L'HORRIBLE CAS DU DOCTEUR X (Roger Corman)

REALISATEUR

Roger Corman

SCENARISTES

Robert Dillon & Ray Russell

DISTRIBUTION

Ray Milland, Diana Van der Vlis, John Hoyt, Don Rickles…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur/science-fiction
Titre original : X - The man with the X-Ray eyes
Année de production : 1963

Au début des années 60, Roger Corman connaît un certain succès avec sa période gothique qui le voit adapter des récits d’Edgar Allan Poe (La chute de la maison Usher, L’enterré vivant, Le Masque de la Mort Rouge…). La petite firme AIP, chapeautée par James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff, lui laisse donc les coudées franches sur plusieurs projets horrifiques, dont cet Horrible Cas du Docteur X (X : The Man with the X-Ray Eyes en V.O.).

Le Docteur James Xavier travaille sur une formule (qu’il baptisera bien entendu X…il n’y a pas que Charles Xavier qui voit des X partout) pour accroître l’acuité visuelle et voir à travers toutes les surfaces. Contre l’avis de ses collègues et amis, il l’expérimente sur lui-même. Les résultats sont prometteurs mais suite à son comportement erratique, la fondation qui le finance refuse de continuer à le soutenir. Après avoir tué par accident son meilleur ami le Dr Brandt, Xavier devient un fugitif. Poussé par son insatiable curiosité scientifique, il continue de s’administrer le sérum X. Son nouveau pouvoir aura des conséquences désastreuses…

Avec L’Horrible Cas du Docteur X, Roger Corman réalise l’un de ses meilleurs films, en mêlant science-fiction et horreur avec intensité, en multipliant les rebondissements jusqu’à un final empreint d’une grande tension. Dans le rôle principal, l’excellent Ray Milland impose une interprétation habitée et de plus en plus fiévreuse. Après avoir tourné notamment sous la direction de Billy Wilder (Le Poison), Alfred Hitchcok (Le crime était presque parfait) ou encore Fritz Lang (Le Ministère de la Peur), Ray Milland se tournera plus régulièrement vers le fantastique dans la dernière partie de sa carrière et on le verra notamment dans L’enterré vivant de Corman, l’absurde La chose à deux têtes, Battlestar Galactica et Hydra : Le Monstre des Profondeurs.
Ici, il compose avec talent les différentes facettes de son personnage, de la curiosité scientifique du début à l’obsession hallucinée du final.

Dans les limites de la production (parce que comme d’habitude, le budget reste serré), Corman fignole de chouettes astuces de mise en scène pour rendre compte des capacités exceptionnelles de Xavier. La touche d’humour est de rigueur lorsque le héros découvre qu’il est capable de voir sous les vêtements (mais Corman n’en fait pas un pervers pour autant). Les judicieux angles de caméra suggèrent la nudité tout en ne dépassant pas le cadre de ce
que l’époque pouvait montrer.

Plus Xavier prend la formule, plus son comportement et sa perception du monde change. Le monde autour de lui se teinte de couleurs surréalistes et lors de dernières scènes teintées de spirituel, l’univers se révèlera à lui de manière hallucinante. Sa solution pour mettre fin à cette situation sera glaçante.
Dans son essai Anatomie de l’horreur, Stephen King voit en ce climax une inspiration lovecraftienne, mais je ne maîtrise pas assez l’oeuvre de Lovecraft pour infirmer ou confirmer cet avis.

Ce scénario ambitieux aurait mérité un budget plus important, mais Roger Corman tire le meilleur de ce qui est à sa disposition malgré quelques légères chutes de rythme (et quelques stock-shots un peu insistants et qui auraient mérité d’être réduits de quelques secondes). L’atmosphère particulière qu’il imprime à l’incroyable histoire du Docteur Xavier fait tout le sel de cette série B réussie, à l’interprétation de qualité.

1 J'aime

Dans la biopic qu’il consacre à Kirby, Tom Scioli suppose que l’annonce de ce film aurait inspiré le « King des Comics » pour l’invention du nom de Charles Xavier (et quelques autres éléments).

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Jim

C’est vrai que c’est tentant de faire le rapprochement…^^