Une rareté, j’ai lu une adaptation BD d’un livre que j’ai déjà lu. D’habitude, le livre passe à la trappe !
Et en plus, comme je le disais juste au-dessus, j’ai regardé la série.
Alors, c’est difficile de juger parce que j’ai beaucoup aimé le roman, même si visiblement, tellement pris dans l’histoire, il y a des choses qui m’ont échappées (mais que je ne juge pas essentielles) : je n’ai pas de souvenir d’une petite partie relatant le passé de Serena, ni même d’une dernière partie se situant loin dans le futur par rapport à l’histoire de June (va falloir quand même que je regarde dans un livre de poche sortie avant la série télé, ça me perturbe). En tout cas, ça ne m’a pas marqué, parce que la « fin » de l’histoire de June m’avait bien tenu en haleine, et peut être ai-je trouvé le supplément inutile.
En tout cas, pour ce qui concerne la BD, je trouve que la construction entre les chapitre manque par moment de liant. La BD donne l’impression de montrer des scènes de vie, sans que le perso évolue vraiment. C’est un aspect qu’on ne ressent pas à ce point dans le livre, car les choses arrivent au fur et à mesure, on sent June « vieillir », évoluer. Ici, le temps qui passe est moins palpable, ça semble arriver un peu vite. J’ai l’impression qu’on a une sorte de best of des « moments » du livre. J’ai cru comprendre qu’Atwood a participé à l’adaptation, au delà de fournir le texte.
Après, et c’est la force de la BD même quand on connait l’histoire, je reste toujours outré par ce qui arrive aux femmes et à la civilisation, je ressens une sorte de dégoût. L’avenir incertain de June nous fait réagir en tant que lecteur, même si la BD a bien moins de force que le livre. Parce qu’elle ne fait pas monter la pression, qu’elle explique pas assez les forces en présence, tout est moins palpable en fait.
Pour le dessin, de prime abord, je ne suis pas spécialement fan. Je déteste pas, mais ça ne me renverse pas. Cela dit, je dois dire que ça s’y prête pas mal, parce que ça ne peut (doit) pas être un style énergique ou tape à l’œil, parce qu’avec ses arrières-plans vides, Nault met en avant les perso ou d’autres aspects importants d’une scène. Son découpage n’est pas uniforme, ce qui est assez agréable.
Donc, je n’ai pas détesté, je ne suis pas déçu parce que j’en attendais rien, mais je trouve que le propos est respecté. Surtout en ces temps où l’on interdit de faire lire Maus dans des écoles, ça fit presque peur de lire cet ouvrage.