Tu te rends bien compte que c’est toi qui as provoqué cette explosion de 90 posts !!!
Ça arrive souvent, dans le coin.
Volontiers.
C’est pas un problème en soi : le kiosque, souvent, ça permet d’avoir une dose de comics de chaque série, dans une logique de feuilleton. On est plein à avoir commencé comme ça, et visiblement, la première injection a bien fonctionné.
Je pense que les éditeurs devraient tenter de nouvelles choses.
Pour voir.
Ça ne me semble pas un problème en soi. Pour peu que le scénariste soit assez finaud, le lecteur n’a besoin de retrouver les événements, comme tu dis, que pour satisfaire sa curiosité. Alors que le plaisir de lecture, lui, il est là. Mais il faut que ça soit bien écrit, tiens, aussi.
Ouais, je pense aussi.
Purée, si un jour une éruption solaire un peu plus grosse que les autres fait planter tout internet, ils vont pleurer, les mioches. Et nous, les vieux, on va feuilleter nos intégrales à la lueur de nos bougies.
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Les pauvres petits !
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Ouais, alors déjà, c’est pas la manière de raconter les histoires, ça. C’est des thèmes. Et des thèmes à la mode, en plus.
Là encore, dans les années 1980, les deux gros éditeurs n’ont pas attendu la génération woke pour mettre une femme noire (sans pouvoirs à l’époque) à la tête des X-Men, pour faire d’une handicapée en fauteuil roulant l’un des personnages les plus réussis de DC, ou de montrer avec Blue Beetle qu’on peut très bien être bedonnant et rester un héros.
Cette jeune génération dont on parle (en gardant conscience que c’est une catégorie un peu fourre-tout, hein…), elle ne doit pas oublier que les éditeurs, ce sont des entreprises, que les entreprises sont dirigées par des gens, et que les gens sont susceptibles de prendre des décisions contestables notamment pour plaire à une frange plus conservatrice. Le nioufiftitou de DC a été un retour de bâton conservateur assez violent.
Dans la société au sens large, il y a des mouvements de va et vient. Dans les entreprises, c’est la même chose. La vision plus « sociale », plus « diverse » des personnages, elle n’a pas attendu Tom Taylor. La différence, c’est que ça se fait sur un personnage très en vue, le fils du héros fondateur du genre. Mais bon, l’inclusion (personnellement, je n’aime pas ce terme, auquel je préfère « insertion »…), ça ne date pas d’aujourd’hui. Kamala Khan, elle existe dans l’univers Marvel depuis quoi, huit ans ? Mais bon, Jan-Paul Beaubier ou Maggie Sawyer sont des personnages des années 1980, et ils étaient clairement présentés comme homosexuels à l’époque, dès le début. Ouais, fallait savoir lire, être attentif aux détails, à la caractérisation. À l’époque, on ne mettait pas un arc-en-ciel en couverture. À l’époque, on était subtils. Mais aussi, à l’époque, on n’était pas dans la course à la récupération. C’est sympa, les one-shots sur les personnages gays ou les personnages de couleurs. Mais qu’on leur donne une série à eux.
Alors tu me diras qu’il y a des tentatives. Mais la série du Superman chinois n’a pas duré. La question, c’est de savoir pourquoi. Et la réponse me semble évidente : parce que ça n’a pas suffisamment marché. Parce qu’une série avec un personnage noir ou musulman ou ouatéveur, si elle se hisse dans le peloton de tête des meilleures ventes, le directeur de publication, même si c’est un raciste homophobe de la pire eau, il va continuer à la publier. Parce que : pognon. Donc si les séries ne durent pas, c’est que le public n’est pas là. Et connaissant les bouffées réacs qui emportent l’Occident en ce moment, on peut aussi se dire qu’il y a une partie conséquente du public qui n’a pas envie de lire les aventures d’un Superman chinois ou d’une Miss Marvel musulmane (ou ouatéveur). J’en sais rien, je regarde pas les chiffres de vente, pour ma part. Et je ne lis pas tout non plus.
Mais justement, je crois qu’il est là aussi, le sujet : les youtubeurs, les prescripteurs au sens large, parfois sont trop jeunes pour avoir la capacité d’analyse nécessaire que tu évoques. Du coup, ils résument à grands traits, ils font des généralités, qui constituent une sorte de minimum syndical de la réflexion, repris par leurs followers. Et c’est le cercle vicieux, on ne s’en sort pas, on voit des reproches dans le genre et dans sa forme qui n’ont pas lieu d’être, parce qu’une meilleure connaissance les éclairerait bien mieux.
Mais je m’emporte, je m’emporte…
Jim
