Hey, c’est pas le tout de discuter chiffons, faut aussi qu’on dise un mot de ce mirifique sixième épisode, là.
C’est sûr que ce n’est pas l’épisode qui réconciliera les spectateurs les plus allergiques à ce rythme lancinant avec la série. Mais par ailleurs, quelle maëstria !!
A ce titre, il faut voir cette intro aussi simple que scotchante, avec ses transitions/ellipses aux raccords « invisibles » qui passent en revue tous les persos, transformant leurs capacités surhumaines ou leurs principaux traits de caractérisation en psychopathologies diverses et variées. Chapeau pour l’exercice, qui renouvelle cette ruse de sioux un brin éculée (que je confesse adorer…) qui consiste à faire croire au héros qu’il est fou et qu’il a halluciné toutes ses aventures depuis la cellule capitonnée de son asile (Buffy, Batman, Sentry et plus récemment Moon Knight pour les comics : les exemples sont… légion (hé hé)).
La teneur musicale de la série, comme ça a beaucoup été relevé à droite à gauche, est vraiment de toute première bourre, et rentre même dans la diégèse à l’occasion de cet épisode. J’ai juste eu un peu de mal avec le numéro musical de la très belle Aubrey Plaza (qui se taille la part du lion dans cet épisode), un brin plus foutraque, vulgos et clippesque que les précédents, mais la nature du perso et ses capacités en donnent quand même une « justification » (le côté décousu est dû au « zapping » entre les différents « lieux mentaux » qu’elle explore).
Au passage il semble bien que les différentes incarnations de ce perso correspondent bien au Shadow King (j’ai l’impression en tout cas), qui fait pour la première fois de la saison des références directes au Prof X, et à la raison de son « abandon » de David.
Plein de superbes petites idées de-ci de-là (ces yeux flippants à la Dario Argento qui apparaissent sur un mur, par exemple), des persos secondaires tous fouillés voire poignants, j’en passe et des meilleures : voilà un show qui tient toutes ses promesses !!!
La vache ! Sacré épisode que le septième de cette première saison… et c’est même pas le grand final !!
Après une ouverture lorgnant un peu sur les ambiances à la Lynch ou Argento (les grands génies de « l’irrationnel » au cinoche), les auteurs déroulent de manière pour une fois très directe (malgré le côté « mille-feuilles narratif » toujours présent, l’épisode file à toute allure) et livrent énormément de réponses, confirmant certaines théories évoquées plus haut.
Ainsi, l’identité du grand méchant est confirmée, et c’est vraiment une excellente idée : pas forcément le plus spectaculaire des adversaires des X-Men, cet antagoniste n’aurait pas forcément convenu au grand écran et se révèle parfait pour les intrigues au long cours propres aux séries télé ; il était d’ailleurs déjà parfaitement taillé pour les longues machinations typiques des récits de Claremont, et présent dans l’univers mutant depuis l’ère Byrne jusqu’à la toute fin de l’ère claremontienne, en passant par les débuts des Nouveaux Mutants. Excellente utilisation de ce perso en tout cas, au centre d’une des séquences les plus originales de l’épisode (qui n’en manque pas, du Boléro de Ravel en mode indus-rock à la séquence film muet, cartons d’intertitres à l’appui), celle du dessin animé sur le tableau noir (très chouette et tout con).
Cette même séquence confirme également qu’un perso central de la mythologie mutante est bel et bien lié à Legion, qui colle finalement de près à son avatar papier ; ceci dit, les auteurs se gardent bien de trop l’exposer (peut-être coincé par des histoires de droit et compagnie, franchise cinématographique oblige), et ça renforce son aura, en fait.
L’interprète principal se révèle toujours aussi convaincant (usant de son accent « naturel », british, au cours d’une séquence astucieuse), et les persos secondaires ne sont pas en reste. C’est d’ailleurs la vraie bonne surprise de la saison à mon sens, tous ces personnages qui se révèlent plus attachants et passionnants les uns que les autres (mention spéciale au couple tragique Mélanie/Oliver, ce dernier se révélant un super perso un peu Grant Morrison période « The Invisibles » sur les bords dans l’esprit).
Que demander de plus ? Une petit référence cinématographique de bon aloi peut-être ? Check, avec l’utilisation de lunettes révélatrices qui renvoient direct à « Invasion Los Angeles » du grand John Carpenter… On a vu pire référence.
Franchement, il y avait dans ce superbe épisode la matière nécessaire à boucler la saison, mais les auteurs, généreux, concluent sur un double cliffhanger qui promet un final tout simplement dantesque.
La série payait pas de mine sur le papier, et se révèle finalement une magistrale appropriation de l’univers mutant sur le petit écran.
Et sinon, très chouette conclusion que cet épisode 8 qui vient ponctuer une saison surprenante et même fabuleuse dans son genre.
Pour être tout à fait franc, ce n’est pas là le meilleur épisode de la saison quand même, peut-être du fait d’une structure très « droite » (dans la lignée de l’épisode précédent) qui abandonne les structures kaléidoscopiques des premiers épisodes (sans sacrifier à quelques séquences psyché, quand même). C’est un peu moins grisant, mais ça a le mérite de la cohérence : David retrouvant dans ce semi-happy end un semblant d’équilibre, il n’est pas illogique que la narration s’adapte à ce nouvel état de fait.
Est-ce à dire pour autant que l’épisode est dénué de qualités ? Oh que non. Il est quand même hautement jouissif, notamment du fait de quelques séquences électrisantes, qui embrasse totalement l’esthétique comic-book, rivalisant sans peine en la matière, avec nettement moins de moyens, avec ce qui peut être faut sur grand écran. Il faut voir par exemple cette séquence post-évasion du grand vilain où l’équipe des héros, défaite, se retrouve au sol, sonnée, dans un décor en ruines : c’est une séquence éminemment « only in comics ».
Si on ajoute à ça un sens du dialogue toujours aussi affûté (certaines des meilleurs répliques de la saison sont à chercher dans cet épisode), et des idées merveilleuses en veux-tu en voilà (comme cette intro qui étoffe miraculeusement le background d’un perso secondaire, un méchant, subitement touchant ; toutes proportions gardées, la « radicalité » en moins, j’ai pensé au fameux « Best Man Fall », cet incroyable épisode des « Invisibles » de Grant Morrison), ça fait quand même un bilan plus que largement positif, sans compter que beaucoup de cartouches demeurent pour la saison 2 (et même au-delà).
Niveau zique, on se régale toujours autant, avec un « Breathe » (Pink Floyd) et ses fameux effets stéréo franchement électrisant.
Mention « what-the-fuck » à la séquence post-générique, très brève, qui remet un jeton dans la machine, avec ses furieux airs de série B…
Grosse claque que cette série, en ce qui me concerne. Chapeau, Noah Hawley.
Oh que oui. J’en suis à la moitié et je suis très, très fan. L’interprétation est excellente, les personnages sont passionnants (et ils sont tous très bien développés), chaque épisode est bourré d’idées scénaristiques et de trouvailles visuelles épatantes (les virées dans l’esprit fracassé de David Haller sont vertigineuses) et c’est aussi intrigant que sacrément flippant par moments (les différentes apparitions du « monstre aux yeux jaunes » et du « petit garçon en colère »…deux visuels fabuleux).
Bref, c’est une réussite…et ce n’est que la première moitié de la saison…
Outre les autres qualités que tu énumères, je trouve que c’est vraiment la réussite majeure de la saison, que d’arriver à brosser ainsi une galerie de persos « secondaires » (qui ne le sont pas vraiment, du coup) aussi attachante et aboutie…
C’est d’autant plus fort qu’on s’y attendait pas, moi tout du moins, avec un perso principal au potentiel aussi énorme.
Tout pareil. Une excellente surprise, à tous les niveaux : réalisation, interprétation, caractérisation (comme tu l’as souligné, même un personnage secondaire de début de saison se retrouve étoffé de fort belle manière au début du dernier épisode), atmosphère envoûtante, morceaux de bravoure impressionnants…c’est très riche, avec des idées de dingue à chaque épisode pour un résultat épatant.
Eh ben, je ne m’attendais clairement pas à ça.
Voila un réalisateur qui n’a pas eu peur de sortir des sentiers battus et qui nous rend une copie quasi parfaite. La preuve qu’on peut faire plein de choses avec du super-héros.
Des débuts à la Vol au dessus d’un nid de coucou au final, on passe par différentes états.
D’abord j’ai eu un peu peur après le premier épisode, on a eu un petit creux de vague, mais l’épisode 3 a su remettre un peu de tension, on a eu un sacré twist après l’épisode 4 et jusqu’au dernier on est monté crescendo.
La BO est brillamment travaillée et colle bien aux différentes scènes. Et de plus, on a de tout, du Pink Floyd, du Rolling, du classique, de l’électro.
Visuellement, c’est bourré de bonnes idées.
On a plein d’hommage au cinéma, on passe par le muet, la comédie musicale, et j’en passe.
L’identité du monstre m’est venue assez rapidement à l’esprit mais il a fallu attendre la fin de saison pour que son nom soit mentionné.
Sacré cliff de fin de saison également. Vivement la suite!
La saison 2 de Legion sera composée de 10 épisodes. La série accueille un nouvel acteur, Saïd Taghmaoui (La Haine, Wonder Woman…), qui incarnera Amahl Farouk (et j’ajoute que Aubrey Plaza sera toujours au générique dans le rôle de Lenny).
À la toute fin du panel du San Diego Comic Con consacré à Legion, le créateur de la série Noah Hawley a révélé qu’il travaille également sur un long métrage pour la FOX.
Noah Hawley : Je développe en ce moment un film pour la FOX. Et je vais uniquement ajouter deux mots.
Docteur. Fatalis.
Ça va dans le sens des déclarations de Feige que j’aurais tendance à croire.
Pas d’accord entre Marvel et la Fox. Pas grave. Les prods superhéroïques sont assez nombreuses pour que j’ignore les développements foireux.
Tout dépend de qui fait quoi.
Vu les deux foirages sur les FF (la première série de films n’était pas bien puissante), voir la Fox balancer des concepts reposant sur des bases nulles, ça n’envoie pas du rêve.
Sony a fait un calcul bien plus intelligent avec Spider-man : bosser avec Marvel pour disposer d’un socle solide et fédérateur, puis développer derrière. Il y a sans doute aussi la volonté de choper un savoir-faire.
Venom sera peut-être pourri, mais au moins, Sony aura essayé d’aller dans le bon sens.
Noah Hawley et son équipe ont fait un job formidable sur Legion. Mais l’exploitation des personnages secondaires sans avoir réussi à faire quelque chose avec les personnages principaux, je n’y crois pas. Valéria et Franklin, maintenant Fatalis… demain, l’Homme-Taupe ? À la limite, Namor ou le Surfer d’Argent, je comprendrais, mais là…