NEW YORK NE RÉPOND PLUS (Robert Clouse)

REALISATION & SCENARISTE

Robert Clouse

DISTRIBUTION

Yul Brynner, Max von Sydow, Joanna Miles, William Smith…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/science-fiction
Titre original : The Ultimate Warrior
Année de production : 1975

Le réalisateur et scénariste américain Robert Clouse est surtout connu pour avoir réalisé l’un des longs métrages les plus mémorables de Bruce Lee, Opération Dragon (1973). Le succès de ce qui était alors l’une des toutes premières co-productions entre les U.S.A. et la Chine a ensuite orienté sa carrière principalement vers les films d’action et d’arts martiaux, comme La Ceinture Noire et L’Aventurière de Hong Kong avec Jim Kelly, Le Chinois avec Jackie Chan et Force 5. Sans oublier Le Jeu de la Mort, débuté par Bruce Lee en 1972 avant le tournage de Opération Dragon, et terminé par Clouse 5 ans après la mort du Petit Dragon.

Cette partie importante de la filmographie de Robert Clouse a un peu éclipsé ses autres réalisations. Il a ainsi participé en 1975 à cette mouvance de films catastrophe et d’anticipation née du contexte économique et social de l’époque, exposant notamment de façon pessimiste les craintes liées à l’explosion démographique et à l’environnement (Soleil Vert de Richard Fleisher, sorti en 1973, en est l’un des plus illustres représentants).
La contribution de Robert Clouse à ce sous-genre de la S.F. s’intitule The Ultimate Warrior (New-York ne répond plus en V.F.).

Le « Guerrier Ultime » du titre, c’est Carson, un mercenaire qui parcourt l’Amérique dévastée de 2012 pour rejoindre une île au large de la Caroline du Nord. Carson est joué par Yul Brynner, qui incarnait là toujours aussi efficacement les durs à cuire à l’âge de 55 ans. Yul Brynner a tourné New-York ne répond plus entre Mondwest et Les Rescapés du Futur…et après un passage par l’Italie pour le polar L’Ombre d’un Tueur en 1976, il prit sa retraite pour raisons de santé (il décéda en 1985 des suites d’un cancer du poumon).
À New-York, Carson propose ses services à une communauté dirigée par un homme surnommé « Le Baron ». Le Baron, c’est l’excellent et prolifique acteur suédois Max von Sydow, qui venait de tourner L’Exorciste de William Friedkin et Les 3 Jours du Condor de Sydney Pollack.

Le Baron est le patriarche d’une communauté au bord de la rupture. Les réserves de nourriture sont de plus en plus basses et ils doivent subir les assauts répétés de pillards. L’un des gangs les plus violents est celui de « Rouquin », un charognard interprété par l’un des gros durs du grand et du petit écran U.S., William Smith (Ca va cogner, Conan le Barbare…), un habitué des rôles de méchants au physique impressionnant. Le Baron sait que sa situation est précaire (la tension monte au sein de ses gens, prêts à se retourner les uns contre les autres pour un peu de bouffe) et il demande alors à Carson d’emmener Melinda, sa fille enceinte, en lieu sûr sur son île. Il confie également au guerrier un sachet de graines, un chargement petit en taille mais d’une importance vitale dans ce monde désolé…

Face à la mort personnifiée par le Rouquin, Carson va défendre la vie…la vie que porte Melinda…et les vies que sauveront les graines lorsqu’elles seront plantées et auront germées…

New-York ne répond plus n’est pas sans défauts…la mise en scène de Robert Clouse manque de relief, le rythme est inégal et le scénario est parfois un peu décousu. Le réalisateur s’en sort en fait mieux dans les affrontements que dans les discussions un peu plus statiques. L’ensemble est un parfois un peu trop bavard…même si les acteurs sont bons et l’interprétation très solide.
Les scènes d’action sont sèches, brutales…dans ce futur, il n’y a plus d’armes à feu, les face-à-face se règlent à l’arme blanche ou à coups de barres métalliques. Le dernier acte est marqué par une tension palpable (jusqu’au duel attendu entre Carson et le Rouquin) et une utilisation judicieuse des décors souterrains.

Le budget est limité (800.000 dollars) et cela se ressent par moments (les quelques vues du monde à l’extérieur de New-York sont représentées par des photographies et des matte-paintings figés), mais Robert Clouse a su utiliser les plateaux extérieurs des studios de la Warner pour créer une convaincante atmosphère post-apocalyptique…avec une petite touche western qui passe notamment par les costumes (coïncidence ou pas, Carson pourrait être un lointain descendant du Chris Adams des 7 Mercenaires).

Signalons à l’intention des voxophiles pervers (qui s’assument) que la version française de ce film permet d’entendre Dark Vador (George Aminel) converser avec Dark Vador (François Chaumette).

Le générique d’ouverture du film est composé de plans sur des terrains vagues autour de NewYork, des rues désertes jonchées d’ordure… Et je parie que certaines plans n’ont pas été difficiles à faire tant la New York du milieu des années 1970 est réputée pour être crasseuse et à moitié en friche.
Saisissant générique, d’ailleurs, avec des vues immobiles et son silence pesant.

Jim

À la même époque, à Paris, on avait le trou des Halles…

Tori.