INVASION OF THE SAUCER-MEN (Edward L. Cahn)

REALISATEUR

Edward L. Cahn

SCENARISTE

Robert J. Gurney Jr et Al Martin, d’après une histoire de Paul W. Fairman

DISTRIBUTION

Steven Terrell, Gloria Castillo, Frank Gorshin, Lyn Osborn…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction/comédie
Année de production : 1957

Après avoir passé près de 20 ans à réaliser des courts-métrages pour le compte de la MGM, le réalisateur Edward L. Cahn finit par se faire un nom dans les années 50 en surfant sur toutes les tendances du cinéma bis à (tout) petit budget, le plus souvent pour le compte de la société de production de Samuel Z. Arkoff et James Nicholson, American International Pictures : films d’ados (Runaways Daughters), films de prison (Girls in prison, Riot in juvenile prison), films de bikers (Motorcycle Gang), westerns (Oklahoma Territory) et bien entendu l’horreur et la S.F. avec des titres comme Le Tueur au cerveau atomique, Voodoo Man, The She-Creature, It ! The Terror from Beyond Space et Invasion of the Saucer-Men.
Très prolifique dans sa deuxième partie de carrière, Edward L. Cahn enchaîna entre 5 et 10 films par an et signa une version estampillée série B de La Belle et la Bête avant son décès en 1963.

Invasion of the saucer-men fut l’un des 5 longs métrages réalisés par Edward L. Cahn en 1957. Le scénario reprend un schéma très classique et fréquemment utilisé dans un très grand nombre de bisseries S.F. de l’époque, avec un décor de petite ville bucolique, un jeune couple témoin de l’arrivée des extra-terrestres (ils en écrasent même un avec leur voiture) et qui doit faire face à l’incrédulité des autorités, ainsi qu’une poignée de militaires qui tentent d’étouffer l’affaire.

Mais alors que l’histoire devait à l’origine être traitée sur un ton sérieux, les producteurs ont finalement décidé d’orienter le film vers la comédie après avoir vu les premiers rushes. Et c’est ainsi que le Invasion of the saucer-men est devenu, inconsciemment ou pas, ce que les américains appellent un “Booze Movie”…un film de picole.

Les deux personnages adultes principaux, des commerciaux/arnaqueurs itinérants (dont Frank Gorshin, le futur Riddler de la série TV Batman), sont imbibés dès la première scène; les jeunes qui se rendent au “Rendez-vous des amoureux” local passent autant de temps à se bécoter qu’à écluser des bières; la vache du fermier voisin vient mettre son mufle dans les cadavres de binouzes pour avoir sa dose…et les extra-terrestres se servent de leurs griffes pour injecter de l’alcool dans l’organisme de leurs victimes et les “saouler à mort”.

Ces extra-terrestres sont l’oeuvre de Paul Blaisdell, peintre, sculpteur et créateur d’effets spéciaux qui avait la réputation de travailler vite et pour pas cher, ce qui explique l’apparence souvent très figée de ses créations, devenues cultes avec les années (comme le Vénusien de It conquered the world et l’arbre tueur de From Hell it came). Ainsi les Saucer Men serviront notamment d’inspiration pour le personnage de Morbo du dessin animé Futurama.

Le matériel promotionnel de Invasion of the saucer men a dévoilé le look des aliens dans les grandes largeurs…et pourtant, ils n’apparaissent à l’écran qu’une poignée de minutes, le réalisateur jouant principalement sur la suggestion afin de délayer la révélation du point faible des têtes de chous (il faut dire aussi que l’intrigue se déroule le temps d’une seule nuit et il est souvent difficile de discerner ce qui se passe pendant les scènes d’attaque).
Cette petite pelloche est globalement de mauvaise qualité et l’interprétation est indigeste (je sauve tout de même Frank Gorshin et Lyn Osborn qui composent de sympathiques poivrots)…mais il y a peu de temps morts et les aspects les plus saugrenus de l’ensemble, comme la vache alcoolique (meuh ! hic !), en font un nanar gentiment divertissant.

gorshin
Et un dernier pour la route !