LE JOUR OÙ LA TERRE PRIT FEU (Val Guest)

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REALISATEUR

Val Guest

SCENARISTES

Val Guest et Wolf Mankowitz

DISTRIBUTION

Edward Judd, Janet Munro, Leo McKern…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : drame/science-fiction/romance
Titre original : The Day the Earth Caught Fire
Année de production : 1961

En pleine Guerre Froide, des essais nucléaires menés par les Etats-Unis et l’U.R.S.S. ont provoqué un déplacement de l’orbite de la Terre, entraînant des dérèglements climatiques. Ces phénomènes sont observés et analysés à travers le bouillonnement de la salle de rédaction du Daily Press. Un regard très authentique, quasi-documentaire…si l’éditeur en chef est plus vrai que nature, c’est parce que l’acteur Arthur Christiansen a occupé ce poste pendant plus de 20 ans. L’activité intense à l’approche du bouclage est bien rendu à l’écran et il y a beaucoup de personnalités intéressantes dans cette véritable ruche.

J’ai notamment une préférence pour le personnage de Bill Maguire, un vétéran de l’info incarné par le charismatique Leo McKern (La Fille de Ryan) qui se réserve les meilleures répliques. La tête d’affiche est Edward Judd (Les Premiers Hommes dans La Lune) dans le rôle de Peter Stenning, un journaliste désabusé qui s’est réfugié dans l’alcool depuis son divorce. Son éditeur ne lui confie plus que la rubrique des chiens écrasés et c’est à lui qu’il incombe d’interroger des officiels à propos de la récente vague de chaleur caniculaire…

La peur du nucléaire est un sujet qui n’a pas souvent été traité dans le cinéma de science-fiction britannique des années 50 et du début des sixties (c’était avant que Stanley Kubrick en fasse une comédie satirique avec Docteur Folamour). D’après le réalisateur Val Guest (Le Monstre, La Marque…), solide artisan de la série B, il y avait un manque d’intérêt pour son scénario (co-écrit avec Wolf Mankowitz) de la part des producteurs. Il n’a donc pu trouver un financement (très modeste, dans les 190.000 livres) qu’en mettant en garantie les profits engrangés par son long métrage précédent.

Après un prologue apocalyptique (teinté en « jaune-orangé », un procédé à nouveau utilisé dans les dernières minutes), le récit nous ramène plusieurs semaines en arrière. Car il n’a pas fallu longtemps pour que l’humanité se précipite à sa perte…
La construction rappelle la vague de films catastrophes à venir. Le premier acte s’attache aux protagonistes, prend le temps de développer leur histoire, leurs relations. Le rythme est un peu lent, mais la caractérisation est soignée. La jolie Janet Munro (Darby O’Gill et les Farfadets) n’est pas que l’atout séduction du film, elle joue une femme indépendante, au caractère bien trempé.

La rencontre avec Jeannie (Janet Munro) marque le début d’un changement dans le comportement de Peter Stenning, mais rapidement les choses dégénèrent. Malgré les moyens limités, Val Guest a su concocter une atmosphère palpable de fin du monde. Si les trucages sont parfois un peu rudimentaires, certains visuels, comme les vues sur Londres qui mêlent miniatures et matte-paintings, sont saisissants.

La peur et la folie règnent (le chaos du dernier acte)…la résignation aussi. Les ultimes scènes entretiennent tout de même le doute jusqu’au bout, notamment grâce à une bonne idée qui exploite une nouvelle fois très bien le point de vue journalistique sur les événements…