GOTHAM CENTRAL t.1-4 (Brubaker, Rucka / Lark)

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[quote]Gotham Central t.1

Scénario : Ed Brubaker et Greg Rucka
Dessinateur : Michael Lark
Public: Ado-adulte – à partir de 12 ans
Genre: Super-héros
Collection: DC Classiques
Date de sortie: 25 avril 2014
Pagination: 256 pages
ISBN: 9782365775212
Prix: 22.50 €

La vie de flic n’est pas simple à Gotham City. Protégée par un justicier taciturne, elle est la cible des pires criminels qui soient. C’est ce que vont apprendre à leurs dépends l’inspecteur Marcus Driver lorsque son partenaire est abattu par Mr Freeze, ou Renée Montoya lorsque son homosexualité est révélée au grand jour.

Contenu : Gotham Central #1-10[/quote]

Le site de l’éditeur :urban-comics.com/gotham-central-tome-1/

Pour ceux qui n’auraient pas déjà lu, je recommande vivement. c’est du polar, c’est construit comme une série de Steven Bochco, et ça se passe à Gotham. C’est le quotidien des flics vu par eux-mêmes, avec les petites affaires minables qui basculent dans le tragique, et la vision du flic de base du problème encapé. vraiment très bien foutu.

Je plussoie vigoureusement. Très bons souvenir de lecture.

ça veut également que c’est excellemment traduit ?

(c’est de la bonne came cette BD !)

Du très bon oui

Marrant pour moi Gotham Central est d’avantage l’héritière du Homicide de Fontana/Levinson que du *Hill Street Blues/NYDP Blues *de Bochco/Kozoll/Mitch

Moi je vois ça comme du NYPD Blues, voir parfois du Law&Order.

Mmm Law and order je sais pas. C’est du stand-alone avec un aspect feuilleton très peu accentué où l’intérêt est dans l’affaire et pas les personnages (d’où la longévité du truc). Cela dis je regardais L&O il y a très longtemps et je connais pas* L&O : SVU* et c’est vrai que L&O : Criminal Intent s’éloigne déjà de la rigidité du concept.

L&O ca te montre le fonctionnement des institutions mais rarement l’humain derrière le fonctionnaire.

NYPD Blues ouais je suis d’accord mais je suis toujours étonné qu’on cite rarement Homicide tellement il y a de lien dans les détails avec l’utilisation du tableau qui recense les crimes (et de mémoire je crois que *Gotham Central *fait référence au long débat entre Lewis et Crosseti sur la mort de Lincoln) mais aussi de manière plus générale avec la gestion parfaite de plusieurs équipes de la criminelle et surtout le traitement visuel de la série.

Il me semble me souvenir que Brubaker et Rucka faisait explicitement référence à Hill Street Blues (ou était-ce NYDP Blue ?) comme influence majeure pour GC, à l’époque. Ne connaissant pas Homicide, je ne sais pas en quoi l’écriture diffère, mais c’est vrai en tout cas que j’avais trouvé la comparaison avec Hill Street Blues assez évidente.

Je pensais surtout à L&O SUV qui même s’il traite de cas par cas travaille aussi ces personnages sur le long terme.

mais je reste plus sur un NYPD Blues clairement.

C’est effectivement de la très bonne came.

Par contre, ce serait bien qu’Urban ne spoile pas l’épisode avec Montoya. Déjà que le choix de la couverture de la version Semic révélé clairement qui était derrière ses ennuis…

Y’a prescription vu que c’est largement abordé dans les batwoman

Ah d’accord…

Comme je lis pas Batwoman :wink:

Par contre, c’est un peu dommage, car ça tue le ressort dramatique qui faisait tout l’intérêt de l’arc en question, même si cela reste une très bonne histoire.

Tu voudrais donc dire que le récit serait quelconque à la deuxième lecture sous prétexte que tu connais les tenants et les aboutissants ?

Non, juste que l’impact est moins fort et que le principe de la révélation ne marche pas.

Après, chacun est plus ou moins sensible à ce type de mécanisme narratif. Personnellement, j’adore les histoires à révélations ou à “twist”, mais j’ai des amis pour qui ça n’a au final pas grand intérêt, le principal étant que l’histoire soit bonne.

Ce qui, je le répète, est le cas pour l’arc sur Montoya et, globalement, pour toute la série.

Mais quand j’avais lu cette histoire pour la première fois (tome 2 de l’édition Semic), je me doutais bien de ce qui était en train de se passer à cause justement de la couverture de cette édition (aller la voir si vous voulez vraiment être spoilé, pour ceux qui n’ont pas encore lu Gotham Central).

J’en ai ressenti un certain sentiment de frustration (on m’a volé m’a révélation), mais l’histoire, à la relecture, reste vraiment très bien.

Oui et non : les tracas des flics (certains en fin de carrière, d’autres qui ont des coups durs qui les renvoient à des postes subalternes), l’évolution de la carrière du substitut du procureur (qui finit par devenir procureur), même l’état de santé de Van Buren, tout cela constitue des éléments de continuité assez évidents. Mais en arrière-plan, je suis d’accord.
Certes, c’est pas dans les toutes premières saisons (qui fonctionnent davantage comme des suites de stand-alones avec une caractérisation forte mais passant par la répétition, statu quo oblige), mais la série a évolué et a intégré cette dimension de feuilleton.
Après, même dans la période du début, c’est quand même les personnages qui comptent. Les scénaristes ont construits des personnages complexes, certains à droite et d’autre à gauche (ou conservateurs et progressistes, ou vieux et jeunes), qui se tiennent particulièrement bien sur la durée et conservent une grande cohérence. Et c’est ça qui rend les enquêtes passionnantes : pas le caractère procédurier des enquêtes ni les bras-de-fer juridiques, mais la vision que les personnages ont du monde où ils évoluent.

Après, pour la comparaison avec Gotham Central, s’il y en a une qui pourrait se faire, c’est avec Law & Order : Criminal Intent. Parce que là, c’est exclusivement du flic, et c’est de l’enquête criminelle. Pas de juges, pas de psy. Des flics sur le terrain (et plutôt des bons : Goren ou Logan, c’est de la grosse pointure), qui portent un regard sur les univers où les mènent leurs enquêtes. Il y a une sorte d’engagement social, si l’on peut dire, d’implication personnelle, qui me semble comparable à Gotham Central.

Jim

Je ne sais pas vraiment, Jim. Pour ma part, le quotidien de Gotham Central rime plus avec NYPD Blue, tant ce quotidien et les relations de bureau sont la marque de fabrique de ces deux polars.

Oui oui, entièrement d’accord. Mais faire la comparaison avec Law & Order (qui a également intégré le feuilleton sous cette influence) n’est pas faux non plus.

Jim

C’est marrant parce que je suis justement en train de regarder Law & Order ; Criminal Intent.

C’est vrai que cette série bouscule le schéma classique de *L&O *(la série originale car comme je le disais je n’ai pas encore vu SVU) et qu’on rentre d’avantage dans la vie privée des enquêteurs (mais cela dis toujours au sein de l’enquête jamais dans le cadre privée. Bon j’ai pas encore tout regardé et ça évolue surement à ce niveau).

Toutefois on en arrive pas à du NYPD Blues ou du Hill Street Blues*.

Bon par contre je vais faire mon relou :mrgreen: mais si vous n’avez pas eu l’occasion (assez logique la série passait sur le câble et ne fut jamais éditée dans son intégralité en dvd. Il n’existe qu’une vieille édition avec juste la VF) faut que vous regardiez Homicide. Déjà parce qu’elle fait partie des meilleures séries des années 90 (avec E.R, X-Files et NYPD Blues elles révolutionnent les fictions tv de l’époque et pose les graines des séries des années 2000), parce qu’elle pré-figure Oz mais surtout parce que c’est tout de même l’adaptation du bouquin de David Simon et que c’est cette série qui l’a fait débuté dans le milieu. Si t’es fan de The Wire et que tu a pas vu *Homicide *ta raté ta vie comme dirait Jacques.

Et vraiment j’insiste, je suis persuadé que c’est une grosse source d’inspiration pour Ruckha et Brubaker. C’est difficile à expliquer parce que c’est vraiment dans la manière de nous présenter les enquêtes au travers les duos d’inspecteur, c’est cette ambiance un peu crasse, c’est les discussion sur tout et rien, c’est ce ballet entre les différents duos et enquêtes admirablement orchestré qui fait que tu passes de l’une à l’autre pour revenir à la première et entamée une troisième sans que tu y fasses gaffe.

Pour prendre un exemple, le cas de la gamine tuée dans le parc dans les premiers épisodes de Gotham Central m’ont toujours fait pensé à l’affaire Adena Watson dans Homicide. La première affaire sur laquelle enquête le nouvel inspecteur fraîchement arrivée Tim Bayliss (avec qui nous découvrons les lieux) et qui le hantera tout le reste de la série (et qui donne lieu à un des épisodes les plus forts que j’ai pu voir en série TV à savoir 3 hommes et Adena qui se passe intégralement dans une salle d’interrogatoire.

L’influence des séries de Bochco est évidente on est est d’accord mais vraiment les mecs regardez Homicide (du moins les deux première saisons) vous le regretterez pas.

*D’ailleurs concernant Hill Street Blues (la série qui a changée la manière de faire des séries) l’intégrale sort enfin aux USA au mois d’avril

La critique par Blackiruah est disponible sur le site!

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