LE TEMPS DES VAUTOURS (Romolo Guerrieri)

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REALISATEUR

Romolo Guerrieri

SCENARISTES

Franco Fogagnolo, Ernesto Gastaldi et Luciano Martino

DISTRIBUTION

Gianni Garko, Fidel Gonzáles, Loredana Nusciak, Fernando Sancho…

INFOS

Long métrage italien
Genre : western
Titre original : 10,000 dollari per un massacro
Année de production : 1967

Suite à l’énorme succès de l’excellentissime Django de Sergio Corbucci en 1966, de nombreux producteurs ont voulu capitaliser sur l’aura du vagabond au cercueil popularisé par Franco Nero. Entre 1966 et 1972, on dénombre ainsi une trentaine de longs métrages qui n’ont de point commun avec le film de Corbucci que le nom de son personnage principal…et dans cette liste, on trouve beaucoup de pelloches qui ont été retitrées à l’international en y incluant le nom de Django. Il faudra attendre 1987 pour que Franco Nero reprenne le rôle de Django dans une véritable suite officielle, intitulée Django 2 : Il grande ritorno.

Parmi les acteurs les plus connus ayant interprété un Django (et donc pas LE Django), il y a notamment Terence Hill dans Preparati la Bara ! (qui a quant à lui été retitré Trinita, prépare ton cercueil lors de sa tardive sortie française), Tomas Milian dans Tire encore si tu peux, George Eastman dans Django le taciturne et Gary Hudson dans Le Temps des Vautours.
Mais qui est donc ce Gary Hudson, me direz-vous ? Derrière ce nom américanisé, se cache en fait Sartana himself, le très bon Gianni Garko, déjà croisé plusieurs fois dans ces colonnes, dans Le Jour de la Haine, Bonnes funérailles, amis, Sartana paiera et Quand les colts fument…on l’appelle cimetière (Nom de Zeus, que j’adore ces titres !).

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Le Temps des Vautours est une réalisation de Romolo Guerrieri, dont je connais très peu la courte filmo, à part ses 3 spaghettis (Les 7 colts du tonnerre, Johnny Yuma et Le Temps des Vautours). Il a ensuite surtout oeuvré dans le polar (il a aussi mis en boite un giallo, L’adorable corps de Deborah).
Aux cotés de Gianni Garko, on retrouve Claudio Camaso, le frère de Gian Maria Volonté au destin tragique. Les deux acteurs seront à nouveau associés l’année suivante dans Le Jour de la Haine. L’interprétation enfiévrée de Camaso, crasseux et suant, est, comme dans Le Jour de la Haine, un parfait contrepoint à celle beaucoup plus intériorisée et intense de Garko. Point commun avec le film de Corbucci, on retrouve la belle Loredana Nusciak, ici dans le rôle de la belle Mijanou, dont la relation troublée avec le ténébreux Django est à l’origine des moments les plus mélancoliques du récit.

Dans Le Temps de Vautours, Django est un chasseur de primes un brin désabusé qui ne s’intéresse qu’aux primes les plus importantes…quitte à manipuler un chouïa ses cibles afin que leur valeur marchande augmente. Il est engagé par un propriétaire terrien pour retrouver sa fille, enlevée par Manuel (Camaso), un criminel dont la tête est mise à prix. Ce qui est très troublant dans le scénario, à l’intrigue au demeurant assez classique, c’est la caractérisation des deux personnages principaux…deux antagonistes qui se ressemblent plus qu’ils ne voudraient le croire, avec un étonnant respect mutuel qui se dessine entre les deux.

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Un jeu du chat et de la souris s’installe donc entre les deux hommes, avec quelques sous-entendus assez savoureux. Mais suite à une attaque de diligence qui dégénère, le film se dirige vers un final attendu, un règlement de compte dans un décor presque post-apocalyptique, pétri de plans iconiques jubilatoires. La musique aux étranges sonorités renforce cette atmosphère crépusculaire, que l’on retrouve dans de nombreux westerns italiens de l’époque.

Régulièrement ponctué par des gunfights percutants (l’un d’entre eux est explosif dans tous les sens du terme), Le Temps des Vautours joue parfois un peu trop avec les limites de la crédibilité (le rebondissement concernant Dolores, la jeune femme enlevée par Manuel, n’est pas vraiment convaincant), mais sa distribution, son ambiance particulière et les bonnes idées de mise en scène sont autant d’éléments qui participent au plaisir de visionnage de ce très bon western.

Voilà encore une péloche bis alléchante dont je n’avais pas entendu parler ; merci pour ton incroyable travail de défrichage, Doc, encore une fois.

Au niveau des titres VF hallucinants, je crois que “Sartana, si ton bras gauche te gêne, coupe-le !” tient la corde pour moi… :wink:

Au niveau des “Django-like” que tu cites, celui que j’adore c’est celui avec Tomas Milian, signé Giulio Questi, un cinéaste assez génial (cf. son espèce de giallo “La Mort a pondu un œuf” avec Jean-Louis Trintignant, absolument terrible) à la courte filmo. Il s’appelle donc “Tire encore si tu peux” et c’est une perle, un des westerns les plus fous qu’il m’ait été donné de voir.
Faudrait que je pense à pondre un billet dessus, tiens…à moins que ce ne soit déjà dans tes tuyaux ? :wink:

Nope, il m’intéresse beaucoup, mais je ne l’ai pas sous la main celui-là (j’ai un autre film avec Tomas Milian dont je parlerai dans les jours qui viennent).
Donc dès que tu as envie d’écrire dessus, n’hésite pas, le Ciné-Club est là pour ça ! :wink:

Génial ! Renseignement pris, il s’agit de l’un des nombreux sous-Django et Sartana, Arrivano Django e Sartana… è la fine, avec deux acteurs dont les noms ne me disent rien du tout, Jack Betts et Franco Borelli, dans les rôles des 2 pistoleros (mais ils font peut-être partie de ces “acteurs dont on reconnaît la tête et pas le nom”).

Et en fait oui, on a tous déjà vu Jack Betts…dans le premier Spider-Man de Sam Raimi ! Il se faisait appeler Hunt Powers (à croire que tout le monde prenait un pseudo à la grande époque du cinéma d’exploitation transalpin) quand il bossait en Italie dans les années 60/70.

Etonnant !!!

Bon, je prends note pour “Tire encore si tu peux”, j’ai justement prévu de le revoir sous peu.
Ce sont même en fait les trois films de Giulio Questi (“Tire encore si tu peux”, “La Mort a pondu un œuf” et le très bizarre “Arcana”) qui mériteraient un petit post. Je vais réfléchir à la question…