LONG JOHN SILVER t.1-4 (Xavier Dorison / Mathieu Lauffray)

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La critique de Long John Silver T.4 (simple - Dargaud) par vedge est disponible sur le site!

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Grande relecture du mythe.

Jim

Ouais, c’est assez passionnant ! (et joli en plus)

Je viens de relire le premier tome, et je savoure les échanges et l’atmosphère construits autour du personnage de Lady Vivian. C’est à la fois drôle, ironique, sarcastique, et touchant même.

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Quant au dessin, on voit toute l’influence Buscema qui ressort. Y a des cases magnifiques.

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Une très grande réussite.

Jim

J’ai appris que Long John Silver n’avait peur que d’une seule personne:l’ancien bras droit de BarbeNoire:James Hook(Crochet).

Je continue ma relecture de la saga…
Si le premier tome faisait la part belle à Lady Vivian, qui semble en pleine maîtrise de son destin et de celui des autres, le deuxième volume marque le basculement, la manière dont Silver va retourner la situation à son avantage.

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Il occupe le devant sur l’ouverture de l’album, tenant la vedette dans de grandes cases qui pose le personnage, à la fois en termes de dessin et de caractérisation. Il est d’ailleurs intéressant de voir que le pirate s’impose avant tout parce qu’il est conteur. Il raconte des histoires, il brode, il invente, il enjolive. Ça a bien entendu une dimension “méta”, puisque le fait que Silver devienne narrateur (dans un récit raconté par un autre personnage) fait de lui un créateur, un fédérateur. Ça a aussi une fonction narrative, puisque ce rôle sera repris par Lady Vivian plus tard dans le récit : nous sommes en terres de légendes, et ceux qui les peuplent sont aussi ceux qui sont charmés par les récits.

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Graphiquement, ça tabasse toujours autant. L’accent est mis sur la caractérisation, les trognes, les gestes, les allures. Certains personnages (Hastings notamment) sont dessinés d’une manière moins caricaturale que dans le premier tome, mais la galerie de portraits fonctionne plutôt bien.

Et la tension monte…

Jim

Après le coup de force de Silver, le troisième tome s’ouvre sur la dernière partie du voyage. Le navire a essuyé une grosse tempête et prend l’eau de toute part, alors que l’estuaire tant recherché n’est pas loin.

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La tonalité est différente : le désespoir teinte l’ensemble du récit, tandis que les personnages savent à quoi s’en tenir. Ce qui n’empêchera pas des alliances inattendues, des retournements de situation, la mise en avant de personnages qui découvrent ou retrouvent des ressources inattendues. L’ensemble sent fort la sueur, la moiteur, la fatigue, la tension, au point que tout peut exploser à nouveau, alors que les eaux sont étrangement (et de manière inquiétante) calmes.

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Graphiquement, c’est un festival. Lauffray aligne les cases d’action spectaculaires et les décors saisissants, avec des effets de brume qui contribuent à créer une ambiance angoissante. Par petite touche, le scénario dévoile des aspects surnaturels et fantastiques, qui prendront leur pleine mesure dans le dernier chapitre.

Jim

Allez, dernier petit mot concernant la série : ce quatrième épisode plonge résolument dans le fantastique, lorgnant vers des thématiques déjà explorées ailleurs (le dieu avide comme dans Sanctuaire, la souffrance physique de l’humain face au surnaturel comme dans W.E.S.T.…), abandonnant la thématique du voyage : les protagonistes ont fini de se déplacer, désormais, on est sur une logique de dernier baroud.

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Les dernières alliances se noue, alors que les personnages sont tous séparés. Des détails apparemment anodins ou secondaires, mais sur lesquels le scénario était revenu plusieurs fois dans les chapitres précédents, prennent leur importance et contribuent à définir les enjeux.

Graphiquement, Lauffray aligne les tours de forces, avec des décors à couper le souffle. Le scénario arrivant à sa dernière phase, une grande place est accordée à l’action, ce qui permet de faire respirer encore davantage les pages. Le dessinateur laisse suinter ses influences (Buscema, bien sûr, mais aussi Wendling ou Mignola) pour des planches parfois très ambiancées et parfois littéralement étourdissante. C’est musclé, vicieux, impressionnant.

Et le final, qui marque le retour des survivants (et éclaire quelque peu la personne à qui s’adresse la narration depuis le début), évoque cette fameuse légende, qu’il convient d’imprimer quand elle dépasse la réalité.

Jim

Au dos de ce trente-neuvième tome de la collection Barbe-Rouge en kiosques, ils annoncent des suites, avec L’Épervier, Barracuda et, surprise (en tout cas, je trouve), Long John Silver (de Dorison et Lauffray).

Jim

Des suites de collection ou des suites de Barbe-Rouge ?

Edit : je viens de lire la réponse ailleurs !

Des suites à la collection.
Ce qui éveille mon étonnement. Le lien n’est que thématique (contrairement, par exemple, à Idées Noires et Modeste & Ponpon, les prolongations de la collection Gaston Lagaffe, dont le fil rouge est Franquin lui-même). De plus, en vérifiant, je note que pour L’Épervier, il n’y a que six tomes concernés. Bref, je suis perplexifié, mais ma foi, dans ma quête d’une culture franco-belge plus étoffée, je me dis « pourquoi pas »…

Jim

C’est pas surprenant pour l’Épervier. ça doit être une histoire de droit.

Après, de ce que j’ai vu jusqu’à présent, je suis surpris du lancement de collections si courtes.

C’est une prolongation d’une collection existante. Seize tomes de plus. C’est pas mal, quand même.
Après, pour reprendre l’exemple que je cite souvent (celui de Modeste & Ponpon en complément de Gaston Lagaffe), y avait moins de tomes rajoutés. Au final, ça semble un « gros » rajout.

Jim

ça me semble bizarre comme concept, en fait (enfin, d’une logique qui n’est peut être pas la mienne, ou que j’ai pas comprise). Parce que jusqu’à présent, la jeunesse de Barbe-Rouge, c’est bien une seule et même série d’x tomes ?

Complètement.
En fait, La Jeunesse est un spin-off de Barbe-Rouge (voir le lien ci-dessous). Donc mettre les deux dans la même collection (ce qu’ils ont fait) est logique. Ce qui l’est moins, c’est d’y adjoindre trois séries qui, même si elles sont liées par le thème, restent distantes. J’en conclus que la série connaît un grand succès, et que Eaglemoss négocie dur afin de jouer les prolongations.

Jim

On est d’accord.

Voui, c’est ce que je disais ici :

Le lien n’est que thématique, c’est une cascade qui me semble inédite, en tout cas inhabituelle.

Jim

Ou à La Ribambelle, qui augmentait la collection Boule et Bill : le fil rouge reste là aussi l’auteur : Roba (et ils ont même augmenté la collection avec des « Roba illustrateur »).

Tori.