Comédie
Long métrage américain
Réalisé par Norman Z. McLeod
Scénarisé par Ken Englund, Everett Freeman et Philip Rapp, d’après la nouvelle de James Thurber
Avec Danny Kaye, Virginia Mayo, Fay Bainter, Thurston Hall, Boris Karloff…
Titre original : The Secret Life of Walter Mitty
Année de production : 1947
Walter Mitty est un homme doux et gentil…peut-être un peu trop. Parce qu’entre une mère possessive, un patron qui lui vole ses meilleures idées, une fiancée un peu cruche (qui possède un toutou qui n’arrête pas de le mordre) et une future belle-mère insupportable et grande gueule, Walter se fait dominer aussi bien à la maison qu’au bureau. Ce qui explique qu’il aime se perdre régulièrement dans des rêves éveillés, au cours desquels il s’imagine en pilote de la Royal Air Force, en grand chirurgien, en pirate ou en héros de l’Ouest Américain. Un côté rêveur et tête en l’air qui lui cause souvent des ennuis…
Walter Mitty a un travail qui nourrit son imagination car il est correcteur dans une maison d’édition qui publie des pulps, ces revues à bon marché particulièrement populaires dans la première moitié du vingtième siècle. Le décor permet d’admirer de nombreuses couvertures peintes (qui me semblent inventées pour la plupart) dans les locaux de la boîte qui emploie ce brave Walter, un héros incarné par Danny Kaye, acteur et chanteur spécialiste des comédies musicales dans les années 40 et 50, avec des titres comme Un Fou s’en va-t’en guerre, Si Bémol et Fa Dièse ou encore Hans Christian Andersen et la Danseuse.
Walter Mitty est un rôle qui colle parfaitement à la gestuelle énergique et au goût pour le burlesque de Danny Kaye. Les séquences de rêves sont par contre un chouïa inégales, celles reposant sur un numéro musical peuvent traîner en longueur malgré l’enthousiasme de la tête d’affiche. Dans la deuxième partie du métrage, les rêveries s’effacent quand Walter Mitty se retrouve pris dans un complot d’espions après sa rencontre avec la belle Rosalind Van Hoorn (Virginia Mayo, partenaire régulière de Kaye), ce qui le propulse en quelque sorte dans des situations tout droit sorties de l’un de ses pulps.
Le réalisateur Norman Z. McLeod (Alice au Pays des Merveilles) orchestre des quiproquos et des rebondissements croustillants, avec un Walter Mitty qui ne sait plus où donner de la tête entre une famille envahissante et des méchants inquiétants aux trognes patibulaires (dont fait partie Boris Karloff, qui a tourné le film juste après ses deux collaborations avec Mark Robson, L’Île des Morts et Bedlam). Bref, un divertissement réjouissant…à part pour le romancier James Thurber, qui n’a pas du tout apprécié le traitement réservé à son histoire…
La Vie Secrète de Walter Mitty a été produit par Samuel Goldwyn. Son fils Samuel Golwyn Jr a suivi ses traces et a souhaité produire un remake dès les années 90 (et il voulait Jim Carrey en Walter Mitty). Ca ne s’est pas fait et le projet a alors mis presque vingt ans pour arriver sur le grand écran grâce à Ben Stiller qui a réalisé, co-produit et interprété le rôle principal du très beau La Vie Rêvée de Walter Mitty en 2013.









