J’avais proposé comme titre VF « Le Mystère des mystères » et ça n’a pas été retenu
Ah merci.
Faker - Rêves Angéliques

Donc, on a 4 étudiants qui se prennent une belle murge lors d’une soirée et qui vomissent tout ce qu’ils peuvent … sauf que ce n’est pas la faute de l’alcool (je tiens à le préciser).
Et quand leur colocataire les retrouve, ils se rendent compte qu’ils ont des pertes de mémoire (je vous jure que l’alcool est innocent) et que lui n’est connu de personne, sauf d’eux.
Mais c’est pas mal du tout ça. Carey laisse des indices un peu traîner, peut être de manière un peu grossière (le clin d’œil au lecteur façon film du dimanche soir), mais cela dit, si on se doute après coup, que ce qu’on a vu est sûrement une des raisons … il n’est pas si évident de savoir pourquoi.
Et y a quand même un concept assez rigolo là-dedans, malgré le drame que vivent ces étudiants, à partir de la mi-parcours. ça prend un tour assez inattendue pour ma part, car de mystère, on passe à un court road-movie. Carey ne cherche pas forcément à nous sortir des explications alambiquées, il est plutôt efficace (notamment dans la caractérisation des vilains, y a pas de faux-semblants) et file tout droit. Et il nous donne dans le final, une sorte de poésie un brin morbide, mais très explicite (pour de la poésie).
Jock a dessiné cela après les Losers en dans la même période qe ses Green Arrow (donc avant ses Batou). J’aime assez, il n’y a pas trop d’expérimentation, il joue plus sur l’expressivité des persos et une mise en page que je dirais dynamique. Ses pages sont assez aisées à comprendre, même quand il densifie sa mise en page pour les flashbacks. La couleur de Loughridge embellit bien tout ça. Je trouve tout ça bien joli.
Ah, et les couv’ ne sont pas là que pour faire joli. Elles font bien références à l’épisode concerné.
PS : @Nikolavitch : c’est toi qui a proposé le sous-titre VF ?
oui, pour une fois, on m’a écouté pour les titres

Quelques précisions :
Jim
KILL YOUR BOYFRIEND

Une lycéenne anglaise s’ennuie dans sa petite vie, au lycée, les profs, les cours, les parents … et quand elle décide de s’enfuir, au moins pour 5 minutes, elle s’enfuit avec un voyou qu’elle avait déjà croisé…
Bonnie & Clyde ? Non, pas tout à fait, mais c’est tout aussi sanglant.
Alors, c’'est assez perturbant de lire ça quand on est un quarantenaire, parce que je suis sûr que j’aurais trouvé ça jouissif à 20 ans. Parce qu’en fait, j’aime bien cette histoire, tout amoral qu’elle puisse être. Parce que si on retire la violence gratuite (enfin, surtout les meurtres), c’est assez caustique, avec pas mal de sous-entendus. Un genre d’humour à la Ennis, mais un peu moins trash.
Alors, est-ce que je le ferai lire à mes filles, histoire de ne pas leur donner de mauvaises idées ? Je pense qu’elle feront bien ce qu’elles voudront avec ce qu’il y a dans la biblio. Si elles sont suffisamment intelligente, elles pourront lire entre les lignes, elles verront que cette violence est surtout là pour mettre en avant certaines choses, pas pour être cautionnée. D’ailleurs, je trouve que Morrison s’en sort vachement bien dans la scène finale, pas simple d’avoir une conclusion intéressante dans ce genre de récit qui semble jusqu’au-boutiste.
Après, je ne sais pas si derrière le perso principal masculin , il y a une satire sociale, vis-à-vis des enfants abandonnés (des parents abandonnants, ça, c’est sûr).
Ah, et puis j’aime bien l’alternance de la narration avec le lecteur de la part de la lycéenne. ça évite la bulle de pensée, et ça permet quelques moments savoureux.
Philip Bond, j’aime beaucoup. Dans cette BD, ça fleure bon le style graphique anglais (je ne saurais dire pourquoi, mais ça y ressemble). C’est pas léché, mais c’est beau. Ses perso sont vivants, et même s’il est assez minimaliste par moment sur les arrière-plans, on ne ressent pas de manque. Au contraire, ça nous amène à nous intéresser exclusivement au(x) perso(s) de la case.
L’association des deux hommes montrent quand même une certaine efficacité narrative, parce que ça va assez droit au but, et pas vraiment de scènes ou de dialogues répétitifs.
PS : la postface de Morrison est éclairante. J’ai été géné de ne pas avoir pensé à une des références, mais au final, c’est assez drôle de lire ça de la part de Morrison.
Edit : j’ai oublié de dire que j’ai l’impression qu’ @Nikolavitch a dû s’amuser un peu sur certaines lignes de dialogue.
MONSIEUR PERSONNE - THE NOBODY

Quand un homme recouvert intégralement de bandages, arrive dans une tranquille petite ville du nord de l’Amérique (du moins, c’est là que je la situe), les interrogations fusent parmi les habitants. Puis, petit à petit, il se fond dans le paysage local, sympathise même avec une étudiante, curieuse de ce qu’il peut être. Mais le passé va finir par le rattraper, tout comme les médisances et rumeurs issues des autochtones …
Si je vous dis Griffen, Tommy Marvel ou encore Kemp, vous pensez forcément à l’Homme Invisible de HG Wells. Surtout si je rajoute les bandelettes. Si Jeff Lemire laisse un peu le lecteur se demander si c’est la bonne référence, il n’attend pas le dernier moment pour l’assumer et le montrer. Sauf qu’ici, au lieu d’avoir un homme dangereux, ivre de son pouvoir et volontairement violent, nous avons ici un homme apeuré, malade à cause de son expérience, qui ressent la faute du mal qu’il a fait à ses amis (sa femme ?) et qui se méfie donc de ce qu’il l’entoure, et par conséquent, peu enclin à s’intégrer et communiquer. Déjà, évidemment, comme pour celui de Wells, c’est un fuyard, et puis surtout, c’est sa différence qui l’amène à se méfier.
Lemire parle évidemment de « l’étranger » qui arrive dans une petite bourgade, de celui qui « n’est pas né ici », de celui qui est différent (bon, là, Lemire a mis le paquet), de celui qui suscite des paranoïas de toute sorte dès qu’il se passe un événement inhabituel dans ces ruralités. Un sujet assez classique dans la BD indépendante, mais dans le cas dans l’adaptation, est ici assez intéressant.
Lemire ne fait parler ses personnages que lorsque c’est nécessaire. Il y a donc beaucoup de pages sans texte, mais qui ne nuisent pas du tout au récit. Au contraire, cela permet de nous mettre dans l’ambiance de cette campagne, notamment la nuit et sous la neige. J’ai lu cette histoire d’une traite hier soir, elle est très facile dans son approche. La bichromie avec le bleu aide aussi à donner cette aspect un peu froid, mais pour autant, on sent ses perso bien vivants et expressifs (d’ailleurs, la bandelette blague à ce sujet).
Lemire a dû réaliser cette BD en parallèle de son Essex Contry (ou juste après). Son trait est affirmé et efficace, plutôt joli d’ailleurs, pour un style bien indépendant.
J’ai bien aimé cette relecture à la sauce Lemire (on n’est pas surpris qu’il soit autrement plus gentil que l’original, ni même qu’il subisse les événements), même si l’histoire (hors invisibilité) est classique aujourd’hui. En tout cas, ça me parle. Et puis le dessin est plutôt sympa, donc ça gache rien.
PS : j’ai bien aimé les 3 fausses couvertures pour trois ambiances distinctes qui rappellent celles des années 50. Je pense qu’elles sont là plus pour l’amusement, car je pense que le récit a été publié directement en un seul volume.
En tout cas, le sous-titre de la première, traduit par Monsieur Nikolavitch (encore lui) m’a bien fait rire.
traduit par Monsieur Nikolavitch (encore lui)
Il est partout !
Et c’est pas fini …
LE BARON ROUGE - PAR-DELÀ LES LIGNES

Cette fois-ci, c’est une réédition que Panini avait sortie en 2010. Le Baron Rouge de George Pratt avait été publié en France par Comics USA en … 1991. Autant dire que la bd était recherchée par les connaisseurs et collectionneurs, mais je ne suis pas sûr que sa réédition ait fait tant bruit. Et pourtant…
Enemy Ace: War Idyll est publié en 1990 aux USA, donc bien avant la création du label Vertigo (je ne sais pas comment il s’est finalement retrouvé chez Vertigo, sûrement pour son côté mâture… dans le sens que ça fait cogiter). Ce Graphic Novel composé de 6 parties nous raconte la rencontre entre le pilote allemand de la 1ère GM, Hans von Hammer, et un journaliste, vétéran du Vietnam. Autant dire que le personnage créé par Robert Kanigher et Joe Kubert est au crépuscule de sa vie quand il raconte ses anecdotes et son ressenti, via un échange de ce que tous les deux ont vécu.
Et je dois dire que c’est très fort. Paradoxalement, j’ai ressenti, derrière les horribles événements qu’ils évoquent, les horreurs qu’ils ont fait et vues, une sorte d’humanité en eux. Pour le vétéran du Vietnam, pour lequel c’est encore frais, la digestion et l’acception ne sont pas encore faites. Il a besoin d’exorciser et de trouver une forme de pardon. Mais pour le pilote allemand, ce qui ressort est assez frappant (surtout quand on lit cela avec un esprit français, même avec le recul que je peux avoir sur tout cela … le recul qu’évoque Pratt, d’ailleurs, comme je le précise juste après). Et je n’aurais pas cru dès les premières parties, qui sont assez classique, avec des bagarres d’avion dans les airs. Et en fait, assez rapidement, le côté humanisme ressort et explose à la fin. Il n’y pas de manichéisme chez Pratt, dans un sens comme dans l’autre. Les soldats sont ceux qui subissent les décisions prises en haut lieu. Quelque soit leur bord, ils sont pareils. Il ressort également une certaine humilité de la part du Baron Rouge, vis-à-vis de ce qu’ont pu vivre ceux qui était au sol. Pratt ne glorifie personne, mais humanise ces soldats, qu’ils soient sous terre ou dans l’air (l’opposition est frappante).
J’ai été impressionné par les anecdotes créées par Pratt, par son acuité psychologique qui me semble assez réaliste. Et en allant voir ses très longs remerciements en fin d’album, j’ai compris. Ici, ils ne sont pas inutiles. On comprend (et on la salue) la démarche de l’auteur, et la volonté de justesse en tout point (il a même été dans un biplane, visiblement).
Souvent, quand on parle de George Pratt, on pense à ses BD en peinture, ses magnifiques planches. Je redécouvre (parce que j’avais lu Netsuke et Harvest Breed) l’auteur, qui ici, m’impressionne totalement. J’aurais lu cela en étant plus jeune, je ne sais pas si j’aurais ressenti tout cela. Là, je suis bluffé, tout simplement. Je comprends les nombreux prix, la référence qu’a pu être cette BD à West Point. Je ne sais pas si c’est le fait de mettre en avant un pilote allemand qui fait que cette BD ne semble pas avoir bien fonctionné en France. En tout cas, près de 20 ans entre deux publications, la dernière datant déjà de 13 ans … et on ne voit rien venir. Pourtant, elle mériterait un plus bel écrin, une meilleure mise en avant (je trouve que la couverture ne ressort pas bien dans l’édition de Panini - ici, le scan l’éclaircit - là où celle de Comics USA, alors que c’est la même , le fait mieux).
Je la connaissais de réputation, et si j’ai peut être mis 10 ans la sortir de ma biblio, je suis bien content de l’avoir lu aujourd’hui. Aujourd’hui, je ne suis pas fan de l’utilisation du mot incontournable, mais parmi les comic book de guerre, celui-ci prend une bonne position dans mon classement personnel.

@Nikolavitch : c’est toi qui a choisi le sous-titre ? Il fallait quelque chose qui tranche avec celui choisi par Comics USA ?
j’ai proposé le titre. de toute façon, ni comics USA ni moi n’avions trouvé de traduction directe du titre original qui fonctionnât en français.
Mais celui choisi est plein de sens ![]()
SLOTH - LES PARESSEUX

Gros (ah oui, c’est vrai que ce mot est interdit) fan des Hernandez Bros, je ne pouvais rater la sortie de cet album, du temps où Panini avait les droits DC.
ça ne l’a pas empêché de se retrouver sur la tour Vertigo, au milieu des autres albums (qui aime bien, châtie bien, hein …)
J’ai bien fait d’attendre un peu, en fait (bon, un peu beaucoup, certes). Parce que comme je trouve Palomar plus terre à terre que Locas, qui a un grain de folie assez loufoque et surréaliste, j’aurais été très surpris à l’époque de lire Sloth, qui ne me semble pas être de l’univers de Palomar.
Cela dit, on retrouve quand même quelques caractéristiques hispaniques. Les prénoms, une citronneraie, … et puis un style narratif quand même. Des jeunes qui naviguent entre eux, qui se causent, qui couchent, qui vivent, … des histoires de familles, du rock, … au delà du style graphique reconnaissable dès la couverture, on reste en univers connu.
En revanche, l’histoire… déjà, ça démarre pas de manière très gai. Les jeunes s’ennuient donc se suicide … ou se suicide par ennui, au choix. Sauf Miguel, qui décide de passer un an volontairement dans le coma. Quand il ressort, il est le célèbre comateux, sans séquelles, sauf que ses fonctions motrices sont ralenties (c’est dit, mais on ne le voit que peu dans la BD, en fait).
Donc, il retrouve sa petite amie, son groupe de rock … on voit bien que ce qu’il a vécu l’a fait changer, qu’il se pose des questions sur ce qu’il s’est passé pendant cette année.
Parallèlement, il y a un mystère au niveau de citronneraie … des histoires de meurtres, d’homme-bouc, qui attirent forcément nos jeunes. A mi-BD, je ne sais pas trop où va aller l’histoire, mais je suis donc curieux. Fable adolescente ou thriller … eh bien … peut être bien la fable adolescente, parce qu’à partir de ce moment-là, Hernandez renverse complètement la table de manière aussi surprenante qu’inattendue. Et je ne sais pas trop quoi en penser, en fait. j’aurais aimé lire une analyse du bouquin (j’en ai trouvé qu’une de valable).
J’ai remis un peu le nez dedans ce soir, relu des passages charnières. C’est déroutant parce que je ne m’attendais pas à ça, et parce qu’il y a de la métaphore, sur l’ado, sa vie, ses angoisses, ses rêves … en tout cas, Miguel m’a un peu rappeler le Peter Parker des débuts, au niveau de sa famille.
Donc, je ne sais pas si j’ai aimé. Sur l’animation, le graphisme, … pas de problème. Sur le sujet, j’ai plus de doute. Mais c’est souvent le cas pour moi, quand je doute du message ou du sujet d’une histoire.
PS : cette fois, pas de Nikolavicth au générique. Les ados trop polis, c’est pas pour lui.
Glenn Fabry’s painted cover for Vertigo Jam #1 (1993)
“We see the Sandman AKA Dream of the Endless and Kid Eternity standing on the balcony. To their left is an illustration of the Golden Age Sandman, who was featured in Vertigo’s late 1930’s based Sandman Mystery Theater. Around the table sit John Constantine, Buddy (Animal Man) Baker and Shade the Changing Man. In the window of the flower store is Swamp Thing. Walking arm in arm are the Doom Patrol’s Robot Man and Dorothy Spinner. Brother Power the Geek even appears in the background strolling under the ‘Brew and Burger’ sign.”
Oooh, classe.
SILVERFISH
Après, entre autres, son célèbre Stray Bullets, après son travail sur Detective Comics, David Lapham a lancé en 2007 chez Vertigo un gros comic book de 150 pages (enfin, j’ai l’impression que ce n’est pas sorti en fascicule classique), une sorte de thriller noir qu’il réalisa intégralement seul.
Deux frangines restent seules à la maison avec la copine de la plus grande, et le petit copain de celle-ci, pendant que leur père et leur belle-mère (que l’aînée ne supporte pas) partent en week-end à la campagne.
Les adolescents vont fouiner dans les affaires de la jeune belle-mère et vont chercher à découvrir ce qu’elle cache à travers les notes dans sa calepin. Ce qui devait un amusement, une bêtise d’ado, va se transformer en soirée de peur, de violence et de sang.
Je ne me suis pas vraiment ennuyé à la lecture de cette histoire qui fait quand même un peu grimper l’adrénaline, au moins pour le devenir des deux soeurs, au fil des pages. Le scénario n’est pas original, il fait thriller du dimanche soir, et puis Lapham nous a un peu habitué à ce genre de récit. Pour les besoins du scénario, il le situe à la fin des années 80 (disons que les portables, ça change la donne dorénavant) et hormis le prélude et les quelques pages présentant les « héroïnes » et leur environnement, toute l’histoire va se dérouler sur une petite journée et la nuit. Et ça va être bien dense, tellement, qu’à un moment donné, même si ça termine tard dans la nuit (ou très tôt le lendemain), je me suis demandé si la temporalité était réaliste. Cela étant, on sent bien que Lapham va mettre en avant le caractère fou et impulsif du tueur.
Le prélude laisse un peu de doute au début, mais rapidement, on devine les rouages, par petites touches, et sans que l’arrivée progressive des infos concernant le passé nuise à au déroulé. ça monte bien en pression (du moins pour moi) et celle-ci dure bien la moitié de l’album. On sent qu’il va se passer quelque, indéniablement.
Après, j’avoue que le côté « silverfish » m’est un peu tombé des mains, je ne trouve qu’il ait un quelconque intérêt, ni même une utilité dans l’histoire. La « justification » de la folie me parait insignifiante. Je me suis demandé si l’auteur ne s’était pas tapé une intoxication avec du poisson avant l’écriture du scénario.
Le dessin m’a beaucoup plu. J’avoue que j’avais oublié le style de Lapham, et la précision de son trait, un peu rond, rend les pages très jolies, presque douces comparativement à ce qui s’y passe. Les perso vivent et s’expriment, il y a du mouvement et de l’énergie, même les phases arrêtées semblent animées. Le dessin est clairement le pint fort de l’album, d’autant plus avec le choix du noir&blanc, agrémenté de gris.
Un joli thriller plutôt bien ficelé, dans lequel on ne s’ennuie pas, même s’il reste assez classique.
PS : c’est encore Monsieur @Nikolavitch à la trad. Et je me demande s’il a adapté la chanson du début, de manière à ce que le « son » parle bien aux français, qu’il agrippe un réflexe auditif.
je me souviens plus de comment j’avais fait. faut que je regarde.











