KILLING JOKE (Alan Moore / Brian Bolland)

Je suis. Il est le mélange de tous les jokers vu ailleurs.

En tout cas, Nicholson a de bien meilleures répliques.

Jim

Moi je pense qu’il y a un parti pris, probablement inconscient, même dans l’inconscient collectif. Les gens disent qu’Hedger est bon parce qu’il est décédé. Pour moi, il fait un psychopathe, mais pas le Joker. Mais ça vient aussi de l’écriture de son perso. Nolan a sa part de responsabilité.
Je préfère Nicholson également.

Moi je trouve qu’il délivre une version du Joker.

Oui effectivement j’avais lu, je pense dans un Comic Box que Nolan s’est principalement basé sur les premières apparitions du Joker et non sur celui que l’on a l’habitude de voir, je pense notamment aux Batman TAS.
Après c’est une version, mais c’est pas la meilleure pour ma part.

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Killing joke édition limitée

Le Joker s’est à nouveau échappé de l’asile d’Arkham.

Il a cette fois pour objectif de prouver la capacité de n’importe quel être humain de sombrer dans la folie après un traumatisme. Pour sa démonstration, il capture le commissaire GORDON et le soumet aux pires tortures que l’on puisse imaginer, à commencer par s’attaquer à sa chère fille, Barbara Gordon.
– Contenu : Batman — The Killing Joke Deluxe Edition

INFOS

SCÉNARISTE : MOORE ALAN - DESSINATEUR : BOLLAND BRIAN
  • Public : 15+
  • Collection : DC Deluxe
  • Date de sortie : 27 septembre 2019
  • Pagination : 328 pages
  • EAN : 9791026814245
  • Contenu vo : Absolute + script complet d’Alan Moore
    Prix : 28 EUR

La disparition d’une filière kiosque très bon marché, au profit d’un circuit librairie plus cher m’a fait sérieusement réduire mes achats. Et m’a fait me tourner vers des dépenses beaucoup plus ciblés, mais pas moins onéreuses. C’est même paradoxalement l’inverse. Cependant, le budget que je m’alloue rééquilibre mes achats vers une décroissance quantitative significative, une démarche de quasi collectionneur quand bien même c’est uniquement le plaisir de lire qui me motive encore.

Si je n’apprécie pas beaucoup les « gros pavé » d’Urban Comics, notamment à cause des marges de reliure insuffisantes, et d’une ergonomie douteuse ; qui me laisse penser que leur production est plus destinée à des architectes d’intérieur qu’à des amateurs de lecture, surgit parfois un ouvrage qui me fait oublier mes récriminations et ouvrir mon porte-monnaie.

Ainsi pour la somme, fixée par la loi, de 28 €, j’ai acquis le magnifique ouvrage dont Le Doc nous détaille le pedigree ci-dessus. (j’en profite pour te remercier de tout le travail que tu abats sur le forum amigo, lequel n’aurait pas la vigueur qu’il a sans toi)

La présence, au copieux sommaire, du scénario de Moore, traduit par Jérôme Wicky en plus, est ce qui m’a décidé à me procurer cette dernière édition en date. Et après en avoir lu quelques pages, je ne le regrette pas.
Alan Moore est en effet plus dans le registre de l’épistolaire (comme souvent), que dans la mise en page, souvent austère, du scénario formaté. Et le découvrir sous la forme envoyée à Bolland est un plaisir supplémentaire, quand bien même connait-on déjà l’intrigue de Killing Joke.

Cela dit, la partie purement artistique n’est pas en reste. Et Brian Bolland est aussi à l’honneur, le contraire aurait d’ailleurs été étonnant.

Je ne connaissais sa colorisation de 2008 que par ouï-dire, et ce que j’en ai vu pour l’instant, rapidement, est magnifique. Tout comme celle de John Higgins d’ailleurs, mais dans un autre registre ; que j’avais découverte avec l’achat de la l’édition de Comics U.S.A.
Bref, il y de quoi contenter les lecteurs purs et durs, et quiconque s’intéresse aux coulisses de la bande dessinée.

Killing Joke est en outre une histoire que j’aime beaucoup, contrairement à son scénariste semble-t-il, mais que je n’ai pas relue depuis longtemps.
Ça va être l’occasion de m’y replonger.

Et vous ?

Perso je t’avoue que j’ai beaucoup de mal avec ce genre d’édition qui grossit articiellement leur pavé en proposant X fois la même histoire avec des variations différentes. Mais au moins celle ci rend honneur à John Higgins, pas assez respecté aujourd’hui à mon gout. Et c’est déjà pas mal.
Dans mon cas, comme j’ai déjà le récit je ne l’ai pas pris mais de ce que j’ai vu c’est une édition plutot sympathique effectivement (j’avais même l’impression que le bouquin était plus robuste, c’est dire…)

Comme toi, j’ai drastiquement réduit mes achats. Donc ayant la 1ère édition de « Comics USA », il est hors de question de racheter ce type de doublons artificiel.

Et merci à toi, ça fait toujours plaisir.
Perso, j’ai Killing Joke dans une édition que je ne trouve pas excellente (un recueil Batman dans un format moins grand que celui des comics). Et donc ce comic-book fait partie des ces histoires que j’ai mais que je rachèterai bien dans une belle édition…et ça sera peut-être celle-ci, je verrai bien (et pour reprendre l’exemple d’une autre BD d’Alan Moore souvent rééditée et dont on parlait dans un autre sujet, j’ai Watchmen dans l’édition Delcourt et celle-ci me convient très bien)…

Certes, artificiel, mais le scénario de Moore vaut, pour moi, largement, la dépense.

Comme je le disais, son style fait qu’on lit quelque chose d’original par rapport à la BD elle-même.
Bon je n’ai pas sous les yeux la version de Comics USA, elle est dans un carton, mais celle d’Urban bénéficie d’une très belle impression.
Il y a en outre des planche de Bolland, certaines avant encrage, d’autres encrées, des croquis préliminaires de planches, l’histoire courte « Un parfait innocent », du matériel promotionnel, un texte de John Higgins, une introduction de Tim sale, et deux ou trois autres petites choses.

Bref ne manque que la planche censurée par DC Comics pour être exhaustif. Du moins, façon de parler.

Reste qu’on est pas obligé de se laisser tenter, bien sûr. [-_ô]

Je n’ai jamais compris le rejet de Moore par rapport à ce récit en particulier. Personnellement, j’en suis très fan…
Si ma mémoire est bonne, Alan Moore avait l’impression avec « Killing Joke » de ne rien dire de spécialement intéressant sur la condition humaine, entre un clown criminel et un justicier déguisé en chauve-souris. Un point de vue étonnant : je trouve le récit bien plus riche que la plupart des histoires du « bas du panier » de Moore (un bas du panier déjà bien plus intéressant que la bibliographie complète de bien des auteurs, entendons-nous bien).

J’en reste moi aussi à ma vieille édition Comics USA, que j’avais découverte et lue, estomaqué, à l’âge de 13 ans.

Tiens, j’ignore si quelqu’un a des infos à ce sujet, mais ça m’intéresse : Jaz Coleman, chanteur emblématique au sein du groupe… Killing Joke, a toujours clamé que la BD de Moore et Bolland était un hommage à sa formation, et que c’était des auteurs eux-mêmes qu’il le tenait.
Si je ne doute pas que Moore, au vu de son background, soit intéressé par la musique de Killing Joke, je me méfie aussi un peu des dires de ce gros baratineur (mais non moins attachant) de Jaz Coleman.
Personne n’aurait d’infos à ce sujet, issues des bonus de l’une ou l’autre des éditions par exemple ?

Sachant que sur scène, Coleman peut avoir cette tête-là…

https://media.gettyimages.com/photos/singer-and-musician-jaz-coleman-of-english-postpunk-rock-band-killing-picture-id74227259

C’est tentant ! :wink:

J’avais entendu cette rumeur aussi mais je n’ai jamais trouvé aucune interview, ni preuve… Comme toi, ma confiance en Jaz Coleman est plutôt faible… :grin:
Par contre à cette occasion, j’avais découvert qu’il y avait eu un deal entre Killing Joke et DC Comics. De tête, je crois que le groupe autorisait DC à utiliser son nom et en échange ils pouvaient utiliser Batman sur leurs artworks. Il me semble que Paul Raven avait aussi récupéré un original de la couverture dans l’affaire.

Je me laisserai peut-être tenter lorsque je le verrai dans un bac à solde (ce qui arrive régulièrement pour les Urban au contraire de Panini).

Ah bon ? C’est toujours le genre de truc qui m’étonne, ça. Après tout, « killing joke » (« la blague qui tue », dans tous les sens du terme, donc) est une expression qui préexistait au groupe… Dans ce cas-là, je vois pas pourquoi il faudrait demander l’autorisation au groupe de l’utiliser…?
C’est comme si le groupe Cheveu demandait des droits d’auteur sur le mot ; ce serait absurde.

L’anecdote m’a toujours paru curieuse. Même le pseudo-arrangement avec DC fait « bricolage ».
Je l’avais trouvé plusieurs fois sur le net mais jamais de source sûre.
En tout cas, ce qui est certain c’est que Batman est sur la pochette d’un single de l’époque (j’ai oublié son nom par contre).

Ajout : le single c’est « America » (1988)

America_7__EG_A_1988

Alors c’est pas des infos bien précises, certes, mais du temps où je fréquentais assidûment Denis Boyer, fondateur du magazine Feardrop et du label Fario (on s’est un peu perdus de vue depuis), il faisait des parallèles entre la musique (que l’on qualifiera sommairement de post-punk / batcave… du nom de la célèbre boîte de Soho, mais qui le tient sans doute des aventures d’un célèbre personnage de BD) et la bande dessinée américaine. C’est Denis qui a attiré mon attention sur le nom de la BD. De même que, pour lui, le fait que deux des BD participant au renouveau de Batman, à savoir Killing Joke et The Cult, empruntent leur titre à des noms de groupes de la scène londonienne du début des années 1980, n’est pas innocent.
Je partage assez son avis, même si je n’ai pas creusé le sujet. Il me semble que c’est Patrick Marcel, dans Scarce, qui avait fait remarquer que John Constantine, lors de ses apparitions dans Swamp Thing puis au début de Hellblazer, avait la tronche de Sting. De même que, plus tard, quand Neil Gaiman lance Sandman, il donne au personnage la tronche de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division.
Dans le cas de Moore, le fait qu’il ait été critique de rock dans ses jeunes années n’est sans doute pas innocent, ni pour rien dans le fait qu’il jette des ponts entre musique et bande dessinée. Et les autres scénaristes britanniques sont dans la même logique. Si Constantine a été dans un groupe, ce n’est pas un hasard non plus.
Après, on peut imaginer que des légendes se greffent autour du truc. Mais les conversations que j’avais avec Denis remontent à quasiment trente ans, donc bon, je leur soupçonne un fond de vérité.

Jim

C’est possible, mais pour le cas de Sting / Constantine, je crois que c’est plutôt une volonté de Bissette & Tottleben.