LE QUATRIÈME MONDE t.1-4 (Jack Kirby)

[quote]LE QUATRIÈME MONDE t.1

Scénario: Kirby Jack – Dessin: Kirby Jack

Durant des millénaires, Apokolips et Neo-Genesis se livrèrent une guerre sans merci, jusqu’au jour où leurs dirigeants, Darkseid et le Haut-Père décidèrent d’une trêve aussi inattendue que fragile. Mais dans l’ombre, Darkseid continuait de comploter afin de trouver l’équation d’Anti-Vie. Son dernier terrain de chasse ? La Terre !

(Contient Jack Kirby’s Fourth World Omnibus Volume 1)

Public: Ado-adulte – à partir de 12 ans
Genre: Action,Super-héros
Collection: DC Archives
Date de sortie: 23 janvier 2015
Pagination: 408 pages
ISBN: 9782365775786
Prix: 35.00 €[/quote]

Le site de l’éditeur : urban-comics.com/le-quatrieme-monde/

D’après le site DC Comics, le Jack Kirby’s Fourth World Omnibus volume 1 reprend les épisodes suivants : SUPERMAN’S PAL, JIMMY OLSEN #133-139, FOREVER PEOPLE #1-3, NEW GODS #1-3 and MISTER MIRACLE #1-3.

Punaise ce mois de Janvier… J’en ai déjà des frissons pour mon porte monnaie…

Un must-have. J’ai les tentacules qui bavent…

pareil que Vik

Génial. J’en suis et plutôt deux fois qu’une, après la claque “O.M.A.C.”.

ça m’agace ça … j’ai le New Gods, j’ai le Mister Miracle … et je sens qu’on va me dire qu’il va falloir que j’achète ça !

Je les ai en VO et je ne vois pas ne pas les acheter la prochaine fois. Les New Gods, c’est plus fort que toi.

Rhaaa, j’attaque la lecture du bestiau pas plus tard que ce soir, un brin ému. A part “Mister Miracle” (et pas en entier), j’ai jamais lu ces titres du “Fourth World”.

En feuilletant l’album (magnifique), je tombe sur la préface de Morrison qui cite en exergue un texte de chanson signé Dave Wyndorf, le leader du groupe de rock Monster Magnet. La chanson en question, “Melt”, dit en effet :
“And I was thinkin’ how the world should have cried
On the day Jack Kirby died”.
Sublime ! Faut dire que Monster Magnet a un morceau dans son répertoire qui s’appelle : “Ego, The Living Planet”. Tous les groupes de rock ne peuvent pas se targuer de ça…!

Du bon Kirby old school comme on l’aime!
On peut même l’aimer encore plus avec un (fort bon) accompagnement musical:

:arrow_right: bobd.over-blog.com/2015/02/4-monde-a-droite-apres-la-dune-le-4-monde-vs-dune.html

La critique par Blackiruah est disponible sur le site!

Lire la critique sur Comics Sanctuary

Alors je sais que la saga a inspirée Star Wars mais le méchant n’est pas un seigneur Sith qui s’appelle Dark Seid :mrgreen:

Oups corrigé xD, l’inspiration est telle que je mets toujours un espace…

J’ai lu un bon tiers du volume…et je suis bluffé !!
C’était pas forcément les épisodes de “Superman’s Pal Jimmy Olsen” que j’attendais le plus dans cette saga, et pourtant je me suis fait cueillir. En plus de me faire voir sous un angle nouveau beaucoup de sagas morrisoniennes ultérieures comme “Seven Soldiers” et “Final Crisis” (littéralement infusés au folklore, et plus important, aux thématiques du “Fourth World”, notamment tout l’aspect dynastique et inter-générationnel), je découvre aussi Kirby redoutablement intelligent dans sa manière de porter un regard sur sa carrière jusqu’à ce point : pour qui voudra bien se livrer à l’exercice, les références se feront savoureuses.

Exemple : le premier méchant dégommé par Jimmy Olsen (qui en impose ici en espèce de super-Rick Jones…), c’est un avatar transparent du Docteur Fatalis, j’ai l’impression. Comme si Kirby prévenait qu’on allait bientôt passer à une catégorie supérieure de vilain (Darkseid est déjà dans les coulisses dès le premier épisode du volume). D’autre part, difficile de ne pas voir dans le Jimmy Olsen géant et verdâtre l’avatar d’un certain Titan Vert, tout comme le Gardien Doré évoquera un autre porteur de bouclier célèbre.
Kirby démultiplie ses créations antérieures dans une folle danse kaléidoscopique, la densité de ces épisodes permettant d’introduire autant de concepts et de personnages que le cerveau fertile du King saura en produire. Inclure dans cette sorte de tentative de méta-série terminale sur le genre super-héros des versions de ses travaux antérieurs, voilà qui semble faire sens.

L’émerveillement est total, il y a un effet grisant à découvrir au sein d’un même volume la somme de ces concepts tous plus fous les uns que les autres, de la légèreté adolescente des “Forever People” au côté sentencieux et froid des tribulations d’Orion (quel souffle incroyable dans la conclusion du premier épisode des “New Gods” !!)…
On a tellement dit et lu sur ce “Quatrième Monde” et pourtant on a pas fini d’en épuiser la richesse.

Un point qui m’a particulièrement intéressé ici, et qui aurait de quoi faire dresser les cheveux d’horreur à tout fan de Kirby, c’est la façon dont l’éditorial de DC faisait retoucher le visage de Supes, pas assez reconnaissable sous le crayon de Kirby (qui ne dessinait pas la boucle de cheveux en S, par exemple). Le personnage se promène ainsi dans les planches de Kirby, avec cette drôle de ganache qui semble mal assortie au reste (et pour cause).
Au final, et même si ce n’était pas dans les intentions initiales de Kirby (qui j’imagine se serait bien passé de ces retouches), j’adore ce rendu “involontaire”. Il est raccord avec la réflexion que Kirby semble entretenir avec le perso, représentant d’une génération antérieure à celle de ses lecteurs, une sorte de Superman “à la papa”, volontiers paternaliste et même plus parfois, quand Jimmy représente quant à lui la fraîcheur de la rébellion adolescente (pop, beat, hippie, on appelera ça comme on voudra).
Il est du coup pertinent de voir Supes comme un étranger à l’univers de Kirby, comme un perso qu’il ne se serait pas approprié, car représentatif d’un type d"énergie différente que celle que le King exprime ici.

J’ai vu des avis de lecteurs américains déplorant que Superman vienne ici faire de l’ombre aux créations originales de Kirby ; perso je ne suis pas du tout de cet avis : sans compter qu’il cimente ainsi l’ancrage de ses créations dans la cosmogonie DC, Kirby livre aussi une expression intéressante de la tension générationnelle qui recoupe aussi bien les persos que les archétypes fictionnels qu’ils représentent (ados contre adultes, super-héros contre dieux, âge d’or contre âge d’argent, etc…).
Brillant !!!

Sans vouloir te donner tort, j’ai quand même l’impression que tout au long de sa carrière, Kirby a certes créé, mais a aussi continuellement utilisé et réutilisé des concepts et des “genres” de personnages. Alors c’est sûrement plus flagrant ici, il y a sûrement un meta-texte, mais la réutilisation a toujours existé dans les œuvres de Kirby !

Je ne te contredirais pas là-dessus, il suffit de penser au Figthing American ou aux Challengers of The Unknown (relativement à Cap et aux FF bien sûr) pour s’en convaincre.
Mais comme tu le dis, ça me semble nettement plus flagrant ici, et raccord avec cette volonté d’englober toutes les dimensions du genre qui, il me semble, porte Kirby sur l’ensemble du projet.

Tiens, tant qu’on y est, certains d’entre vous (anglophones) connaissent peut-être l’excellente émission télé canadienne “Prisoners of Gravity”, qui existait entre 1989 et 1994. On tombe dessus sur Youtube en cherchant des vieilles interviews de Chris Claremont, Alan Moore, Neil Gaiman ou Frank Miller.
Si les comics étaient loin de constituer l’essentiel des centres d’intérêt du programme (qui se penchait aussi bien sur l’horreur, la fantasy, le cinéma fantastique, la SF, etc…), on peut dire que le sujet aura tout de même été bien traité.
Voici, en trois parties, l’émission consacré à Jack Kirby.

C’est un super écrin pour l’histoire de Kirby, merci Urban et vivement la suite !

Cette boucle de cheveux s’appelle un accroche-cœur (et pas un accroche-Kirby)… ~____^

Tori.

Un accroche-coeur, voilà : je cherchais l’expression sans arriver à mettre le doigt dessus.