HOKUTO NO KEN - KEN LE SURVIVANT t.1-18 (Buronson / Tetsuo Hara)

Et puis à force de débiter des âneries, j’en deviens crédible.

Pierre et le loup.
Mais inversé.

Jim

En parlant de crédibilité, j’ai croisé l’Empereur tout à l’heure dans le métro.

Je ne suis pas sûr de te suivre…

Jim

C’est pas lié… mais le gars, avec son sweat à capuche, il avait une tête de Palpatine…

Hahahahahaha.
J’imaginais un truc comme ça…

Jim

Et puis j’ai euble malheur de me retourner à une station et il avait disparu. Je pense qu’il a une maîtrise de la Force.

Il était peut-être derrière toi, te faisant croire qu’il n’était pas là.
« Ce n’est pas la capuche que nous cherchons. »

Jim

Tant qu’il ne me fait pas louper ma correspondance…

« Droit de ton train le chemin est, mais tordus du métro les couloirs sont. »

Jim

Pour en revenir au sujet : tu as raté ta correspondance, mais tu ne le sais pas encore.

Hahahahahahahahaha

(Ce qui m’arrive souvent…)

Jim

(Je serais pas dans la merde, quand même)

En métro, ça m’arrive souvent. Et souvent de descendre une station trop tard ou d’aller sur le mauvais quai.
En train, pour l’instant, ça ne m’est arrivé que très rarement (une fois, en rentrant de Saint-Malo, je confonds le tableau des arrivées et celui des départs, ça s’est joué à quelques minutes et j’ai vu partir mon train : je suis retourné boire un autre café en attendant le suivant), mais récemment, j’ai failli monter dans un direct pour Paris alors que je m’arrêtais à Évreux : j’en suis ressorti une minute avant le départ, ouf.

Jim

Ah ouais… quand même. Si un jour on prend le train ensemble, c!est moi qui gère.

Très bien.
J’aime la délégation.

Jim

Le tome 14 est étrange. Notamment parce qu’il comporte un grand nombre de changements de scènes, d’une part parce que nous suivons plusieurs groupes de personnages, et d’autres part parce que les auteurs glissent quelques flash-backs. Et ces transitions, ce n’est jamais leur fort. Donc quand ça se multiplie…

Les flash-backs concernent à la fois Ken et Raoh, personnage pourtant mort dans la première partie de la série, mais dont le spectre hante le récit. Ça conduit notamment à creuser le passé du héros, qui par conséquent perd un peu de son aura mystérieuse (sans compter que détailler les origines, c’est le risque de multiplier les fausses pistes, les révélations capillotractées…). Tout ceci est en lien aussi avec un accroissement des pouvoirs chez les différents combattants, une sorte de super-héroïsation des combattants, qui lorgne un peu vers une mystique cosmique. On y parle beaucoup d’auras, notamment maléfiques…

Ah, et puis, Ken morfle grave, aussi !

Depuis la relance de la série (qui intervient, dans cette édition, au tome 11), l’intrigue cherche une tonalité différente, une identité qui permette de se distinguer par rapport à la première période. Les auteurs semblent l’avoir trouvé. Mais j’avoue que c’est assez désarçonnant, cette surenchère de super-pouvoir et cette orientation cosmique, dans une série qui a commencé sous forme de récit d’arts martiaux post-apo.

Jim

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Le tome 15 continue sur la même lancée : quelques flash-backs, le fantôme d’un ordre ancien qui revient, de grosses bastons, des sacrifices…

Ce qui est marrant, c’est que l’intrigue est, comme c’est arrivé précédemment, traversée par des figures féminines. D’autant que l’amour rédempteur, mis en avant par certains commentateur à l’exemple de Gaussem et Lopez, est ici essentiel. Mais ça contraste avec les rôles secondaires souvent dévolus aux femmes dans la série.

Jim

J’ai récemment repris la lecture de la série et dévoré les trois derniers tomes.

On sent plusieurs choses à la lecture de cette fin de série. En premier lieu, Buronson et Hara travaillent sur les fantômes qui hantent la série, à commencer par le spectre de Raoh. C’est plutôt bien vu, ça donne un peu de sel aux mécanismes narratifs répétitifs de la série. Et on sent bien qu’ils ne veulent pas redire la même chose, et qu’il préfèrent ne pas faire revenir certains antagonistes, mais plutôt les magnifier par le souvenir. Cette deuxième partie de la série est une réelle suite, pas une répétition.

En second lieu, les auteurs ramènent progressivement quelques figures liées aux débuts de la série. Et là, on se demande depuis combien de temps ils savaient que la série vendait moins bien et depuis combien de temps ils avaient envie de boucler. Parce que les derniers chapitres, qui accumulent cécités et amnésies, sont tout autant un hommage aux débuts qu’une sorte d’ouverture vers autre chose… un autre chose qui sort du cadre : « ceci est une autre histoire », en quelque sorte. D’ailleurs, je trouve le tout dernier chapitre assez réussi, avec un joli portrait de Ken en taiseux indécrottable qui abandonne la défroque du lutteur pour la chasuble du thaumaturge. C’est plutôt bien vu, et bien réalisé.

Graphiquement, Hara suit une évolution que je comparerais un peu à celle de Hojo, à savoir qu’il s’intéresse de plus en plus à la belle image forte plus qu’à la narration. Les grandes cases semblent encore enfler, les enchaînements de séquence sont parfois brutaux (d’autant que le scénario montre ses improvisations : des personnages apparaissent en arrière-plan qui n’étaient pas là à l’épisode précédent…), tout cela n’est guère fluide, mais on sent encore un goût évident pour le spectaculaire : les auteurs ne sont pas pingres en péripéties.

En regardant les pleines pages de baston, dans lesquelles Hara multiplie les traits hachurés restituant le flou des corps en mouvements, je me demande si des gens comme E McGuinness ou Ian Churchill n’ont pas regardé la BD : je vois chez eux de potentiels héritages du boulot de Hara. Le manga a-t-il été traduit en Amérique ? Ou bien ont-ils vu l’animé ?

Jim

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L’équivalent des 2 premiers tomes en 1989, puis l’équivalent des 5 premiers entre 1995 et 1998.
Une édition en 2003/2004 est allée jusqu’à 8 tomes et demi.
L’édition actuelle, commencée en 2021 en est à l’équivalent du tome 21.

La série animée a été diffusée à la fin des années 80 (je ne sais pas jusqu’à quel épisode).

En tout cas, l’œuvre était suffisamment connue pour donner lieu au film avec Gary Daniels et Costas Mandylor.

Tori.