FRANKENHOOKER (Frank Henenlotter)

Comédie/horreur
Long métrage américain
Réalisé par Frank Henenlotter
Scénarisé par Frank Henenlotter et Charles Martin
Avec James Lorenz, Patty Mullen, Charlotte Helmkamp, Louise Lasser…
Année de production : 1990

Réalisateur, scénariste et historien du cinéma underground, le new-yorkais Frank Henenlotter a passé sa jeunesse à écumer les salles de la 42ème rue, slalomant entre les clochards, les drogués et les prostituées pour se procurer sa dose d’horreur et de sexe softcore. C’est dans ce quartier assez glauque qu’il a forgé sa cinéphilie entièrement tournée vers l’exploitation et qui a marqué sa courte carrière derrière la caméra. En 1982, il sort son premier long métrage, le culte Basket Case (Frère de sang en V.F.) mais il galère ensuite pour trouver l’argent nécessaire pour financer ses projets les plus barges.

Six ans séparent Basket Case et Elmer le remue-méninges et ce n’est que grâce aux fonds alloués par le réalisateur/producteur James Glickenhaus qu’il peut faire aboutir Frankenhooker, son hommage à la créature de Mary Shelley. Mais Glickenhaus n’a accepté de financer ce film qu’en échange de suites à Basket Case. Henenlotter s’est senti un peu trop bridé et après Basket Case 3, il a préféré s’éloigner des plateaux de tournage (pour n’y revenir qu’en 2008). Entretemps, il s’est employé à sauver de l’oubli les bisseries et les zèderies les plus obscures (souvenir de son temps passé devant les écrans de la 42ème Rue) sous la bannière Something Weird Video.

Frankenstein revu par Henenlotter, cela ne pouvait donner qu’un résultat particulièrement loufoque, une farce horrifique et paillarde peuplée de personnages complètement tarés. Le « savant fou » s’appelle ici Jeffrey Franken, un aspirant chirurgien raté obligé de travailler comme électricien et qui passe son temps à travailler sur un cerveau doté d’un oeil (tout droit sorti du Cerveau qui ne voulait pas mourir) qu’il garde dans un aquarium. Ce genre d’expérience morbide ne semble pas gêner sa belle-famille. Invité au repas d’anniversaire du père de sa petite amie Elizabeth, Jeffrey lui offre une tondeuse télécommandée mais lorsqu’Elizabeth l’essaye, elle perd le contrôle de la machine qui la réduit en morceaux.

Inconsolable, Jeffrey décide de ressusciter Elizabeth, dont il a conservé la tête et deux ou trois autres membres, en utilisant ses connaissances en bio-électricité. Après une séance d’auto-trépanation, seul moyen pour qu’il se calme et trouve des idées, Jeffrey part pour une virée dans les bas-fond new-yorkais afin de choisir des prostituées et construire un corps parfait pour son Elizabeth. L’occasion pour Henenlotter de filmer une nouvelle fois ces rues cradingues et ce New York sordide servant de toile de fond à toutes ses histoires…

Pour Frankenhooker, Frank Henenlotter a travaillé avec un budget d’un peu plus d’un million de dollars. Une « petite fortune » pour lui (par rapport à Basket Case et Elmer)…mais ce n’était pas encore suffisant pour les visuels délirants sortis de son imagination. La faiblesse de certains trucages (lors de la scène dantesque de l’explosion des prostituées, par exemple) ne réduit pourtant pas l’efficacité de ce réjouissant pastiche fauché.

Ce n’est pas le seul défaut (il y a quelques problèmes de rythme et les incessants monologues de Jeffrey avec sa voix française monocorde peuvent être parfois un peu lourds) mais les références au classique de James Whale (voir le labo reconstitué dans le garage de Jeffrey Franken) sont soignées, les péripéties jouent savoureusement sur l’exagération (tout comme la croustillante interprétation de Patty Mullen en « Frankenpute ») et le final est aussi drôle qu’hallucinant, avec une chute irrésistible, bien dans le mauvais esprit de l’ensemble.

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2 « J'aime »

Sans doute son meilleur film (ou son moins pire selon ses détracteurs).

Un numéro du magazine US Fangoria consacré au film (entre autres) :

Et joué par un acteur aperçu brièvement dans Street Trash (dans un rôle de groom impertinent).

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Ha mais oui!!

Quel œil !!

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Et l’affiche ghanéenne :

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