L'ATTAQUE DES CRABES GEANTS (Roger Corman)

REALISATEUR

Roger Corman

SCENARISTE

Charles B. Griffiths

DISTRIBUTION

Richard Garland, Pamela Duncan, Russell Johnson, Mel Welles…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction/horreur
Titre original : Attack of the Crab Monsters
Année de production : 1957

Alors qu’elle avait pour mission d’étudier les effets des retombées radioactives sur un petit atoll du Pacifique, une équipe composée de scientifiques américains ne donne plus signe de vie. Un autre groupe, un plus international (il y a notamment un allemand et un français), est dépêché sur l’île. Ils découvrent un endroit déserté, sans aucune trace de vie. C’est alors qu’ils se retrouvent confrontés à une horrible menace : des crabes géants et intelligents, fruit des essais nucléaires, les prennent pour cible…

Au début des années 50, le succès de Them ! (Des Monstres attaquent la ville en V.F.) a été le déclencheur d’une véritable vague de films de monstres géants inspirés par la peur du nucléaire. Tous les grands studios se sont lancés dans la brèche, ainsi que les petits producteurs indépendants, dont bien entendu Roger Corman. En 1957, le roi de la série B propose le projet à son scénariste Charles B. Griffiths, qui venait de signer le script de Not of this Earth, en ces termes : “je veux faire un film qui s’intitule “Attack of the crab monsters”. Je veux du suspense et de l’action dans chaque scène. Et rien d’autre”. Bon, je simplifie un peu, mais d’après une interview de Griffiths, ce fut aussi simple que ça.

Vu que le film ne dure qu’une heure, Corman et son scénariste ne tournent pas longtemps autour du pot. Les faits sont rapidement expliqués et chaque personnage se réduit à sa fonction première au sein de l’équipe (bon, on a bien droit à quelques clichés de base, mais rien qui ne dilue l’intrigue). Le métrage débute par une scène choc, afin que le spectateur ait déjà un premier aperçu de la menace, avant d’installer un suspense bien dosé, rythmé par les apparitions hors-champ des grossses bébêtes, jusqu’à ce qu’elles soient révélées après presque 40 mn.
Il est bien entendu facile de se moquer de ces crabes géants…et c’est vrai qu’ils sont assez croquignolets : des constructions en papier mâché, grossièrement articulées, et que les accessoiristes ont bien du mal à faire déambuler dans les grottes et sur les amas rocheux de l’île. Roger Corman emploie donc quelques stratagèmes pour éviter que les effets ne soient trop visibles. Mais le scénario de Charles B. Griffiths révèle un twist très intéressant : lorsqu’elles mangent le cerveau de leur proie, les créatures en absorbent les connaissances et peuvent communiquer par télépathie en utilisant la voix de l’infortunée victime.
Le film bascule dans ces moments dans l’horreur et certaines scènes évoquent une efficace ambiance de film de fantômes. Une (toute) petite touche gore (tête coupée, main arrachée), rare pour une production des fifties, est également à signaler.

Les crabes ne sont pas la chose que doivent craindre les scientifiques. L’île menace également de s’effondrer à chaque instant. Malgré son faible budget, Corman utilise plusieurs astuces pour accentuer la menace, dont les inévitables stock-shots.

L’Attaque des Crabes Géants est, malgré ses facilités scénaristiques, une bonne petite série B de monstres, concise, très classique dans la forme et correctement interprétée. Les affrontements pâtissent quand même du manque de mobilité des créatures, mais franchement, je les aime bien, ces crabes géants…et même s’ils sont joliment craignos (monsters), ils n’ont pas le ridicule absolu de La Créature de la Mer Hantée, l’un des pires films de Corman.

Sorti en 1957 (l’année la plus prolifique de Roger Corman avec 9 films à son actif), L’Attaque des Crabes Géants fut l’un des longs métrages indépendants les plus rentables de cette année. Tourné pour 70.000 dollars, il en rapporta 1 million. Oui, c’était bon pour les tiroirs caisses, cette paranoïa du nucléaire…