
Espérons qu’il sera dans l’ordre celui là 

Espérons qu’il sera dans l’ordre celui là 
J’en suis arrivé à ce tome
Ou bien à un moment elle va balancer sa raquette dans la tronche de sa soi-disant amie ? Notamment.
Parce que 15 tomes sur le même délire je ne vais pas pouvoir.
C’est du manga donc ils n’en sont qu’au début.
Urasawa saiit rythmé son truc et rebattre les cartes régulièrement.
Mais en effet là ça ressemble plus à une série/formule qui va ronger son os jusqu’à la fin
Après, c’est aussi une série qui arrive avant les deux grosses révélations qu’ont été Monster et 20th Century Boys. En gros, il avait déjà les mécanismes narratifs, le sens du suspense et la caractérisation forte. Il n’avait pas encore son rapport à l’étrange et à l’angoissant, pas en tout cas au point que l’on connaît aujourd’hui.
J’ai pas encore commencé Happy!, je n’ai fait que survoler les premiers chapitres : je trouve ça très beau, très bien raconté, mais pour l’instant, je n’ai pas franchi le pas. Plus tard, sans doute.
Jim
Sur ce point il y a pas photo c’est d’une grande maîtrise mais c’est clairement une oeuvre de jeunesse donc un truc à formule sur laquelle il se fait les crocs avant d’imposer sa manière de faire. Après le coté formule ne me gêne pas quand je l’approche me plait (genre Slam Dunk avec en plus le plaisir de voir un auteur acquérir de plus en plus de maîtrise) et il est certain que c’est cette approche (ce coté Cendrillon) qui m’agace si elle devait être tenu jusqu’au bout
Œuvre de jeunesse, c’est à relativiser.
Ça débute un an avant Monster, et ça fait déjà dix ans qu’il travaille de manière professionnelle. C’est plus proche, chronologiquement parlant, du début de Monster que du début de Yawara.
Je vois Happy comme une sorte de transition : un auteur qui continue sur un créneau qu’il a déjà bien balisé avec Yawara (la jeune héroïne sportive) tout en menant bientôt son premier thriller pur jus. Une sorte de bouée de sécurité, qui confirme aussi la bonne réception de son public.
Jim
C’est même à annihiler
(je ne le voyais pas si loin dans sa carrière)
Exterminate, exterminate …
Je viens de lire le premier tome et… en fait, c’est Cendrillon sur un court de tennis, en gros, quoi ?

Alors je caricature, mais j’ai beaucoup aimé. Déjà, je retrouve les points forts d’Urasawa : un rythme soutenu, une narration au cordeau, des personnages attachants. En plus, l’œuvre datant de 2004, je trouve son dessin un poil plus rond que certaines productions récentes, certains gros plans sur Miyuki me faisant penser au trait de Rumiko Takahashi ou Mitsuru Adachi : un contours épais, une masse de cheveux noirs… Je flaire que c’est peut-être voulu.

En plus, c’est très drôle. La peinture de la petite fratrie autour de Miyuki (plus tapageuse et bruyante que celle présente dans Asadora, me semble-t-il) est vraiment hilarante (la scène de repas, tudieu…), et la représentation m’a fait penser à quelques souvenirs diffus que je garde de Pineapple Army. Les deux infâmes truands eux aussi sont très drôles (avec cette touche de pathos que l’on devine aisément), et adoucissent l’effrayante promesse d’une sordide carrière dans les arrières-salles de lupanars louches en guise de remboursement d’une dette commak.
Et puis, bon, il y a John Travolta, aussi !!!
Mais surtout, ce qui m’a frappé à la lecture de ce premier tome (où, soulagement, le tennis n’est finalement que très secondaire), c’est que la structure du récit emprunte largement à la narration des contes de fées. On y trouve une princesse désenchantée vivant l’existence du peuple, déchue d’une aristocratie à laquelle elle semblait pourtant promise ; une vilaine sorcière, marâtre puissante et influente, mais jalouse et possessif ; un prince charmant courtisé mais pas par la bonne personne… Le vocabulaire (le terme « reine » est mis en évidence dans ce qui devient une lutte de royaumes) et les allusions frontales à Blanche-Neige ne me semblent laisser aucun doute quant aux intentions narratives de l’auteur, qui en profite pour se pencher sur le thème parfois épidermique de la lignée familiale.
Pour ma part, un premier tome assez séduisant, avec son mélange généreux de comédie, de suspense et de discours social.
Jim
Ah ouais, c’est carrément un pastiche de contes de fées, ce deuxième tome dévoile des indices nettement plus éloquents : le tournoi « Cinderella », la scène des baskets de rechange… Le titre de la série prend alors tout son sens, renvoyant au « happily ever after » des contes.

Dès lors, une fois qu’on a clé de lecture, ça devient très drôle. La série passe clairement (enfin, pour les esprits lents dans mon genre, parce que c’est là dès le premier épisode) du suspense à la comédie. Sous ses allures d’intrigue à enjeux avec de gros méchants bien cruels et des perspectives aussi sinistres que sordides, Happy! s’avère un récit amusant où les codes des contes sont détournés. La vision du prince charmant, sorte de dadais couvé par sa mère et en retard sur bien des points, est complètement réjouissante, Urasawa en rajoutant des caisses. Et on voit, au détour de l’arrivée de certains personnages, des réécritures amusantes (la fratrie en sorte de trois ours jamais contents, les entraîneurs en rois mages tuméfiés et couverts de pansements…).

L’autre truc très sympa dans la série, c’est que cette dimension de comédie permet à Urasawa de dessiner de nombreux personnages qui sourient, qui grimacent, qui expriment des émotions extrêmes, ce qui tranche avec certaines séries qui ont fait sa célébrité, où poursuivants et poursuivis affichent des faciès impassibles (Tenma ou Runge dans Monster, genre). Et comme Urasawa est un caricaturiste de première, c’est très vivant, une dimension que j’apprécie aussi dans Asadora.
Alors oui, il y a la nunuchitude de Miyuki, incapable de voir la rouerie et l’hypocrisie qui l’entoure. Pleine de bonnes intentions, elle pense que tout le monde est honnête. Mais en même temps, c’est nécessaire, à la fois pour nourrir cette dimension de conte moderne, pour servir de moteur aux péripéties et pour justifier le parcours de l’héroïne, qui franchit les obstacles un à un.
Mais c’est vrai qu’elle explose toutes les échelles de la nunucherie.
Jim
Ouf. Tu viens de m’aider très fortement.
Hahahahaha.
Je comprends qu’on puisse, à l’image de notre Seigneur de Babylone préféré, être un peu rebuté par la naïveté confondante de l’héroïne. Pour ma part, je suis assez séduit par l’humour et les décalages, et au bout de deux tomes, je me demande comment Urasawa va faire pour bombarder son héroïne de tant de misères au fil des quinze tomes. Bon, je vais déjà lire les trois suivants, que j’ai, mais je suis assez impressionné par la manière de faire. Et l’humour fait passer largement le peu d’intérêt que j’éprouve pour le tennis (je suis un peu comme le frère du mafieux, à ce niveau : je n’y comprends rien et ça me saoule prodigieusement).
Jim
En relisant ce topic, je remarque, hasard des choses, m’être arrêté au même cinquième tome que Lord of Babylon, et pour les mêmes raisons.
Curieux de tes retours sur la suite, Jim.
Et bonne lecture.
Déjà, mes retours immédiats iront jusqu’au tome 5. Pour la bonne raison que les cinq tomes que j’ai, je les ai rachetés au dit Seigneur de Babylone.
On verra cependant si ça me démange beaucoup d’acheter et de lire la suite !
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Jim
Ce qui me démangeait à la lecture des cinq tomes n’était pas de continuer mais de secouer un personnage…
Tu nous diras.
Ce qui me semble marrant, c’est que ce sont les « méchants » qui comprennent les choses. Et qui notamment qualifient Miyuki d’idiote. Mais s’il n’y avait qu’elle…
Jim
Oui.
Et au bout de mille pages, tu craques.
Mais en même temps, dans les contes de fées, le prince est parfois une belle tête à claques.
Jim
J’entends.
Mais les conte de fée que je pouvais lire ne duraient pas 3000 pages.