LE RETOUR DE GODZILLA (Motoyoshi Oda)

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REALISATEUR

Motoyoshi Oda

SCENARISTES

Takeo Murata et Shigeaki Hidaka

DISTRIBUTION

Hiroshi Koizumi, Setsuko Wakayama, Minoru Chiaki…

INFOS

Long métrage japonais
Genre : science-fiction/action
Titre original : Gojira no gyakushū
Année de production : 1955

Ravis par les chiffres du box-office de Godzilla, les responsables de la Toho ont vite demandé une suite au producteur Tomoyuki Tanaka. Et pour ne pas laisser retomber l’intérêt des spectateurs, la date de sortie a été fixée à avril 1955, soit seulement six mois après celle de Godzilla. C’est pour cette raison que Ishirô Honda n’a pas repris son fauteuil de réalisateur (il était déjà occupé par son projet suivant, la romance Lovetide), le poste revenant à Motoyoshi Oda (sur sa trentaine de films, il n’y a que Le Retour de Godzilla qui a été exploité hors du Japon).

Godzilla a été détruit à la fin du premier film, mais les scénaristes se sont laissés une ouverture pour une potentielle suite en suggérant par l’intermédiaire du professeur Yamane qu’il y avait peut-être plusieurs membres de la même espèce (et autant tous les appeler Godzilla, c’est plus pratique). Le ton de cette seconde aventure diffère de la précédente en mettant l’accent sur un élément qui deviendra l’une des caractéristiques principales du kaiju eiga, le combat entre grands monstres.

Chargés de surveiller les mers pour repérer des bancs de poissons, les pilotes Tsukioka et Kobayashi sont les témoins d’un affrontement entre Godzilla et une autre créature géante, un ankylosaure que les autorités appelleront Anguirus. Après cette entame, l’histoire assez simple s’articule autour de deux grands moments d’action : la grande bataille entre Godzilla et Anguirus en plein centre d’Osaka (avec quelques passages assez spectaculaires, comme l’inondation du métro) et le dernier acte qui voit un escadron attaquer le Roi des Monstres sur une petite île envahies par les glaces.

Entre les deux, les scènes avec les humains sont un peu fades. Il y a plus d’optimisme que dans le précédent volet, l’heure est à la reconstruction, mais avec leurs amitiés et leurs romances gentillettes, les protagonistes ne laissent pas une grande impression. Ecrite et tournée à la hâte, Le Retour de Godzilla reste, malgré ces défauts, une sympathique petite série B.

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Comme pour Godzilla, cette suite a eu droit à un remontage pour sa sortie U.S. dans laquelle le grand monstre a été renommé Gigantis. Pour la petite histoire, Gigantis the Fire Monster est le premier film de la carrière de George Takei. Le futur Sulu de Star Trek, alors âgé de 18 ans, a prêté sa voix à l’un des personnages dans le nouveau doublage (et il fera la même chose pour le doublage U.S. de Rodan de Ishirô Honda en 1956).

Le Retour de Godzilla a été rentable, mais le film de Motoyoshi Oda n’a pas connu le même succès que celui de Ishirô Honda. La Toho a ensuite attendu sept ans pour sortir le Roi des Monstres de sa prison de glace pour un nouveau choc des titans…en couleurs cette fois-ci…dans King Kong contre Godzilla !

L’affiche de la version américaine :

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Pourtant, si un film avec un monstre avait autant de succès, un film avec DEUX monstres aurait dû DOUBLER les recettes. CQFD.
(Comme quoi, le succès n’est pas une simple question d’arithmétique. )