LE SANG DU CHÂTIMENT (William Friedkin)

Adapté du bouquin de William P. Wood et basé sur l’histoire du tueur Richard Trenton Chase, ce film méconnu du réalisateur a souffert d’une sortie tortueuse, en raison de la faillite de la maison de production du mogul Dino De Laurentiis (La Stada, Serpico, Blue Velvet, Manhunter mais aussi Dune, Flash Gordon et Evil Dead 2) ayant du mal à trouver un repreneur, jusqu’à ce que Miramax s’en charge finalement au début des années 90.

Il ressortira ainsi quelques années après avec un nouveau montage plus polémique, symptomatique de sa tendance aux retouches assez pénible (la scène de l’escalier de L’Exorciste qui contraste avec le reste, le Mal semblant être confiné à l’intérieur de la chambre, où le réalisme documentaire de Friedkin laisse place au fantastique et à l’horreur).

Friedkin (que l’on a connu plus inspiré sur le plan formel en particulier) continue dans son style reconnaissable, mettant en avant l’ambiguïté caractéristique de ses films et de ses personnages, qui bénéficient ici d’une caractérisation parfois un peu trop sommaire pour que l’on s’attache à eux (hormis le héros en raison de son trauma certes pas très original) sans oublier la bande son d’un Morricone en petite forme par rapport à d’habitude.

Le réalisateur préfère visiblement se concentrer sur le sujet de la peine de mort plutôt que se focaliser sur le tueur et ses motivations, lors de scènes de procès annonciatrices de son téléfilm et remake de Douze hommes en colère, où tout l’enjeu porte sur la question de savoir si l’assassin est conscient de ses actes ou réellement dément.

Le film se place essentiellement autour du point de vue du personnage principal, dont le but est dans la continuité des croisades des anti-héros de Friedkin, qui finissent tous par atteindre un point de non retour qui marque une étape fatidique (coûtant son mariage au procureur Tony Fraser, interprété efficacement par Michael Biehn).