La première bande-annonce :
Comme c’est un film que j’attends avec impatience, je partage ces quelques photos avec vous :
http://img15.hostingpics.net/pics/8182380lalaland05.jpg
Superbe affiche dans le plus pur style des pochettes d’album du label Blue Note.
http://img15.hostingpics.net/pics/8508890lalaland04.jpg
http://img15.hostingpics.net/pics/3446930lalaland03.jpg
Et de trois pour le duo Emma Stone-Ryan Gosling (après Crazy stupid love et Gangster squad), avec l’excellent Damien Chazelle à la baguette.
Deux nouvelles photos :
http://img15.hostingpics.net/pics/5359660lalaland06.jpg
http://img15.hostingpics.net/pics/2190810lalaland07.png
Il semblerait par ailleurs que Damien Chazelle dirige à nouveau (en 2017) Ryan Gosling pour un biopic sur Neil Armstrong.
Stone et Gosling vont bientôt dépasser le nombre de collaborations filmiques de Tom Hanks et Meg Ryan comme « faux couple de cinéma ».
Ils sont à égalité pour le moment non ?
Ah non en fait j’avais oublié que pour le duo Hanks/Ryan il y a Ithaca qui sort cette année.
Le film s’annonce comme un candidat sérieux aux prochains Oscars : Emma Stone vient déjà de recevoir la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise où « La La Land » a été présenté.
(A noter que la comédienne incarnera Cruella d’Enfer prochainement, et elle est pressentie également pour un biopic sur Agatha Christie. Elle tournera aussi entretemps une mini-série pour Netflix avec Jonah Hill.)
Le film a tout raflé même aux derniers oscars et je suis des plus surpris. Récompense t’on un genre ou un film ?
Je ne comprends pas en quoi ce film est meilleur film ? Scénario sur un timbre poste, danse assez moyenne, je parle pas des voix d’Emma stone et Ryan Gosling pas faîtes pour le chant (ce n’est pas grave en soit, faut juste caster des acteurs qui peuvent chanter).
Non vraiment je comprends pas. Le film est pas une bouse, mais à mon avis il ne mérite pas autant de pub ni autant de récompense.
Ce n’est pas la peine de te poser la question, puisque LA LA LAND n’a pas eu l’Oscar du Meilleur Film :
Ça, c’est déjà la meilleure réponse.
Mais au-delà de ça (parce que le fait demeure que le film a raflé pas mal de statuettes, même s’il s’est fait souffler la « principale » dans un incroyable cafouillis), et même au-delà du fait que les réserves que Kab émet me semblent injustes à bien des points de vue (ce qui ne veut pas dire que je trouve le film sans défauts, mais… pas les mêmes), l’autre réponse est tout simplement que les Oscars récompensent une certaine vision, presque par définition hollywoodienne, du cinéma.
Un « film à Oscars » typique, c’est du grand spectacle - aussi bien en termes de production que de « performances d’acteurs » - et de grands sentiments - qui peuvent éventuellement (mais ce n’est pas obligatoire) prendre le prétexte d’un discours « engagé » [size=85](avec de gros gros guillemets)[/size] sur un sujet historique et/ou social, du moment que ça reste sous la forme d’un divertissement relativement classique et qui pose clairement qui sont les gentils gentils et les méchants méchants (parce que la guerre / la pauvreté / le racisme / l’intolérance c’est Mal).
Il suffit de regarder la liste des films récompensés ces 25 dernières années. Je ne dis pas que ce sont tous des mauvais films, hein, attention. Mais pour un No Country for Old Men récompensé, combien de Patient anglais et de Discours d’un roi, Un homme d’exception, The Artist ?..
Je n’avais même pas besoin d’aller voir film pour me dire que ça ne me plairait pas !
Après, c’est impossible à mesurer, mais l’impact médiatique a-t-il une influence sur les votes ?
Penitent ne l’aurait pas autant ramener sur ce film qu’il serait passé naturellement sous mes radars tant le sujet me barbe rien que dans le synopsis ! Et rien que le fait que je retienne déjà le nom c’est déjà un signe sur le pouvoir des médias !
C’est typiquement un film fait pour les récompenses !
(il a eu quelque chose Mad Max Fury Road ?)
Question de goûts.
Non, je ne pense pas. C’est le troisième film de Chazelle et il creuse obstinément les mêmes sillons, dans le fond et dans la forme. Celui-ci est plus développé, plus construit, et aussi plus hollywoodien, plus glamour, et c’est, à mon avis, à la fois sa force et sa faiblesse. Après, il se trouve que ça cadre très très bien avec ce que l’académie des Oscars attend (surtout si on ne gratte pas trop sous les fausses apparences de feel-good movie), et je n’affirmerais évidemment pas que c’est dénué d’arrières-pensées, mais réduire ça intégralement à un film fait dans cette optique-là me semble un faux procès. Il y a bien plus évident en la matière…
Beaucoup plus qu’il ne mérite, à mon avis. (Rien qu’aux Oscars de l’an dernier, pour rester sur le sujet : Meilleurs décors / Meilleurs maquillages et coiffures / Meilleure création de costumes / Meilleur montage / Meilleur montage de son / Meilleur mixage de son.) Mais comme je disais en ouverture du post, question de goûts…
En partie et si je vois bien des similitudes entre Whiplash et La La Land, je trouve tout de même Whiplash plus incisif, plus mordant et surtout plus jazzy.
Guy and Madeline on a Park Bench a pour lui le charme venant de son côté semi « amateur » encore, et Whiplash a la force de son côté coup-de-poing (qui estomaque mais fait aussi passer sur certains détails). C’est pourquoi je disais que
Plus « alangui », pourrait-on dire aussi, La La Land se donne aussi la place de plus présenter très explicitement les idées de son réalisateur et pour moi c’est là que le bât blesse.
La musique est tip top aux petits oignons dans son genre (c’est le même Hurwitz qui officiait déjà sur les deux précédents films de Chazelle, d’ailleurs), je me repasse régulièrement la B.O. depuis , les prestations de Stone et Gosling n’ont rien de honteux à mes yeux, loin s’en faut (surtout si l’on accepte le parti pris de Chazelle qui n’a délibérément pas recherché la perfection en la matière), la réalisation est assez inspirée et pleine de petites idées, et j’aime bien le petit côté « ode aux losers ».
Mais les moments de grâce ont tendance à y être lestés par une contrepartie théorique, qui, elle, en revanche, me pose problème : les délires de Sebastian sur le « jazz pur », la façon dont Chazelle ne lui présente un contradicteur (Keith, qui le met -justement- en garde contre sa tendance à muséifier les avants-gardes d’antan) que pour le décrédibiliser ensuite par la mise en scène, ou encore le fait que la seule chose qu’on sache de la pièce qu’écrit Mia est qu’elle est « nostalgique », ça donne quand même une certaine orientation à tout le projet. Chazelle est sans doute un passionné de jazz (difficile de le nier vu qu’il y a consacré ses trois films à ce jour), mais apparemment d’une certaine idée du jazz restée figée dans les années 50 / 60 (qu’il a donc tout loisir, forcément, de décréter « mourant »…). Et La La Land dans son ensemble, au-delà de la seule question du jazz, et ses personnages, sont confits dans cette orientation passéiste problématique.
Mais ce n’est pas une nouveauté, par rapport à Whiplash notamment ; c’est juste que le récit « plus incisif, plus mordant » et plus punchy ne s’embarrassait pas, alors, d’explications et d’expositions… mais il y avait quand même de quoi se poser des questions dans certaines scènes, si on prenait un peu de recul. Encore une fois, ça n’empêche pas que ça reste pour moi des films majoritairement pleins de qualités. Chazelle a du talent, il sait être enthousiasmant, j’espère juste qu’on n’est pas en train d’assister à une sclérose précoce…
Je n’espère pas, mais techniquement je pense que non. La scène de fin et sa narration ou le super plan séquence du début montre que le bonhomme est bourré de talent. De même la lumière, les cadrages et autres non vraiment je pense simplement que le sujet ne m’a pas parlé et ennuyé.
Techniquement il y a des défauts, mais ca reste d’un très bon niveau.
Le fait que Emma Stone et Ryan Gosling ne sont pas de « grands » chanteurs/danseurs était une volonté de Chazelle qui a expliqué dans une itw à « Première » que les comédies musicales récentes (tous ces trucs façon « High school comedy ») misaient sur des performances alors que lui avaient d’abord voulu employer de bons comédiens, chantant et dansant avec plus de naturel que d’agilité.
Moi, ça me convient très bien car je déteste quand on parle de « performances » au cinéma (les performances, je laisse ça aux sportifs, mais ça n’a rien à faire avec la qualité d’une interprétation) - même si je sais que les américains sont friands de ça : il n’y a qu’à voir le nombre d’acteurs récompensés pour des rôles de handicapés, avec des accents, des postiches divers, etc. (Billy Wilder trouvait que c’était la plaie du cinéma américain et des Oscars, qui passaient à côté de compositions plus subtiles au profit de numéros d’acteurs.)
Je trouve que « La La Land » mérite son sacre critique et public. Les statuettes, c’est du bonus pour l’équipe, mais ça n’a aucune influence sur le fait que j’aime ce film. Je suis heureux pour Emma Stone, que j’ai toujours adoré, une actrice épatante - et j’aurai trouvé logique que Gosling soit lui aussi récompensé parce qu’il faut être deux pour danser (ceci dit, je n’ai rien contre Casey Affleck, au contraire, et je n’ai pas encore vu « Manchester by the sea »).
Le film dose bien l’hommage aux classiques du genre (ceux de Demy plus que ceux de Minnelli ou Donen & Kelly d’ailleurs) et une certaine modernité (avec des motifs récurrents chez Chazelle - les héros y endurent des humiliations et il n’y a pas de « happy end » facile). La musique est superbe, les chansons sont efficaces. Il y a des scènes formidables (celle sur Ferndell Trail, avec Sebastian raccompagnant Mia, chantant « A Lovely Night », les claquettes, puis Mia qui repart seule, tout ça sans coupures, c’est vraiment somptueux, gracieux, drôle, émouvant… Le dîner qui dégénère en règlement de comptes… Et puis l’ « Audition » à la fin et toute la séquence onirique, c’est très fort aussi).
C’est moins âpre et nerveux que « Whiplash », où il y avait tout un sous-texte SM, film de guerre sur fond d’apprentissage, mais on ne voit pas ça souvent quand même. Et ça dit aussi que, non, le cinéma américain ne se résume pas à des franchises, des super-héros, des suites, ou des projets indés à l’arrache. Entre l’attente que j’en avais et le résultat, aucune déception, et pourtant j’en attendais beaucoup.
Mouais, je reste moyen convaincu, en acteur bon danseur chanteur je pense à Channing Tatum par exemple.
Oulah. Tu ne confonds pas avec Black Swan ?
Plus sérieusement il me semble que Whiplash et La La Land reprennent la même idée, à savoir (grosso modo) qu’on ne peut espérer atteindre des sommets en art que sans y sacrifier tout le reste.
Oulah (bis). Outre le fait qu’on n’a pas besoin de tous les doigts d’une seule main pour compter le nombre de films potables auquel il a participé, dans une filmo pourtant assez pléthorique en dix ans, Channing Tatum, j’ai beaucoup de mal, c’est presque physique. Et en parlant de ça, avec le physique qu’il a justement, je pense qu’on aurait eu du mal à croire qu’il puisse interpréter Sebastian sans que le personnage balance une pêche à la gueule de tous ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues.