Ou alors il cherche à gagner du temps.
Peut-être, mais en tout cas la richesse de l’encrage fait qu’il se montre toujours aussi généreux qu’avant. Il faudrait voir s’il se reposait davantage sur d’éventuels assistants.
Jim
Mais ça demande moins de travail de storytelling.
C’est certain. Après, c’est une sensation purement personnelle, mais je trouve qu’effectivement, c’est moins fluide. Et qu’il y a plus de personnages qui posent. J’y vois un rapport, mais je me trompe peut-être.
Jim
Le maitre des Image Boys ?
Hahahahaha.
Ouais, je pensais justement en Jim Lee de X-Men (la série adjectiveless), qui s’orientait de plus en plus vers de grandes cases illustratives.
Après, on sait qu’à partir de Frank Miller, les auteurs américains ont regardé les mangas. Je ne sais pas si Ken était traduit à l’époque (sous le titre Fist of the North Star, je pense, mais je ne connais pas les dates), mais j’imagine de toute façon que leurs lectures, quelles qu’elles soient, ont dû infuser dans leur travail.
Jim
Ou alors ils ne sont pas allés plus loin que la page 2 d’un Kirby.
D’après Wikipedia, pas entièrement :
In 1989, Viz Communications published the first sixteen chapters of Fist of the North Star in English as an eight-issue monthly comic. These were later reprinted in a single graphic novel collection in 1995. During the same year, Viz resumed publication of the series as a monthly comic until 1997, lasting eighteen issues (adapting chapters 17–44), divided into three parts. This second run was subsequently republished in three additional graphic novel volumes titled Night of the Jackal, Southern Cross and Blood Brothers. Viz’s version featured mirrored artwork with translated sound effects and other retouched details.
Tori.
C’était Viz aussi pour Ken, tiens donc.
Tu penses à Nausicaa ?
En fait, Viz est une société qui a été fondée avec, en partie, le pognon de la Shogakukan, qui est la maison-mère de la Shueisha, elle-même éditrice du Weekly Shonen Jump, magazine dans lequel a paru à l’origine Hokuto No Ken.
Pour les lecteurs de comics de ma génération, Viz, c’était l’éditeur qu’on regardait si on voulait avoir un avant-goût de la production nipponne, une fois passé la vague chez First (Lone Wolf & Cub, Mazinger) ou Eclipse (Mai the Psychic Girl, Xenon, Legend of Kamui…), par exemple.
Jim
Diable, faut que je fasse attention. Je risque d’en connaître un peu sur les mangas, bientôt.
Oui.
Shūeisha est indépendante depuis 1926… Mais les deux sociétés font partie du même conglomérat. Et Viz appartient conjointement aux deux…
Tori.
Un an après sa fondation, donc.
C’est aussi compliqué que le groupe Média Participations.
Aujourd’hui, oui, mais il me semble que ça s’est fait en plusieurs étapes.
Je t’avoue que j’ai lâché l’actualité de Viz en lâchant les mangas, au début des années 1990.
Jim
J’ai failli le mettre pour faire l’analogie entre les deux…
Oui. Apparemment, Viz a été créé grâce à des fonds de Shōgakukan.
Tori.
C’est comme ça que ça commence, et ensuite, c’est le drame…
Nausicaa était prépublié dans Animage Monthly, qui était une revue de Tokuma Shoten, un éditeur qui possédait jadis aussi une maison de disque, une société de production audiovisuelle et le Studio Ghibli.
J’imagine que Viz a élargi son offre en licenciant des séries qui proviennent d’autres éditeurs que la Shogakukan. Mais comme je disais plus haut, ça fait longtemps que je ne m’intéresse plus aux coulisses et, du temps où je fréquentais les rayons mangas des comic shops au début des années 1990, il y a plein de choses (notamment des noms d’éditeurs japonais) que je ne connaissais pas.
Jim
C’est comme ça que ça commence, et ensuite, c’est le drame…
Ce qui me rassure, c’est que vous m’avez complètement perdu avec votre mediapart* japonais…
*appeau ?
Pas Mediapart : Media Participations.
Le groupe auquel appartiennent Dargaud-Lombard, Dupuis, Urban, Kana, etc.
Tori.
vous m’avez complètement perdu avec votre mediapart* japonais
C’est pas au Japon que tu es perdu, visiblement. Mais en France.
Jim
En choper un, j’y croyais pas. Mais 2… ça dépasse mes espérances.
Pourtant, j’avais mis un indice de 2nd degré (référence à vieux combat)
Nous luttons contre la désinformation, Tori et moi. Même au second degré.
Jim