Cette fois-ci un deux en un avec deux projets avortés censés sortir à peu près à la même période sur la même série, à savoir Daredevil: The Devil’s Own de Miller et Simonson ainsi que le run d’Englehart sur tête à cornes, et par la même occasion j’évoquerai brièvement la période Nocenti qui en a résulté.

En 1986, en plein âge d’or millerien (Year One, Love and War, The Dark Knight Returns, Elektra: Assassin) le scénariste et dessinateur star opère un retour fracassant sur sa série fétiche avec l’apothéose grandiose qu’est Born Again.
Une fois cette saga terminée, Miller se dit qu’il aimerait bien écrire un arc de plus avec Walt Simonson au dessin, son vieux pote et compère du studio Upstart Associates.
Ce diptyque ayant comme sujet la pédophilie, devait au départ être un simple fill-in s’étalant sur les numéros 235-236, or les éditeurs ont fait part de leur empressement en raison de l’arrivée imminente d’une nouvelle équipe créative (la couverture du second numéro a du coup été la seule occasion qu’a eu Simonson de dessiner DD).
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Seul le script du premier épisode a été achevé, et le projet est du coup resté dans les cartons, sa concrétisation étant de plus en plus mise en péril vu le retour de Miller chez DC et l’arrivée du couple Simonson sur X-Factor (l’éditeur Ralph Macchio a essayé de faire avancer les choses à la fin de la décennie en le transformant en one-shot à part pour lui donner plus de visibilité, mais cela n’a pas abouti).
Après que Fingeroth et Ditko se soient chargés de l’intérim, c’est l’éditrice Ann Nocenti, et scénariste de la mini-série Longshot, qui se charge finalement de l’écriture du 236, dessiné par Barry Windsor-Smith rien que ça (du vrai fill-in de luxe, publié en vf dans le recueil « Rêve américain »).
Pour la suite, Steve Englehart est envisagé, mais la situation établie dans le numéro précédent à propos de Black Widow modifie ses plans, lui qui voulait faire en sorte que Matt et Natasha reviennent à San Francisco pour rejoindre les West Coast Avengers (sa série justement).
En demandant à l’éditeur de changer cela, il subit une relative déconvenue (« non, elle est éditrice, c’est toi qui devra changer tes plans ! ») et il n’écrira finalement que le 237, sous le pseudonyme de « John Harkness », avant de s’en aller.

À partir de là, Ann Nocenti débutera un run remarquable (dans le top 3 de mes périodes favorites de la série avec Miller et Colan) qui atteindra son plein potentiel avec l’arrivée de John Romita Jr et Al Williamson, un dessinateur et encreur hors pair qui faisait également des merveilles avec Buscema pendant la période Madripoor du griffu.
Miller et Simonson finiront tout de même par collaborer en 1992 chez Dark Horse sur la série Robocop versus Terminator (connue également pour son adaptation vidéoludique).
Cela permet à Miller de réutiliser certains éléments développés à l’époque de sa courte et plutôt amère expérience hollywoodienne au début des années 90.
Il reprend donc certaines idées non utilisées de Robocop 2 & 3, les deux suites mal-aimées du chef-d’oeuvre de Verhoeven.
Sources: manwithoutfear.com/daredevil.shtml
marvel1980s.blogspot.fr