LA CRÉATURE INVISIBLE (Michael Reeves)

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REALISATEUR

Michael Reeves

SCENARISTES

Michael Reeves et Tom Baker, d’après une histoire de John Burke

DISTRIBUTION

Boris Karloff, Ian Ogilvy, Elizabeth Arcy, Catherine Lacey…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : The Sorcerers
Année de production : 1967

La carrière du britannique Michael Reeves fut extrêmement brève car ce producteur, scénariste et réalisateur est décédé très jeune, à l’âge de 25 ans, des suites d’une overdose accidentelle à cause d’un mauvais dosage d’antidépresseurs. Il venait de terminer son troisième tournage en tant que metteur en scène, Le Grand Inquisiteur avec Vincent Price qui reste le film pour lequel il est le plus connu. Michael Reeves a commencé par signer des courts métrages dès l’âge de 15 ans, avec une bande de fidèles dont le scénariste Tom Baker et l’acteur Ian Ogilvy (futur Simon Templar dans la série Le Retour du Saint).

À peine âgé de 20 ans, Michael Reeves entre de plain-pied dans le monde du cinéma en 1964 en remaniant le script et en participant à la seconde équipe de la production troublée Le Château des Morts-Vivants. Il réalise ensuite son premier long métrage, The She Beast. Une courte filmographie marquée par l’horreur et pour laquelle il a travaillé avec des légendes du genre : Christopher Lee dans Le Château des Morts-Vivants, Barbara Steele dans The She Beast, Boris Karloff dans La Créature Invisible et Vincent Price dans Le Grand Inquisiteur. Avant sa mort, il développait des projets qui ont été terminés par d’autres, Le Cercueil Vivant (d’après Poe, avec Christopher Lee et Vincent Price) et Le Mannequin Défiguré.

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The Sorcerers (devenu La Créature Invisible en V.F.) était d’abord un script écrit par John Burke, scénariste et romancier spécialisé dans les novélisations. Michael Reeves et son ami Tom Baker l’ont fortement retravaillé, ce qui explique pourquoi Burke est relégué à la mention « histoire de… » dans les crédits. La Créature Invisible est le premier film d’horreur (avec des éléments de S.F.) de la Tigon, un petite société concurrente de la Hammer sur ce marché précis. La Tigon n’a jamais réussi à se mettre au niveau de la maison du renouveau des grands monstres, mais on lui doit tout de même deux classiques de la folk-horror, Le Grand Inquisiteur déjà cité et La Nuit des Maléfices de Piers Haggard.

Tony Tenser, le boss de la Tigon, ne pouvait pas rivaliser niveau argent par exemple. Et on le voit bien avec La Créature Invisible car le film ne peut pas vraiment cacher son micro-budget. Michael Reeves s’est alors basé sur l’interprétation et son montage pour appuyer ses effets. Boris Karloff est le professeur Montserrat, un savant déchu qui vit avec sa femme dans un appartement modeste. Montserrat a inventé une machine qui lui permet d’hypnotiser et de contrôler l’esprit d’une autre personne. Il réussit à convaincre Mike (campé par Ian Ogilvy), un jeune homme blasé qui s’ennuie de la vie nocturne du Swinging London, d’être son cobaye. L’expérience (aux visuels très psychédéliques) fonctionne, Montserrat et sa femme établissent un contact mental qui leur permet de ressentir tout ce que fait leur sujet…

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Montserrat ne voit que le côté bénéfique de son invention…mais pour son épouse, c’est tout autre chose. Elle prend goût à ces sensations et bientôt elle oblige Mike à voler, à se battre…et à tuer. Le drame qui se joue dans ce vieil appart miteux est bien tendu et repose principalement sur le duo formé par Boris Karloff (diminué…il mourra deux ans plus tard…mais toujours charismatique) et Catherine Lacey en vieille femme acariâtre. Ils représentent les deux faces d’une même pièce, l’ange et le démon sur les épaules d’un homme qui ne se doute absolument de rien et qui ne sait pas pourquoi sa vie part en morceaux.

Ce « petit théâtre de l’(in)conscience » donne à La Créature Invisible ses meilleures scènes et malgré quelques passages un peu plus faiblards, le suspense est bon, les scènes-chocs rares mais efficaces et le final accrocheur et réussi. Avant Le Grand Inquisiteur, Michael Reeves, cinéaste doué à la fin tragique, montrait déjà des choses intéressantes avec des moyens très limités.

1 J'aime

« de plain-pied ».

Quel gâchis !

Tori.

Oups…merci…^^