Chapitre 3 (2017) Saison 1, épisode 3 Scénariste : Peter Calloway
Après avoir écrit les deux premiers épisodes/chapitres, Noah Hawley laisse la place à d’autres scénaristes à partir de là (une pratique très courante chez les showrunners, très occupés qu’ils sont à superviser la production de leurs shows), et cela jusqu’au season finale. Cela ne veut pas dire pour autant que la qualité baisse, tant cet épisode sert de prolongement/complément au précédent. En raison du kidnapping de sa soeur, David et ses alliés (menés par une Melanie Bird assez mélancolique dès que son mari est évoqué) n’ont pas d’autre choix que d’accélérer la cadence de leur exploration mentale de ses anciens traumatismes, l’occasion de continuer dans cette veine horrifique dès que le « Devil with yellow eyes » se pointe (le choix pas anodin de nommer le chien King, fait figure rétrospectivement d’assez gros indice pour les lecteurs, concernant l’identité du croque-mitaine).
L’éventail des capacités du protagoniste, de plus en plus varié (télépathie, téléportation, télékinésie, projection astrale), se précise peu à peu, précisant sa nature de mutant de niveau oméga (faisant de lui un atout précieux pour ces deux factions opposés dans un conflit encore assez vague, Summerland n’ayant pas le monopole des mutants dans ses rangs). Si l’intrigue tend à avancer plus lentement cette fois (ce qui a été reproché à cet épisode par des spectateurs impatients), elle ne fait pour autant du surplace, en développant divers aspects plus « character-driven » (la mauvaise influence de Lenny sur le long terme, la romance « Sydvid » comme clé de voûte émotionnelle de l’ensemble du show).
Une fois arrivé au stade du point d’étape, cette saison 1 en profite pour changer de focus avec un David pratiquement absent, paumé qu’il est dans un plan astral où réside Oliver Bird (pas mort tout compte fait), visiblement là depuis un certain temps (comme en atteste son look typé « 60’s/70’s » et son évocation de la période d’avant les années Sida), et interprété par un Jemaine Clement très convainquant dans ce rôle. Un personnage truculent (de par son drôle de comportement, appartenant à une autre époque), dont les propos en introduction (avec regard caméra façon Rod Sterling) établissent une démarcation claire entre les différents groupes ; ceux qui ont de l’empathie pour David (Syd, son ex, sa soeur, Melanie) et ceux qui le craignent (Division 3, Ptonomy, le psychiatre), voyant en lui une grande menace très difficile à juguler.
L’investigation laisse ici plus de place au reste du casting, et par la même occasion d’expliciter la nature du lien unissant les « jumeaux/siamois » Carry & Kerry, culminant dans une scène d’action originale (dans une forêt qui avait déjà servie de lieu de tournage pour X-Men: L’Affrontement final), prenant en compte leur spécificité afin de se montrer inventif sur le plan visuel (en particulier l’utilisation du montage dans ce cas, avec accompagnement musical à la clé, à mi-chemin entre le clip musical et les chorégraphies de scènes d’action d’oeuvres bien plus « lambda » qu’un Legion qui continue à tracer sa propre voie/voix).
Chapitre 5 (2017) Saison 1, épisode 5 Scénariste : Peter Calloway
À partir de cet épisode intense, la série oriente le surpuissant David Haller dans un rôle plus trouble (façon « potentiel super-vilain en devenir »), penchant plus du côté « anti-héros borderline » (une orientation prolongée dans les saisons suivantes). Un changement indiquée par à la confiance dont il fait preuve depuis son retour (et pour cause puisque son parasite mental semble être cette fois aux commandes du volant), le rendant nettement plus inquiétant par la même occasion (à tel point que le récit bascule ici pour de bon dans une atmosphère saisissante et réussie de film d’horreur anxiogène).
Il serait peut-être un peu facile, et donc d’autant plus tentant, d’exonérer complètement David de ces actions-là en mettant tout le sur le dos de l’intrus dans sa tête (Lenny et les multiples visages qu’il/elle utilise), sauf qu’ils semblent ici faire le choix de fonctionner en tandem afin de libérer sa soeur de ses tortionnaires. Un arrangement passager, riche en répercussions, équivalant à un pacte avec le Diable (aux yeux jaunes), et celui-ci n’a vraiment pas une gueule de porte-bonheur (comme dirait Dutch).
En dehors d’un interlude romantique pour le couple (dans la « White Room », une terme qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer la mythologie du Phénix), indiquant néanmoins la présence d’un vers dans le fruit, la tension dramatique s’accentue tout au long de cet très bon épisode, culminant dans un excellent final, tout aussi inventif (la disparition du son) qu’imprévisible (à base de twists et autres révélations).
Avant d’accélérer la cadence dans sa dernière ligne droite, la 1ère saison fait ici le choix d’un détour (le genre de digression dont la série à l’habitude, quitte à tester la patience de certains spectateurs). Un épisode « intermédiaire » de par sa nature assez spéciale (certaines cartouches étant gardées en réserve pour la conclusion), qui semble en avoir laissé pas mal sur le bas-côté aux USA (il n’y qu’à voir les avis sur IMDb, allant d’un extrême à un autre, entre ceux qui adorent et ceux qui détestent).
Legion est pourtant loin d’être la seule, et encore moins la première, à utilise ce genre d’astuce narrative (Les personnages principaux enfermés dans un asile le temps d’un épisode, résistants autant qu’ils peuvent à l’idée qui leur est imposée que tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent n’était que le fruit de leur état mental), tellement usité au fil du temps que celle-ci a fini par rentrer dans la catégorie des nombreux poncifs/tropes (la liste est longue et doit pouvoir se trouver du côté du site TV Tropes).
Certes, si la saison ne produit pas ici son épisode le plus mouvementé (le suivant l’éclipse sur ce plan-là), cette configuration lui permet néanmoins de faire le tour du casting sous un autre prisme (faisant en quelque sorte office de miroir déformant du pilote) et de laisser cette fois plus de place à Aubrey Plaza pour faire le show (dans un rôle différent de celui qu’elle tenait avant dans Parks and Recreation aux côtés du futur Peter Quill/Star-Lord, quand celui-ci avant encore un gros bide à la « Lebowski Thor »).
Chapitre 7 (2017) Saison 1, épisode 7 Scénariste : Jennifer Yale
Dans la foulée de la parenthèse clivante du 1X6, Legion produit avec cet avant-dernier chapitre son épisode le plus inventif/expérimental jusque-là, payant à la fois son tribut au cinéma d’horreur des années 80 (plus précisément celui de l’illustre John Carpenter, qu’il s’agisse de la flaque de sang au plafond façon Prince of Darkness et surtout des lunettes spéciales de They Live, capables de percer le voile de l’illusion) ainsi qu’au cinéma muet d’antan (le noir et blanc comme lien entre ces deux périodes distinctes). Même la partie musicale se fait innovante avec une utilisation très originale du Boléro de Ravel (par le biais d’un Oliver Bird décidé à enfin intervenir dans ce conflit ; il était temps).
Le dédoublement mental de David Haller/Legion permet de son côté à l’acteur Dan Stevens d’utiliser son accent britannique naturel (il s’amuse même à imiter brièvement la voix de Patrick Stewart, l’interprète emblématique de Charles Xavier, évoqué ici de façon plus équivoque, calvitie et fauteuil roulant inclus). La précision des enjeux et autres éléments d’exposition sait se faire fluide et non lourde (évitant le long tunnel de dialogues), en illustrant ces informations pour mieux évoquer son passé ; c’est même le (pas encore « Uncanny » officiellement) X-Men#117 des 70’s qui est visuellement convoqué.
Une réussite si éclatante que l’épisode suivant aura du mal à l’égaler, à l’instar (toutes proportions gardées) du Watchmen de Lindelof (avec la même Jean Smart au casting), dont l’avant-dernier épisode (celui consacré au Dr. Manhattan, lui aussi brillant dans sa façon de mixer le conceptuel & l’émotionnel) à tendance à éclipser un final moins éblouissant, occupé à retomber sur ses pattes et à produire une fin pas aussi satisfaisante que celle de Legion (le final le la saison 3), elle aussi diffusée en 2019 (une année chargée côté conclusions: Skywalker Saga, Infinity Saga, Game of Thrones).
Se focaliser sur la perspective d’un personnage secondaire (appartenant à la catégorie de ces figurants considérés interchangeables et donc d’autant plus sacrifiables) ayant eu le malheur de croiser le chemin des puissants personnages principaux (ses graves blessures en témoignent) ; tel est l’angle narratif d’une bonne partie de ce season finale (une approche qui rappelle à la fois les N° The Invisibles#12 de Grant Morrison & Steve Parkhouse et Star Wars Tales#10 de Garth Ennis & John McCrea). Une initiative louable, évitant le manichéisme en lui permettant de faire office à partir de là d’arbitre entre les deux camps, plus enclins à s’unir face à un ennemi commun (aka le Shadow King).
Si cet épisode ne tutoie donc pas les sommets du précédent, il conclue néanmoins plutôt efficacement certaines intrigues tout en préparant celles de la saison suivante (souvent considérée inférieure aux 2 autres, en dépit de ses propres atouts) et entérine un bilan globalement très positif dans l’ensemble.
Avec ce retour inspiré (qui semble avoir décontenancé certains fans de la première saison), Hawley confirme ici la propension de Legion à la métamorphose tout en ne perdant pas néanmoins ses acquis.
Un sacré changement de dynamique et aussi de cadre (bye bye Summerland), permettant au show de se renouveler sur le plan de la direction artistique (toujours aussi soignée) et de la tonalité (une saison 2 qui s’annonce plus sombre et surtout plus trouble moralement), poussant au passage les potards au niveau 11 en terme de surréalisme et autres touches de bizarreries (l’énigmatique leader masqué et ses acolytes moustachues, le claquement de dents à la Hellraiser, le message en provenance du futur).
L’enlèvement de David, survenu à la toute fin de la saison 1 dans une scène post-générique, n’était au fond qu’un habile artifice narratif (afin qu’il soit complètement déboussolé dès son retour) ainsi qu’un carburant à la dramaturgie de la série (source d’un nouveau mystère concernant cette longue absence).
Le parallèle entre les couples David/Syd & Melanie/Oliver se fait bien plus prononcé qu’avant, le signe clair d’une thématique cruciale qui finira par culminer de façon très perturbante lors de cette saison 2.
Une prestigieuse guest-star complète le tableau sur le plan vocal (Jon « Mad Men » Hamm comme voix du narrateur, l’ami de Bill Sienkiewicz, également à l’affiche de la 4ème saison de Fargo et du film Lucy in the Sky d’Hawley), de même que l’arrivée proprement dite d’Amahl Farouk (campé à partir de là par Navid Neghaban), réinventé sous la forme d’un dandy amoureux du son de sa propre voix.
Suite au final surprenant de l’épisode précédent (de l’ordre du twist, tant il retourne la situation comme une chaussette), David Haller se retrouve dans une position très délicate, sur le fil du rasoir, jouant à un jeu dangereux qui accentue d’autant plus son rôle d’outsider soupçonné au sein de l’organisation Division 3. Après une bref accord avec Lenny (s’étant vite retourné contre lui dans la saison 1), le protagoniste franchit-là un pas supplémentaire (les barrières morales s’effritent peu à peu tout au long de cette saison, jusqu’au stade de l’irréparable), lors de son 1er face-à-face avec Farouk (très inventif).
Si la saison 1 pouvait s’apparenter à une sorte de puzzle narratif reconstitué au fil des épisodes, celle-ci a en revanche plutôt des airs de labyrinthe plus tortueux (la raison pour laquelle certains spectateurs ont décrochés à partir de là ?), avec cependant une ligne de mire plutôt fixe (la terrible prophétie en provenance du futur, annonçant un gros affrontement dans les jours à venir, à éviter à tout prix selon la Syd plus âgée). Les choix qui s’offrent à David (source d’un important dilemme) le placent sur une pente glissante, avec ce que cela implique en terme de compromis sur le plan moral. À ce stade, celui-ci peut toujours compter sur le soutien de ses alliés, en particulier sa compagne (« dédoublée » dans cette saison), mais pour encore combien de temps (la réponse ne tardera pas trop longtemps) ?
Le pouvoir de l’esprit (surtout ceux des mutants surpuissants) et sa propension à impacter la réalité (en bien comme en mal) ainsi que l’ambiguïté morale de ceux qui sont capables de cela ; plus la saison 2 avance et plus ses thèmes et son propos se clarifient, tout en naviguant dans son usuel mix de tension dramatique (le final avec le moine), d’inventivité formelle et de surréalisme (la vache et le Minotaure).
Une saison 2 qui bénéficie d’une plus grand stabilité sur le plan des créatifs, et pour cause puisqu’elle a la particularité d’avoir un Noah Hawley qui cumule désormais les casquettes de showrunner et scénariste à chaque épisode (celui-ci devait avoir alors plus de temps libre entre la production des saisons de Fargo), aux côtés de Nathaniel Halpern (choisi parce qu’il s’était distingué par le passé).
Après un épisode plus « macro » (s’attardant sur cette contagion psychique, liée au moine albinos et à Amahl Farouk), la série enchaîne avec une épisode cette fois plutôt d’ordre « micro » (en s’attardant sur les problèmes personnels au long cours d’un personnages affecté par ses capacités dès sa naissance, faisant ainsi de cet épisode un miroir du pilote). À tel point qu’il pourrait presque être considéré comme appartenant à la catégorie de ces épisodes « bouteilles », généralement beaucoup moins coûteux à produire puisque confiné à un seul lieu (cet épisode-là met ainsi le holà du côté des effets spéciaux).
Un de ces épisodes « pas de côté » (plus original dans sa configuration que celui de la saison 1 qui revisitait l’hopital Clockworks), favorisant l’étoffement de la caractérisation, et par là même un aspect émotionnel clé, à l’avancée de l’intrigue globale (tout de même impactée à la toute fin). Si la Syd du présent avait jusque-là tendance à être éclipsée par son double du futur (celle avec un bras en moins) durant ce début de saison 2 (en passant le plus clair de son temps à attendre le retour de son homme ou encore à échanger sa place avec celle d’un chat), elle a cette fois droit un épisode conceptuel qui lui est intégralement dédié (via un David qui a cette fois beaucoup plus du mal à atteindre son objectif).
Par le biais d’une belle idée de scénario (la boucle narrative comme moyen de (re)visiter la vie d’un proche en tant qu’observateur invisible, de la naissance jusqu’au présent, dans l’espoir de saisir ce qu’il s’échine à dire et de comprendre ce qui constitue le centre de son existence) et en allant chercher Ellen Kuras (soit la directrice de la photographie du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Gondry, justement axé autour d’éléments similaires), cette saison 2 produit-là son meilleur épisode à ce stade.
Au-delà de ses propres qualités, cet épisode assez spécial a une finalité narrative très claire : mettre fin à la distance émotionnelle entre Sydney & David (tangible depuis son retour au bout d’un an), tout en dressant un portrait touchant de ce personnage féminin prédominant, et cela depuis le pilote (ce n’est pas un hasard si cette série se termine sur ces deux-là, là-aussi dans un cadre plus intimiste). Le genre d’épisode « character-driven » que les anglos-saxons ont l’habitude de qualifier de « character study ».
Le cadre du musée est aussi l’occasion de faire référence à la genèse du personnage principal (sa version papier plus précisément), puis l’autoportrait d’Egon Schiele (une très forte influence de Bill Sienkiewicz, le dessinateur des New Mutants) avait justement inspiré le look de David Haller/Légion.
Donner une identité très distincte à chaque saison ; une initiative louable mais pas dénuée de risques (certains fans de la saison 1 n’ont pas été forcément aussi réceptifs à celle-ci semble-t-il), y compris pour cette saison 2, dont la tonalité sombre se fait plus prononcée. En particulier dans cet épisode-là.
La dramaturgie est un composant essentiel (de l’ordre du carburant narratif) à n’importe quel type d’histoire feuilletonnante, et Legion ne déroge pas à la règle ici. Pour que l’affrontement entre David Haller et Amahl Farouk se produise (celui qui doit justement être évité à tout prix selon la Syd du futur), il faut un élément déclencheur. Il s’agit ici du tragique destin d’un personnage plutôt secondaire (car absent depuis un certain temps). Intimement lié au retour de Lenny parmi les vivants, cette péripétie permet d’accentuer la cadence vers son final (le show va d’abord se permettre des détours en chemin).
Après Syd & Lenny, c’est au tour de David d’avoir un épisode dédié à lui seul, ou presque puisque sa soeur Amy est aussi présente dans les segments de ce chapitre différent des autres (via ses prismes).
Un détour qui pourrait paraître quelque peu hors-sujet au départ, sauf qu’il y a aussi un dénominateur commun reliant ces multiples timelines parallèles (couvrant le spectre des possibles, y compris en terme d’ascenseur social, du David devenu un PDG arrogant jusqu’au David junkie/sans-abris). Soit une manière originale de se réapproprier le concept du « Et si…? » (exploré par les « What If » de Marvel ou encore les « Elseworlds » de DC) à la sauce Legion (telle cette scène dans un bureau déprimant, rappelant un peu l’atmosphère au début du film Joe Versus the volcano, soudain égaillée par une souris mélomane). Soit un épisode spécial (contenant un « remake » d’une scène d’Orange Mécanique), permettant à Stevens de montrer l’étendue de sa palette de jeu avec ces rôles variés.
Alors qu’une prophétie plane telle une épée de Damoclès au dessus des têtes des protagonistes centraux (concernant les futurs événements de la fin de saison), la dynamique entre David Haller et Amahl Farouk se fait plus ou moins fluctuante, naviguant du statut d’alliés à celui d’ennemis selon les situations, un peu comme Will Graham et Hannibal Lecter (l’aspect « romance macabre » en moins) chez l’Hannibal de Bryan Fuller (là-aussi d’une durée de 3 saisons). Y compris dans des zones moralement grises, avec un méchant pas dénué d’un sens de l’honneur et un héros capable du pire quand il est poussé à bout. D’un côté des américains mentalement instables, joués par des acteurs britanniques (Hugh Dancy & Dan Stevens) et de l’autre des dandys plus âgés et cruels, originaires d’ailleurs (Lecter & Farouk), passés maîtres dans l’art de la manipulation de leur entourage quotidien.
Un épisode qui se concentre ici sur deux segments distincts (pas tout à fait égaux en terme d’intérêt) ; d’un côté une intrigue « A » plutôt de l’ordre d’un jeu d’échec entre stratèges (plaçant leurs pions en vue d’une conclusion approchante) et de l’autre une intrique « B » horrifique (conclue dans cet épisode). Cette partie « freak of the week » (faute d’un meilleur terme) n’étant pas la meilleure du lot (même si elle a le mérite de représenter un lien plus concret avec les interludes explicatifs narrés par Jon Hamm).
Chapitre 16 (2018) Saison 2, épisode 8 Scénaristes : Noah Hawley & Jordan Crair
Si l’intrigue dédiée à la recherche de la dépouille du Shadow King avance pour de bon dans ce épisode-là (équivalant au fond à la quête d’un artefact, pour mieux donner un but commun au protagonistes), celle-ci n’aura pas pour autant été l’élément le plus intéressant de cette saison 2, contrairement au fossé qui se creuse de plus en plus au sein du couple David/Syd (soit le versant intimiste du show). Et cela à cause de son comportement de moins en moins héroïque, poussant dès lors ses proches à se poser de sérieuses questions à son sujet, concernant la direction inquiétante qu’il prend depuis son retour (“Who teaches us to be normal when we’re one of a kind ?”). Du motif de la boussole (un l’indication d’une boussole morale déréglée chez David Haller ?) à la relecture de la caverne de Platon (adaptée à l’ère d’internet), en passant par l’usage du splitscreen (d’une manière qui n’est pas sans rappeler le Hulk d’Ang Lee, lui aussi considéré très cérébral par le public), cet épisode recèle son lot de trouvailles formelles et narratives, à même de maintenir ainsi l’intérêt tout du long.
David & Syd étant paumés dans le désert (à la recherche de la dépouille d’un Farouk lui aussi présent au même endroit), cet épisode-là s’en éloigne complètement pour mieux se concentrer sur le reste du casting principal. Une manière de compenser la propension qu’aura eu cette saison 2 à quelque peu délaisser ses personnages secondaires (en particulier Mélanie Bird et Cary Loudermilk), et aussi afin d’avoir une vue d’ensemble de ces pions convergeant vers leur destination commune. Après avoir hanté David plutôt longtemps, c’est désormais au tour de Lenny d’avoir une intrus dans sa caboche, sauf que ce « fantôme » à une raison tout à fait valide d’être là (lui servir de conscience ou bien la torturer mentalement, sa finalité n’est pas encore claire). Sans oublier l’hommage au film Repo Man.