On avait déjà évoqué le travail de Tom Palmer sur les crayonnés de Gene Colan y compris dans les prestations les plus étonnantes, à l’exemple de « Tomb of Goofula », un récit publié dans Goofy Adventures #17, daté d’octobre 1991. Mais je pensais avoir commenté ce récit de quatre pages, et je n’en trouve pas référence, donc, on s’y met !
Comme on l’a dit plus haut, le récit est écrit par Marv Wolfman, ce qui permet de réunir le trio associé, dans l’esprit des fans, à la qualité et au succès de la série Tomb of Dracula, chez Marvel. Est-ce l’idée du scénariste ou de son vieux pote Len Wein, alors responsable éditorial du catalogue Disney en BD ? L’épisode est mis en couleur par Michelle Wolfman et lettré par John Costanza, excusez du peu !
L’histoire commence alors que Mickey arrive au château de Goofula pour une interview qu’il destine à la Mouseton Gazette. L’extrait de livre en haut à gauche, la tournure des phrases et l’atmosphère renvoient au roman de Bram Stoker, bien sûr. On notera que Mickey est deux fois dénommé « Mickey Harker » (énième référence), mais que le nom au bas du testament est bien « Mickey Mouse » : erreur ou subtilité voulue ?
Le testament, justement, apparaît afin d’amener un gag, plus précisément un jeu de mots sur « will », qui désigne à la fois la volonté et le testament. Un traducteur pour le marché français s’en sortira en jonglant entre « votre volonté » et « vos volontés » (par exemple), mais d’autres jeux de mots poseront de plus épineux problème, à l’exemple de celui qui concerne le mot « bat », en troisième page.
Fort heureusement, Wolfman ne réserve pas aux champs lexicaux ses gags, et laisse Colan en gérer d’autres, plus visuels, comme le très drôle, à mes yeux, retournement de situation quand le vampire tente de se raser devant sa glace. Le gag suivant, qui occupe la dernière bande, montre bien le mariage entre le style de Colan / Palmer et l’esthétique disneyenne.
La dernière page, qui voit le comte recyclé en présentateur d’émission horrifique (une vieille tradition audiovisuelle américaine remontant aux années 1950, avec Vampira, Sinister Seymour, Svengoolie ou bien sûr Elvira…), clin d’œil à toute une culture médiatique bien connue des Américains, mais qui peut aussi revêtir une connotation plus universelle, celle de la marchandisation des imaginaires qui finissent par se vendre à pas cher. Est-ce aussi, de la part des auteurs, une réflexion sur le sort qui les attend tôt ou tard ?
Jim



