IN MEMORIAM - COMICS

Ah…désolé, on a posté en même temps, Fred…

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Les deux posts sont appréciés.

Farpaitement.
Et c’est très triste, comme nouvelle : je connaissais mal son boulot, à part ce qui a été cité plus haut, et une floppée de chouettes couvertures, et j’appréciais vraiment beaucoup.

Jim

Pareil que Jim. De très belles couvertures.

Notre hommage à Steve Lightle sur Superpouvoir.com

Dessinateur emblématique de la Legion of Super-Heroes , Steve Lightle vient de nous quitter subitement des suites du COVID-19.

Steve Lightle (Free State Comicon)

LES DÉBUTS DANS LE FANZINAT

Né le 19 novembre 1959, dans l’état du Kansas, Steve Lightle est le dernier des quatre enfants d’une famille ouvrière. Il a appris à aimer les comic-books grâce à son frère, Sherman , son aîné de neuf années. Celui-ci avait toujours un carton rempli de numéros de Fantastic Four , Doom Patrol ou encore Flash qui forgèrent les goûts du jeune Steve . C’est pourtant un de ses petits camarades qui le familiarisera à la Legion of Super-Heroes qui devinrent ses personnages préférés. Ses premiers dessins seront d’ailleurs consacrés à ce groupe de super-héros et orneront même sa table de classe dès l’âge de huit ans.

Bien décidé à faire carrière, il se lance dans le fanzinat avec The Power Masters . « Quand j’ai eu 15 ans » , se souvient-il, « j’ai décidé que je devais publier mes premiers travaux moi-même puisque DC , Marvel et Charlton ne m’engageaient pas pour écrire et dessiner leurs bouquins. J’ai donc réussi à réunir assez d’argent pour me lancer dans le fanzinat. Au début, je ne voyais pas ça comme du fanzinat, mais plutôt comme du comics indépendant (…) Et j’ai découvert que d’autres comme Tim Corrigan , Jerry Ordway et Bill Black faisaient la même chose que moi et qu’ils appelaient ça des fanzines. Bien sûr, j’ai été déçu par cette découverte qui ne faisait pas de moi le premier petit malin qui « court-circuitait le système », mais qui me faisait rejoindre les rangs des prétendants, un peu à la manière de la Légion des Héros Remplaçants . »

Couverture de Power Masters #1 par Steve Lightle (Worthpoint)

BIENVENUE DANS LA LÉGION !

Diplômé du Johnson County Community College, Lightle prend en charge le département publicitaire d’une petite firme et se marie. Il garde cependant un goût prononcé pour la BD. Ces contacts avec le fanzinat lui permettent de travailler pour AC Comics , la petite maison d’édition de Bill Black , où il signe illustrations et couvertures. Il envoie également un échantillon de son travail à DC Comics . Il a alors la surprise d’être contacté par le responsable éditorial et coordinateur artistique Sal Amendola, qui se montre intéressé par ses dessins. Il lui offre l’opportunité de participer à la revue New Talent Showcase qui permet de mettre à l’œuvre de nouveaux talents. Avec le scénariste Rich Margopoulos, il anime un serial en trois parties ( New Talent Showcase #4-6 , avril-juin 1984) consacré à un personnage de leur cru, Ekko , qui n’aura pas une grande postérité.

Couverture de Bolt Special #1 par Steve Lightle (AC Comics)

Après un passage rapide sur Batman and the Outsiders (#10, mai 1984) et deux numéros de World’s Finest ( #304, 306, juin, août 1984), il est bombardé aux dessins de la série Legion of Super-Heroes . Impressionnée par le dessinateur, la responsable éditoriale de New Talent Showcase , Karen Berger , l’a choisi pour succéder à Keith Giffen sur cet autre titre dont elle a la charge et qui vient de passer au format Baxter (un format plus luxueux et réservé au marché des librairies spécialisées). Il a ainsi l’occasion d’illustrer un moment fort de la vie du groupe, la mort de Karaté Kid , mais aussi de créer de nouveaux personnages comme Quislet et Tellus , qui ont la particularité de s’éloigner de la tradition très antropomorphiste de la Légion .

Son style très réaliste, très détaillé, hyper-précis, notamment dans la gestion des ombres, tranche avec celui de son prédécesseur, mais fait merveille auprès des lecteurs. Ces qualités se révéleront aussi une faiblesse : l’artiste a du mal à suivre le rythme d’une production mensuelle à une époque où on est encore très à cheval sur la régularité des dessinateurs. Son run est certes court (une douzaine de numéros), mais marque les lecteurs d’autant que même après son départ des pages intérieures, il reste l’illustrateur des couvertures, imposant sa vision de la Légion ( Legion of Super-Heroes #3-5, 7-10, 12-14, 16, 23 , octobre 1984-juin 1986).

Couverture de Tales of the Legion of Super-Heroes #342 par Steve Lightle (DC Comics).

LA RARETÉ FAIT (SOUVENT) LA VALEUR

La suite de sa carrière tiendra compte de sa lenteur d’exécution puisqu’il enchaînera les projets ponctuels. Des histoires courtes pour la série des Outsiders ( Outsiders #2-3 , déc. 1985-jan. 1986), une participation au numéro 400 de Batman (octobre 1986), la conclusion de la série-cadavre exquis DC Challenge (#12, octobre 1986)… Seul écart pour le lancement de la nouvelle série Doom Patrol , équipe dont il est fan, puisqu’il en signera les cinq premiers numéros.

C’est ensuite vers Marvel Comics qu’il se tourna. Il se souvient que lorsqu’il glissa à Archie Goodwin que son contrat d’exclusivité chez DC se terminait, il reçut pas moins de sept appels téléphoniques de responsables éditoriaux marveliens dans la foulée ! Il choisit Bob Harras et le bureau des titres X-Men . Il illustre un numéro d’ X-Factor (#32, septembre 1988) et devient le cover artist de la série Classic X-Men à partir du numéro 30 (février 1989).

Couverture de Classic X-Men #35 par Steve Lightle (Marvel Comics)

Là encore, il se limite à des travaux courts et ponctuels comme des morceaux du spécial Excalibur: XX Crossing (mai 1992), les épisodes « Infinity War » de Quasar (#39-40, octobre-novembre 1992), Web of Spider-Man Super Special #1 (octobre 1995), Amazing Spider-Man ’96 (octobre 1996) et tout un tas de couvertures pour Power Pack , Conan the Barbarian , Avengers Spotlight et Marvel Comics Presents . C’est dans cette dernière revue qu’il s’investira le plus. Avec la scénariste Ann Nocenti , il pense et illustre plusieurs serials consacrés à Typhoïd Mary , où elle fait équipe avec différents héros comme Wolverine ou Ghost Rider ( MCP #109-116, 123-130, 150 , juillet-octobre 1992, février-juin 1993, mars 1994). À cette occasion, son épouse Marianne assure la colorisation de ses planches. Le couple aura deux enfants, Matthew , en 1986, et Nina , en 1994.

Il revient ensuite chez DC . Là encore, on lui confie des missions succinctes comme des histoires courtes pour les 80-Page Giant ou des contrats de couvertures. Il entame une belle suite de couvertures sur The Flash ( Flash #130-163 , octobre 1997-août 2000), qu’il a dédié à son frère Sherman , qui lui a fait aimer les comic-books et grand fan du rapide écarlate.

Couverture de The Flash #131 par Steve Lightle (DC Comics).

RETOUR AUX SOURCES

À la charnière des années 90 et 2000, il participe à l’éphémère aventure Cross Plains Comics , petit éditeur indépendant spécialisé dans l’adaptation des œuvres de Robert E. Howard . Il ainsi pu travailler sur Red Sonja: A Death in Scarlet et Robert E. Howard’s Horror .

Extrait de Red Sonja: A Death in Scarlet par Steve Lightle (Cross Plains Comics).

Chez DC , il reviendra même à plusieurs reprises sur la Légion ( Legion #24, 34 , novembre 2003, août 2004 ; Legion of Super-Heroes #8 , juin 2012), marquant son retour sur la série emblématique qui l’a fait connaître. Il dessinera finalement un épisode complet de Flash (#225, novembre 2005), écrit par Stuart Immonem et son épouse Kathryn Kuder .

Tout au long de sa carrière, il aura également continué de dessiner dans le domaine de la publicité, notamment pour General Motors ou des boîtes de jeux vidéo. À partir de 2001, il tenta également de faire vivre quelques créations personnelles comme Justin Zane , Peking Tom ou Catrina Fellina , au travers de sa propre structure, Lunatick Press .

Le 08 janvier, sur la page Facebook de l’auteur, son fils Matthew annonçait le décès de son père d’un arrêt cardiaque suite à la contraction de la COVID-19. Son épouse Marianne confirmait la nouvelle quelques heures plus tard. Les hommages qui ont suivi ont tous parlé d’un formidable professionnel, inspirant pour beaucoup d’artistes et d’un homme jovial et proche de sa famille.

Steve Lightle par Bill Sienkiewicz (Facebook)

Peu évoqué, le décès de la coloriste Liz Berube qui a fait les beaux jours d’Archie Comics, DC Comics et Continuity entre les années 60 et 80.

Si vous lisez ou avez lu régulièrement des comics DC des années 70 et 80, vous avez forcément croisé son nom. Liz Berube a en effet été une coloriste particulièrement prolifique de cette époque. Elle ne fut cependant pas que coloriste, mais a aussi eu une importante carrière d’illustratrice à une époque où il était plutôt rare qu’une femme tiennent un crayon. Elle vient de nous quitter récemment.

UNE ENFANCE NEW-YORKAISE

Née Elizabeth Ann Safian le 7 janvier 1943, à New York, dans le quartier de Brooklyn, elle se souvient avoir toujours dessiné, que ce soit sur les murs de du logis familial, à 3 ans ou dans les pages du carnet de croquis qu’elle emportait avec elle dans les transports en commun. C’est sa mère, qui dessine également, qui lui donne le goût de cette activité. Elle dit alors avoir été grandement influencée par Winsor McCay , le strip Pogo de Walt Kelly et, surtout, elle se passionne pour l’Art Nouveau et Alfons Mucha .

C’est au lycée Martin Van Buren, dans le Queens, qu’elle passe sa scolarité. Elle y est diplômée en 1959 (à l’âge de 16 ans) et entre à l’école des Arts Visuels de New York, au grand dam de ses parents, qui ne croient pas qu’elle puisse faire carrière dans le domaine artistique. Elle se souvient d’une ambiance très bohème où les étudiants passaient leur temps à boire du café et à se dessiner entre eux.

Liz Safian en 1961.

ÉVITER LES PIÈGES DES DÉBUTS

Elle quitte l’école en 1961. En plus d’un emploi alimentaire comme réceptionniste, elle entre dans la maison d’édition Archie Comics . Au côté du responsable éditorial Victor Gorelick , elle apprend le métier d’éditrice et de coloriste. En dehors, elle apprend également à éviter les « promotions canapés » , comme avec cet éditeur de Dell qui lui promet tout un numéro de 80 pages à coloriser à condition de prendre un verre avec lui ou ses trois agents artistiques successifs, plus intéressés par la mettre dans leur lit que par ses dessins.

Elle rencontre néanmoins d’autre gens mieux attentionnés. Notamment Jack Adler , responsable de la production chez DC Comics , qui, impressionné par ses talents de coloriste, l’engage immédiatement. Efficace et très respectueuse des délais, Liz Safian s’impose rapidement. Jack ne tarit pas d’éloges sur la jeune femme et répète à qui veut l’entendre: « Si vous en avez besoin il y a deux semaines, demandez à Liz « .

Cette couverture d’un épisode d’Archie de 1962 a pu être colorisé par Elizabeth Safian. Difficile à dire car, à l’époque, les coloristes ne sont pas crédités et font partie des ateliers anonymes de production des éditeurs. Couverture d’Archie #131 (Archie Comics, 1962)

KAREN

En 1965, elle donne naissance à son fils, David . Elle se retrouve alors dans la situation de mère-célibataire. Heureusement, sur le plan professionnel, elle a enfin trouvé un agent digne de confiance qui, en 1967, propose un projet de strips de presse quotidiens à l’agence Newsday Syndicate , mettant en scène une jeune femme de son temps. Le responsable Bill Moyers soumet les dessins de Safian à sa fille de 15 ans qui est enthousiaste à leurs égards. Moyers achète donc le strip . En hommage à sa « marraine » , Elizabeth donne le prénom de la fille de Moyers , Karen , à son strip .

Celui-ci durera jusqu’en 1969 et sera présent dans une quarantaine de quotidiens à son pic de popularité. Elle y dépeint les déboires légers d’une adolescente et de ses amis, captant l’air du temps à travers la mode, la musique et les fêtes. Dans son graphisme, il y a comme un petit air de Kiraz et ses « Parisiennes » avec ses jeunes femmes filiformes, aux jambes interminables et aux grands yeux expressifs.

Extrait du strip « Karen » par Elizabeth Safian .

LA CHANCE PERDUE DES ROMANCE COMICS ?

Safian en profite pour placer des planches dans les comic-books romantiques de DC Comics . Elle livre des histoires, mais aussi tout un tas de pages de compléments (sommaires, horoscopes, comment être belle pour pas cher) pour les revues Girls Love Dates , Heart Trobs , Young Romance , Young Love … C’est à l’époque la seule femme dessinatrice de DC Comics . Cependant, le genre des romance comics , créé par Joe Simon et Jack Kirby à la fin des années 40, est en perdition. Le graphisme moderne de Safian , qui importe le style des magazines de mode style Vogue ou Cosmopolitan , impressionne et on lui propose le poste de responsable éditorial de la gamme avec l’espoir qu’elle revitalise la ligne.

Elizabeth refuse le poste cependant. « J’avais plusieurs raisons pour ne pas le faire. La première, et j’en suis honteuse, mais je suis honnête, c’est que je ne savais pas si j’aurais été capable de gérer « les gars », en étant la seule femme dans le bureau et ne sachant pas ce qu’était l’édition. La deuxième raison est que je ne voulais pas mettre mon fils dans une de ses écoles maternelles qui avaient mauvaise réputation à l’époque. C’était au tout début des années 70, il y avait de sales histoires à cette époque. C’était plus confortable de travailler à la maison. » On se plait à imaginer ce qui ce serait passer si Elizabeth avait accepter. Aurait-elle réussi à sauver un genre tombé en désuétude ? Qui sait. Toujours est-il que DC , face à ce refus, décide de lâcher l’affaire et arrête tous les titres de sa gamme romantique.

« Kiss me, but only in my Dreams ! », extrait de Girl’s Love Story #149. Écrit par Robert Kanigher, illustré par Elizabeth Safian (DC Comics, février 1970).

« COLORIST: LIZ BERUBE »

Sans débouchés, Liz se concentre sur la colorisation. En 1974, elle se marie avec Daniel Berube , dont elle prend le nom. C’est pourquoi lorsque DC crédite enfin les coloristes courant 1976, elle apparaît sous le nom de Liz Berube . Son nom apparaitra ainsi sur des centaines d’épisodes de DC comme Black Lightning , Adventure Comics , Aquaman , Warlord , House of Mystery , Infinity Inc , The Vigilante , etc. Elle restera chez DC jusqu’en 1988. En parallèle, elle intègre Continuity Comics , la maison d’édition de Neal et Cory Adams , où elle colorise Ms. Mystic . Durant le courant des années 80, Liz divorce de Daniel Berube et cherche à retrouver son nom de jeune fille, mais le pli est pris et les lettreurs continuent de l’inscrire comme Liz Berube .

Extrait d’Adventure Comics #450 (DC Comics, mars 1977)

L’après- comics sera essentiellement consacré à l’illustration de livres pour enfants et de dessins commerciaux. En 1999, elle quitte New York pour l’Oregon, puis s’installe en Arizona. En 2017, elle doit subir une opération chirurgicale de la hanche et du fémur qui lui impose une convalescence de deux ans. Grâce à l’organisation Hero Initiative qui aide les artistes dans le besoin, elle a pu rester à son domicile à Scottsdale. Malheureusement, c’est là qu’elle s’est éteinte le 15 janvier dernier.

Sources : Wikipedia, Nerdteam30, Sequential Crush

J’ai beaucoup croisé son nom récemment, dans mes lectures d’aventures de Wonder Woman.

Jim

Elle a était sur toutes les séries de l’époque, j’ai l’impression. Elle était apparemment considéré comme efficace et capable de tenir les deadlines. L’un de ses interviewers l’a surnommé la « Vince Colletta des coloristes ». Rapport à sa ponctualité, hein, pas à son talent.

Décès, le 7 février dernier, du dessinateur underground S. Clay Wilson :

Jim

Le 7, en fait (c’est l’article que tu mets en lien qui date du 11).
Les dix dernières années de sa vie, il était sacrément diminué, quand même.

Tori.

Corrigé.

Jim

Si Spencer est décédé il y a trois jours…

Son nom me parle, mais je n’ai trouvé que ça qui soit sorti en français :

Tori.

Peut-être par proximité sonore avec Si Spurrier et/ou Nick Spencer ?

Je crois que la seule chose que j’ai lu de lui, c’était Slash & Burn, un thriller avec pompière pyromane et un des bons titres de la tentative de relance Vertigo de 2015.

Il a commencé sur le marché britannique, notamment dans la revue Crisis. Il a écrit Books of Magic: Life During Wartime (je sais que j’en ai lu, mais je n’en garde pas de souvenir précis). Il a aussi écrit pour la télévision anglaise. Mais je crois que sa production américaine n’est pas assez copieuse pour qu’il ait marqué les esprits des lecteurs au même titre que certains de ses compatriotes.

Jim

Il avait commencé sa carrière à la fin des années 40 en dessinant des romance comics puis de nombreux comic-strips. Et c’est son travail sur la série Red Sonja de Marvel dans les années 70 qui l’a rendu célèbre.

Frank Thorne nous a quittés à l’âge de 90 ans.

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Eternel à mes yeux avec sa Red Sonja dans le Marvel Team up avec Spidey (c’était bien là-dedans ? J’ai pas vérifié)

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(la classe, quand même)

Je ne me souviens plus d’où était publiée cette photo. Peut-être, ouais, sais plus…
(l’épisode dans Team-Up était dessiné par Byrne, l’un de ses plus beaux épisodes)

Frank Thorne, c’est aussi Ghita

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… et Ribit.

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Jim

J’ai vu ça, ouais. Dis, Monsieur Neofelis, si tu passes par là …

Son épouse l’a suivi de quelques heures…

Tori.

oh la vache. C’est à la fois triste et beau.