LES VAMPIRES (Riccardo Freda et Mario Bava)

REALISATEURS

Riccardo Freda et Mario Bava

SCENARISTES

Riccardo Freda, Mario Bava et Piero Regnoli

DISTRIBUTION

Gianna Maria Canale, Carlo D’Angelo, Dario Michaelis…

INFOS

Long métrage italien/français
Genre : horreur
Titre original : I Vampiri
Année de production : 1957

Mario Bava a réalisé son premier long métrage, l’excellent Le Masque du Démon, en 1960 à l’âge de 46 ans. Avant cela, il fut un chef opérateur renommé, avec un début de carrière remontant à la fin des années 30…et c’est un poste qu’il n’a jamais abandonné puisqu’il s’est occupé de la photographie de quasiment toutes les entrées de sa filmographie, le plus souvent sans être crédité au générique. Mais avant de signer Le Masque du Démon, il était aussi celui à qui on faisait appel pour terminer une production en difficulté et là aussi sans que cela soit mentionné au générique. En plus de la photo, il a ainsi réalisé quelques séquences de cinq films entre 1957 et 1959, le premier étant Les Vampires de Riccardo Freda.

Selon plusieurs sources, I Vampiri est le film qui a relancé le genre horrifique à la fin des années 50. L’industrie cinématographique transalpine sortait alors du néo-réalisme et l’époque était à la comédie, à la grande aventure, au péplum. L’un des grands maîtres du cinéma populaire était Riccardo Freda avec des oeuvres comme Le Chevalier Mystérieux, La Vengeance de l’Aigle Noir et Théodora, Impératrice de Byzance. Il était donc presque logique qu’il participe à la résurgence du fantastique avec ce I Vampiri dont il apporta l’idée.

Mais même si les films de Freda étaient souvent des succès, les producteurs se sont montrés frileux. Le réalisateur n’a eu droit qu’à un budget très modeste et à peine deux semaines de tournage. Au bout de 10 jours, Freda s’est rendu compte qu’il lui fallait une rallonge mais il s’est heurté à un refus. Il a alors claqué la porte et c’est Bava qui a terminé la production, réécrivant et mettant en boîte les scènes restantes en l’espace de deux ou trois jours. Les Vampires débute comme un film policier, avec des éléments qui peuvent être vus comme annonciateurs du giallo qui sera très populaire dans les années 60/70.

Le personnage principal des Vampires est Pierre Latin (fade Dario Michaelis), un journaliste qui enquête sur une étrange vague de meurtres en plein Paris ne touchant que des jeunes femmes retrouvées vidées de leur sang. Pour Latin, l’affaire va devenir personnelle lorsque sont impliquées son amie Lorette ainsi que la duchesse Gisèle Du Grand (superbe Gianna Maria Canale, actrice fétiche de Freda…et son épouse à la ville) avec laquelle il entretient des relations conflictuelles.

La partie enquête n’est pas la plus palpitante mais Riccardo Freda a su concocter un suspense qui va crescendo, au rythme des révélations et des rebondissements bien dosés. L’efficacité tient aussi au décalage entre la représentation de Paris et l’incursion du gothique avec les décors somptueux de la demeure familiale des Du Grand. Les problèmes en coulisses participent au côté un brin décousu de l’intrigue, ce qui n’empêche pas Les Vampires d’enchaîner les scènes fascinantes.

Leur réussite tient également pour beaucoup au travail impeccable de Mario Bava. Visuellement, Les Vampires est un film de toute beauté, avec des ambiances remarquablement travaillées et des trouvailles brillantes comme un vieillissement accéléré réalisé à l’aide de trucages photographiques pour un effet saisissant !

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