LE SYNDICAT DU CRIME (John Woo)

REALISATEUR

John Woo

SCENARISTES

John Woo, Hing-Ka Chan et Suk Wah-Leung

DISTRIBUTION

Ti Lung, Chow-Yun Fat, Leslie Cheung, Emily Chu, Waise Lee, John Woo…

INFOS

Long métrage hong-kongais
Genre : action/thriller
Titre original : Ying hung boon sik
Année de production : 1986

Gros succès à Hong-Kong à sa sortie, Le Syndicat du Crime est un film qui a relancé des carrières et imposé un sous-genre (surnommé « heroic bloodshed » ou « carnage héroïque ») dont l’influence s’est fait ressentir jusqu’à Hollywood dans les années 90. Lorsque Tsui Hark (alors connu pour L’Enfer des Armes et Zu, Les Guerriers de la Montage Magique) propose le projet à John Woo, ce dernier tentait sans succès de monter une relecture du Samouraï de Jean-Pierre Melville. John Woo était actif depuis déjà une dizaine d’années. Formé dans le domaine du film de sabres, il venait de réaliser une poignée de comédies rentables mais ce n’était pas vraiment ce qu’il souhaitait faire.

Avec Le Syndicat du Crime, inspiré par un polar un peu oublié des années 60, le but était de transposer les codes du wu-xian pian à l’époque moderne, les gangsters remplaçant les guerriers chevaleresques, les flingues à la place des sabres. Ces gangsters se distinguent de ceux qu’ils affrontent par l’accent mis sur l’honneur et la loyauté. Dans un Hong-Kong en plein doute (la rétrocession à la Chine prévue pour 1997 avait été annoncée l’année précédente), Sung Tse-Ho et Mark Gor sont les représentants de valeurs qui n’ont plus cours dans une ère de trahisons et de méfiance.

Le drame tourne autour de trois protagonistes principaux. Ti Lung, star du cinéma d’arts martiaux (Le Temple de Shaolin, Le Poignard Volant…) qui cherchait à donner un nouveau souffle à sa filmographie à l’âge de 40 ans, apporte force et dignité à Sung Tse-Ho, un faux-monnayeur qui accepte de prendre sa retraite pour prendre soin de son frère (Leslie Cheung voulait avec ce rôle « casser » son image de chanteur pour jeunes filles). Kit se prépare à passer le concours de police et ne sait rien de la double vie de son grand frère jusqu’au jour où Sung est trahi et arrêté, leur père assassiné par un homme de main. Sung passe trois ans en prison et revient à Hong-Kong, bien décidé à se ranger et à obtenir le pardon de Kit. mais ce ne sera pas si facile…

Ti Lung et Leslie Cheung offrent des prestations solides, mais ils se font souvent voler la vedette par le charismatique Chow Yun-Fat. Devenu une star avec ce film, Chow Yun-Fat en avait assez des rôles sur le petit écran et venait d’enchaîner les bides au cinéma. Mark Gor (au look souvent imité) est le frère d’armes de Sung Tse-Ho, les deux hommes partagent un lien indéfectible, tellement fort que les tragédies et les mésententes ne peuvent le briser. Et seul son parcours tragique, son « chemin de croix », pourra être décisif dans la potentielle réconciliation des deux frangins…

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La rédemption passe par plusieurs étapes pour mener à la dimension sacrificielle. Le Syndicat du Crime n’a pas le record de gunfights de l’oeuvre de John Woo mais ces scènes sont intenses et marquantes (le couloir avec les flingues dans les pots de fleur, le dernier acte…) et s’inscrivent pleinement dans la tonalité mélodramatique qui parcourt l’oeuvre. Le final est poignant et aurait pu se passer de suite. Le succès étant au rendez-vous, John Woo a réalisé un second opus, moins abouti que le premier malgré ses scènes d’action ébouriffantes. Quant au numéro 3, préquelle signée Tsui Hark, je crois l’avoir vu à l’époque mais j’avoue n’en avoir aucun souvenir.

Les français ont attendu sept ans pour pouvoir voir Le Syndicat du Crime (qui est sorti chez nous parallèlement à À toute épreuve). Comme c’était souvent le cas pour ce genre de productions, le doublage était fait à l’économie, plusieurs personnages secondaires étant doublés par le même acteur.

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Hérétique !

Ça aurait pu, mais ç’aurait été dommage, pas tant pour le deuxième opus d’ailleurs que pour le troisième que je conseille au Doc de réviser.

Tsui Hark au sommet de sa carrière fut souvent un producteur « envahissant » (au point d’être le co-réalisateur, voir le vrai réalisateur « caché », de certains films signés Ching Siu-ti, Raymond Lee ou Yuen Bun), et John Woo, le premier sur lequel il essaya ce coup-là, fut moins prompt que d’autres ensuite à se laisser marcher sur les pieds. Il en résultat un conflit sur le tournage du 2, et une « rupture » entre les deux sur le projet du 3. C’est donc Tsui qui réalisa L’Enfer des armes, préquelle aux deux films précédents, tandis que Woo recycla plus tard son projet de scénar’ pour en faire Une balle dans la tête. Soit deux chefs-d’œuvre pour le prix de deux.

Héhéhé…^^
Le coup du frère jumeau, ça reste stupide…et l’un des personnages secondaires est insupportable. Mais niveau gunfights, ça tabasse toujours…

Le Syndicat du Crime 3, plutôt. L’Enfer des Armes est un des premiers films de Tsui Hark et il date de 1980.

C’est vrai que c’était pathétique mais la pilule passe pour pouvoir profiter de Chow Yun Fat, cette séquence finale :3 .

Euh oui. Je plaide l’heure tardive à laquelle j’ai posté, je ne sais pas comment j’ai glissé d’un titre à l’autre.

« L’Enfer des armes » qui, soit dit en passant, est un autre chef-d’oeuvre absolu.