HOLOCAUSTE 2000 (Alberto De Martino)

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REALISATEUR

Alberto De Martino

SCENARISTES

Alberto De Martino, Sergio Donati et Michael Robson

DISTRIBUTION

Kirk Douglas, Simon Ward, Agostina Belli, Anthony Quayle, Adolfo Celli…

INFOS

Long métrage italien/britannique
Genre : horreur
Titre original : Holocaust 2000
Année de production : 1977

Solide (mais pas toujours très inspiré) artisan du cinéma populaire italien, Alberto De Martino a toujours su, comme nombre de ses collègues réalisateurs, rebondir sur les différentes modes avec régularité. En plein engouement pour les “films en jupette et en sandales”, il enchaîne ainsi les péplums, dans un premier temps en tant que co-scénariste (Les 7 Gladiateurs), puis derrière la caméra (Persée l’Invincible, Le Triomphe D’Hercule…), avant de passer au western en ajoutant deux entrées aux nombreux titres comportant les noms Django et Ringo. On le retrouve aussi aux commandes d’un film d’horreur gothique (Le Manoir de la Terreur), de poliziotteschi (Le dernier boss de la mafia avec Telly Savalas, Le Conseiller avec Tomas Milian, Special Magnum avec Stuart Whitman…), du pastiche Bondien Opération Frère Cadet (avec Neil Connery, le frère cadet de…) et il dirigea même la seconde équipe de Il était une fois la Révolution pour son grand ami Sergio Leone.

Alberto De Martino est également connu pour ses “démarquages” des grands succès américains, comme le “macaroni combat” De la Gloire à l’enfer, qui fut le premier long métrage à capitaliser sur le succès des Douze Salopards. Il livra ensuite deux de ses films les plus connus, L’Antéchrist, rip-off de L’Exorciste, et Holocauste 2000, qui reprend les thèmes de La Malédiction de Richard Donner tout en surfant sur la vague des nombreux films d’horreur à portée écologique des années 70. Et je ne peux pas terminer cette évocation de la carrière de De Martino sans mentionner l’un des ses derniers travaux, l’amusant nanar L’Homme-Puma, mémorable Superman du pauvre.

L’industriel Robert Caine supervise en personne la construction d’une centrale nucléaire sur un site biblique. Il apprend qu’une prédiction fait de ces terres le lieu propice pour la venue de l’Antéchrist. C’est alors que des événements tragiques se produisent autour de lui, dont sa femme sera la première victime…

Co-production entre l’Italie et l’Angleterre, Holocauste 2000 a bénéficié d’un budget un petit peu plus important que la plupart des productions signées Alberto De Martino, ce qui a notamment permis d’embaucher pour le rôle principal un monstre sacré d’Hollywood, Kirk Douglas, pour qui ce fut pour le comédien le début d’un cycle porté vers le fantastique et la science-fiction (il tournera ensuite Furie de Brian de Palma, Saturn 3 et Nimitz, retour vers l’enfer).
Le toujours impeccable Kirk Douglas est entouré, entre autres, du britannique Simon Ward (Les griffes du Lion); bon acteur que j’ai trouvé ici un peu trop en retrait, pas assez impliqué et manquant d’intensité lors de la révélation finale; de la belle Agostina Belli (Parfum de femme) et de Adolfo Celi (le méchant du 007 Opération Tonnerre).

Comme je le soulignais plus haut, Holocauste 2000 réinterprète l’idée à la base de La Malédiction de Richard Donner (un américain fortuné découvre que son enfant est l’Antéchrist) en ajoutant un message écologique, reflet de son époque, et en portant un regard non dénué de cynisme sur les grandes multinationales.
Le scénario fait ainsi de la centrale nucléaire qui est l’objet de tous les débats l’équivalent de la Bête surgie de la mer dans l’Apocalypse selon Saint Jean et suit la prise de conscience progressive de l’industriel Robert Caine, assailli de visions et d’indices qui pimentent un film souvent un peu trop sage pour un tel sujet.

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Holocauste 2000 ne tient en effet pas toujours les promesses d’un excellent et grandiloquent générique idéalement accompagné par la musique du grand Ennio Morricone…très manichéen et insistant lourdement sur le symbolisme des chiffres et des images, l’ensemble ne manque pas de lenteurs, s’attarde trop sur une amourette guère convaincante, dont le principal intérêt est de semer le doute sur l’identité du fameux Antéchrist, et le final empreint de résignation tombe un peu à plat.

C’est quand il se vautre complètement dans le bis que le long métrage d’Alberto De Martino redevient intéressant (et croustillant) et si certains passages atteignent des sommets de comique involontaire (la bucolique retraite dans la maison de campagne, Kirk Douglas court à poil dans le désert dans un cauchemar savoureusement Z…), d’autres se révèlent très efficaces, comme le chef d’état hostile à la construction de la centrale scalpé par les pales d’un hélicoptère, moment choc amené de manière redoutable; et l’horrible scène de l’empoisonnement des bébés. Glaçant !