteur, et ce pendant des années, on pense en avoir fait le tour. Mais comme souvent, on finit toujours par découvrir de nouvelles pépites.

b5b8276a0d82b99aa5bc5a4b03407f88

C’est le cas à l’instant : je viens de tomber sur une conversation dans un forum américain, datant de plus de deux ans, et dans laquelle l’ancien propriétaire d’un boutique de comics à Berkeley évoque une signature de Frank Miller dans sa boutique. L’événement est organisé au moment de la sortie de Daredevil #181 (l’un des plus important numéro de la série, vous vous souvenez sans doute pourquoi), et il estime qu’il s’agit de décembre 1981 (l’épisode est cover-daté d’avril 1982).
Il en parle ici :
https://forum.cbcscomics.com/topic/1394/graded-twilight-zone-84---priced-fairly/

Le plus étonnant, c’est que la boutique a commandé à Miller une pleine page, encrée par Klaus Janson et mise en couleurs par Steve Oliff, qui sera numérotée et signée pour la dédicace. Et cette page, je ne l’ai JAMAIS vue nulle part, ni sur un forum, ni sur un site, ni reproduite dans un livre (même pas le mien, la teuhon !).
Encore plus surprenant, cette planche, qui date donc de 1981, avant Ronin, avant Dark Knight, avant même et bien sûr Sin City… annonce graphiquement un peu tout cela.

900ea334c921220675931977535d2f88

Allez, pour la route, une petite dédicace de l’auteur.

0cd51834ff179aa57a2cd878017ad967

Jim

:joy_cat:

Sacrée histoire sympatoche n’empêche ^^t

Et pour voir la planche en (un peu) plus grand :

4000 personnes s’étaient déplacées, tout de même !

Tori.

oui, la folie. Je crois que même avec le recul, on ne mesure pas la starification de certains des auteurs en vue à l’époque (je pense aussi à Byrne, voire à Pérez…).

Jim

Cette année, nous fêtons les 80 ans de Batman et les 100 ans de Zorro. Et du coup, je voulais vérifier à quand remontait la première mention du titre du film que le petit Bruce et ses parents ont vu en ce soir fatidique de la mort de Thomas et Martha.

batman-zorro-display

J’ai trouvé un papier de Brian Cronin répondant avec précision à cette question.
C’est ici (en deux parties, et la réponse se trouve dans la deuxième :

Et une fois de plus, il s’avère que c’est l’incontournable Frank Miller qui aurait précisé que le film en question, c’est The Mark of Zorro, précisément celui de Tyrone Power, tourné par Robert Mamoulian en 1940.

dark-knight-returns-1-1

Cronin donne des précisions complémentaires, que je vous laisse découvrir en cliquant sur le lien ci-dessus.

Jim

Je me rends compte en lisant cet article de quelque chose que je n’avais jamais remarqué jusqu’à présent, alors que j’ai grandi en lisant To Kill a Legend de Brennert et Giordano et que j’ai récemment traduit The Untold Legend of Batman (dont le premier épisode est dessiné par Byrne) :

Giordano a violemment pompé… euh, je veux dire respectueusement cité Byrne dans le flashback de la mort des Wayne. La case où Thomas Wayne se fait descendre et celle où le petit Bruce fusille du regard l’agresseur reprennent à peu près exactement les mêmes poses, la même composition, et à peu de choses près le même dialogue.

Bon, ça n’a rien de très choquant et c’était peut-être même une consigne à l’époque, vu que Untold Legend était considéré comme le condensé officiel des détails de l’origine de Batman. Mais je trouve ça drôle, parce qu’à une époque, c’était plutôt Byrne qui était coutumier de ce genre de citation (voir le tour de force de Uncanny X-Men #138, un Grand Design avant l’heure).

Cool, merci pour le lien vers l’article — et merci @JayWicki pour le bonus !

Ça m’en a rappelé un autre, qui à la lecture s’avère complémentaire — puisque l’auteur ignore le pré-Miller mais se tourne vers la suite. C’était dans feue la chouette rubrique « Ask Chris » de Chris Perkins sur Comics Alliance :

Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, je résume à grands traits : Perkins émet l’hypothèse que l’expérience d’aller au cinéma avec ses parents est un élément qui permet d’ancrer la vie du p’tit Bruce dans une expérience commune pour le lecteur, contrairement à… tout le reste de ce qui caractérise Batman, en fait. La référence à Zorro joue de son côté un rôle moteur dans la psychologie du futur justicier tout en faisant un clin d’œil méta aux origines du personnage. Perkins développe ensuite sur la version alternative proposée par le Batman Begins de Nolan — où Bruce et ses parents vont voir Faust à l’opéra — ce qui fait sens, même si de façon un peu lourde, dans le cadre symbolique du film, mais du coup entraîne la logique de la chose dans une toute autre direction. Perkins remarque néanmoins aussi qu’avec le temps qui passe, la référence au Signe de Zorro de 1940 perd de toute façon son caractère « populaire » : ce qui peut se comprendre comme une sortie familiale ordinaire à une époque devient une sortie à la cinémathèque…

Veinard : j’aurais bien aimé le faire, celui-là.

Si j’ai bien compris, c’est Byrne qui l’a scénarisé et en partie dialogué, parce que Claremont était à la bourre (sans doute à cause des réécritures de l’épisode précédent), et aussi parce que (d’après Byrne, donc à prendre avec des pincettes), il connaissait moins bien l’histoire de la série que son dessinateur. Épisode que, pour ma part, j’ai lu et relu, parce qu’il m’expliquait les « anciens X-Men » bien avant que je les lise dans Spidey.

Jim

Idem, je l’ai lu un nombre incalculable de fois. Je suis très fan de ces « récaps » dont les auteurs étaient friands dans le temps, et Uncanny X-Men 138 est un récap géant en fin de compte.
Pas impossible que Claremont ait été aux abonnés absents sur ce coup, même si je crois me rappeler que c’est lui qui a eu l’idée d’ouvrir l’épisode sur les funérailles de Jean Grey, histoire de ne laisser aucun doute aux lecteurs sur la nature des événements de l’épisode précédent…

Fort possible. Ce qui veut dire que Byrne n’a pas profité de délais plus « longs » : la pause n’a profité qu’au scénariste. Et quand on voit la qualité graphique du truc, ça tabasse !

Jim

J’ai vu une interview intéressante de Byrne récemment (je vais la caler là si je la retrouve), intéressante dans le sens où si on voit que le gars est plutôt bourru et n’a peut-être pas tout à fait volé sa réputation de tête de lard, mais aussi qu’il est très drôle à sa façon un peu « tongue-in-cheek ».

Concernant son rapport aux délais, il y dit qu’au début il n’était pas très bon mais déjà très rapide ; et en s’améliorant, il n’a pas perdu sa vitesse, ce qui lui a valu du boulot évidemment. Byrne pouvait dessiner à l’aise deux voire trois épisodes par mois à sa grande époque.

Le grand regret de sa carrière avoir refusé « Doctor Strange » que Ralph Macchio lui avait proposé à peu près au moment de sa reprise de « She-Hulk » ; à l’époque il pensait son style peu adapté au personnage… Damned, j’aurais aimé lire ça !!!

EDIT : ah, la voilà l’interview en question

Y a une fameuse anecdote datant de son début de carrière. Verpoorten peste contre Pat Broderick (je crois) qui vient de livrer un épisode d’Iron Fist en retard. Duffy Wohland, qui grenouille dans la rédaction de Marvel et vante les mérites de son pote Byrne, suggère à Verpoorten de se tourner vers lui. Byrne passant dans le coin, ce dernier lui demande s’il pourrait faire un épisode en un mois. Et Byrne lui répond : « Dix-sept ? Je les fais en un week-end. Et ensuite, je fais quoi ? »

Ah oui, moi aussi.

Jim