L'ÉVADÉ D'ALCATRAZ (Don Siegel)

MV5BNDQ3MzNjMDItZjE0ZS00ZTYxLTgxNTAtM2I4YjZjNWFjYjJlL2ltYWdlXkEyXkFqcGdeQXVyNTAyODkwOQ@@.V1_FMjpg_UX1000

REALISATEUR

Don Siegel

SCENARISTE

Richard Tuggle, d’après le livre de J. Campbell Bruce

DISTRIBUTION

Clint Eastwood, Patrick McGoohan, Fred Ward, Jack Thibeau…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller
Titre original : Escape from Alcatraz
Année de production : 1979

Après presque trente ans de service, la prison d’Alcatraz a fermé ses portes le 21 mars 1963. L’explication officielle était que les coûts de gestion de l’établissement étaient devenus beaucoup trop élevés. Cette décision a été prise quelque mois après l’évasion réussie de trois détenus qui ont mis à profit l’érosion du ciment dans l’élaboration de leur plan. Ces trois prisonniers, qui ont pour noms Frank Morris, John et Clarence Anglin, n’ont jamais été retrouvés et le mystère sur ce qu’ils sont devenus demeure à ce jour.

Leurs longs préparatifs, qui ont pris plus de six mois (trous creusés dans les cellules à la place des grilles de ventilation, fabrication de fausses têtes et d’un radeau de fortune…), ont été popularisés par le film de Don Siegel, le cinquième et dernier de sa collaboration avec Clint Eastwood (suite à des désaccords pendant la pré-production). À un tel point que les années qui ont suivi, la plupart des visiteurs du Rocher voulaient voir en priorité la « cellule de Clint Eastwood »

MV5BNzRkNjhjZTQtZWZiZS00MjA1LWJiYTItNDRmMWY3ZmFmZTg3XkEyXkFqcGdeQXVyNTU1OTUzNDg@.V1_FMjpg_UX1000

Dès ses premières minutes, L’Evadé d’Alcatraz se distingue par sa narration qui va droit à l’essentiel. L’économie de paroles, le timing précis de la musique renforcent la tension, la sensation d’étouffement qui se referme sur le nouvel arrivant à Alcatraz, une claustrophobie accompagnant la monotonie de la vie des prisonniers. Les différents protagonistes qui gravitent autour de la figure principale qu’est Frank Morris sont efficacement présentés, en jouant habilement sur les personnalités presque « imposées » que l’on attend dans un film de prison.

La distribution est excellente. Aux côtés du grand Clint, on retrouve Patrick McGoohan (Le Prisonnier) en directeur intransigeant, Fred Ward dans son premier grand rôle et de bons seconds rôles comme Roberts Blossom, Paul Benjamin et Larry Hankin qui délivrent tous de solides compositions. Le premier est d’ailleurs au centre d’un des moments mémorables du film, celui des doigts coupés, inspiré par un incident réel qui s’est déroulé à Alcatraz dans les années 30.

MV5BOTc0YzE4MzQtNmViZi00OGE4LTkxM2EtOTc4YTA4ZTg5OTE2XkEyXkFqcGdeQXVyOTc5MDI5NjE@.V1_FMjpg_UX1000

L’issue est connue, ce qui n’empêche pas le suspense d’être accrocheur, avec une belle montée en puissance. La seconde partie du long métrage est impeccable, du déroulement du plan de Frank au morceau de bravoure qu’est l’évasion. Là encore, les répliques sont réduites, tout passe par les expressions, les mouvements de caméra, le montage…une mécanique parfaitement huilée !

Le final de L’Evadé d’Alcatraz était à l’origine plus ambigu…c’est Clint Eastwood qui a imposé une scène supplémentaire avec Patrick McGoohan, sorte d’ultime mouvement de l’affrontement psychologique entre Frank Morris et le directeur.

1 « J'aime »

Un film que j’adore.

La scène « Je déteste les nègres », inconcevable de nos jours, est un monument de testostérone et de caractérisation.

Jim