LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE (Nathan Juran)

REALISATEUR

Nathan Juran

SCENARISTES

Nigel Kneale et Jan Read, d’après le roman de H.G. Wells

DISTRIBUTION

Edward Judd, Martha Hyer, Lionel Jeffries…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : science-fiction
Titre original : First Men in the Moon
Année de production : 1964

En 1964, une navette spatiale avec à son bord des astronautes de plusieurs nationalités rassemblés sous la bannière des Nations Unies atterrit sur la Lune. Ils sont persuadés d’être les premiers hommes à marcher sur la Lune…mais ils découvrent un drapeau britannique et un message vieux de plus de 60 ans !
En 1899, Arnold Bedford, fiancé sans le sou de la belle Katherine Callender, rencontre l’excentrique professeur Cavor, qui lui fait part de son importante découverte, un alliage anti-gravité qu’il a surnommé la cavorite…

Grand lecteur des oeuvres de science-fiction de H.G. Wells, Ray Harryhausen a attendu 1964 pour pouvoir travailler sur l’adaptation cinématographique d’un roman de l’écrivain anglais. Après avoir envisagé La Guerre des Mondes (dont a été tiré un film réalisé par Byron Haskin en 1953) et La Nourriture des Dieux (dont Bert I. Gordon s’est très librement inspiré pour Village of the Giants et Soudain…Les Monstres), Ray Harryhausen et son fidèle producteur Charles H. Schneer ont développé Les Premiers Hommes dans La Lune en Angleterre, en s’assurant les services au scénario de Nigel Kneale, le créateur du professeur Bernard Quatermass.

Ce n’était d’ailleurs pas la première adaptation des Premiers Hommes dans La Lune, puisqu’il se dit que le livre fut l’une des sources d’inspiration de George Meliès pour son Voyage dans La Lune. Il y a eu aussi une autre version muette sortie en 1919 et maintenant perdue.

Pour les besoins du scénario, Nigel Kneale a procédé à quelques changements en ajoutant un savoureux prologue situé dans le présent, en adoptant une narration en flashback et en ajoutant un personnage féminin absent du roman de H.G. Wells. Cette touche féminine a permis d’approfondir un peu plus le personnage de Arnold Bedford, ainsi que les raisons qui le poussent à suivre le professeur Cavor dans sa folle expédition lunaire.
Parmi les autres modifications, il y a aussi la fin, qui évoque celle de l’une des histoires les plus connues de H.G. Wells, La Guerre des Mondes.

Le récit dont l’action prend place en 1899 se déroule en deux temps : les préparatifs de l’expédition, racontées sur un ton léger, avec un humour bon enfant principalement basé sur le comique de situation, qui permet de faire passer les facilités et autres amusantes “fantaisies scientifiques”. Et puis l’exploration lunaire, pendant laquelle les héros ébahis découvriront que notre satellite n’est pas aussi inhabité qu’ils le croyaient. L’atmosphère se fera alors de plus en plus sombre, alors que l’idéaliste Cavor est confronté à la violence de Bedford et aux véritables intentions des Sélénites. Un palpitant dernier acte, qui monte bien en puissance grâce à un suspense efficace et des scènes d’action bien mises en valeur par la réalisation.

Ray Harryhausen est resté proche du roman de H.G. Wells : il y a donc ici moins de créatures animées image par image que dans Jason et les Argonautes par exemple. Mais sa magie a pu trouver de quoi s’exprimer avec les fameuses “vaches lunaires” et les leaders des Sélénites (les soldats furent par contre campés par des acteurs de petites tailles en costumes un tantinet ridicules, petit budget oblige), ainsi que par l’élaboration de spectaculaires décors.

À la mise en scène, on retrouve Nathan Juran, un bon artisan de la série B qui avait déjà signé deux autres productions Harryhausen/Schneer, À quelques millions de kilomètres de la Terre et Le Septième Voyage de Sinbad. Ce fut d’ailleurs l’un de ses derniers travaux pour le cinéma, puisqu’il s’illustrera ensuite principalement pour le petit écran, en réalisant des épisodes de séries telles que Voyage au fond des mers, Au coeur du temps et Perdus dans l’Espace.

Et pour terminer, voici un petit aperçu de l’adaptation en bande dessinée publiée par Gold Key, avec Fred Fredericks aux dessins :

Cavor que l’on a vu dans
La ligue des gentlemen extraordinaires
La ligue des héros
Et
Robur.

J’ai lu le roman de Wells il y a quelques mois.
Très sympa.