PISTOLETS POUR UN MASSACRE (Umberto Lenzi)

REALISATEUR

Umberto Lenzi

SCENARISTES

Marco Leto et Umberto Lenzi, d’après une histoire de Eduardo Manzanos Branchero

DISTRIBUTION

Peter Lee Lawrence, John Ireland, Gloria Osuna, Piero Lulli…

INFOS

Long métrage italien/espagnol
Titre original : Una pistola per cento bare
Genre : western
Année de production : 1968

Pas facile d’être fidèle à ses convictions en période de Guerre Civile. Parce que sa foi lui interdit de boire de l’alcool et de recourir à la violence, le soldat Jim Slade est condamné aux travaux forcés. La guerre finie, il est relâché et peut donc retourner chez lui…pour y découvrir les cadavres de ses parents, abattus par un gang qui sème la terreur dans la région.
Ivre de vengeance (d’ailleurs, il ne peut être ivre que de vengeance, puisque qu’il continue à ne boire que de l’eau), il s’offre un flingue et décide d’apprendre à s’en servir pour retrouver les criminels.
Bon l’entraînement, on ne le verra pas à l’écran…c’est qu’il faut aller à l’essentiel, hein…en deux temps trois mouvements l’ancien pacifiste devient une fine et impitoyable gâchette, n’hésitant pas à abattre l’un des bandits devant sa famille.
Slade s’offre un beau tableau de chasse…et bientôt, il ne lui reste plus que le chef, un certain Corbett…

Va-t-on assister au fameux duel final…euh, pas tout de suite en fait. Puisque mon petit résumé ne couvre…que le premier quart d’heure du film. En faisant halte dans une petite ville, Jim Slade fait quelques rencontres, dont un prédicateur qui sait très bien se servir d’un flingue. Il apprend que Corbett et sa nouvelle bande comptent s’en prendre à un transfert de fonds de 200.000 dollars. Avec l’aide des villageois, Slade tend un piège à Corbett. Mais quelques accrocs vont venir perturber ses plans…

Pistolets pour un massacre commence sur un rythme soutenu…mais peut-être un peu trop d’ailleurs. Le héros (interprété par le fadasse blondinet allemand Peter Lee Lawrence) est très peu développé et son évolution de pacifiste à cow-boy vengeur qui ne rate jamais sa cible est traitée par dessus la jambe et manque totalement de crédibilité.

Passé ce premier quart d’heure, les scénaristes passent ensuite leur temps à meubler, entre accrochages mollassons, gunfights assez confus et machinations en tout genre, jusqu’au twist final.

On peut tout de même noter un certain sadisme…coups de fouets, impacts sanglants et une grosse scène qui arrive après environ une heure de métrage et qui fait quasiment basculer ce western dans l’horreur. En effet, alors que Slade et ses acolytes attendaient Corbett de pied ferme, des fous furieux s’échappent de la prison où ils étaient enfermés après l’incendie de leur asile et se mettent à attaquer les villageois. Deux d’entre eux tentent de violer la chanteuse du saloon, pendant qu’un cinglé à la hache massacre (hors-champ) le pianiste. Une péripétie qui porte bien la marque de fabrique du réalisateur et qui ne sert absolument à rien dans l’intrigue, à part peut-être à étirer la durée aux 90 minutes réglementaires.

On doit Pistolets pour un massacre (bizarrement intitulé La Malle de San Antonio lors de sa première sortie française…cette fameuse malle n’étant évoquée que quelques secondes dans tout le récit) à Umberto Lenzi, vieux routard du bis italien surtout connu pour ses films d’horreur aussi gorasses que racoleurs (La secte des cannibales, L’Avion de l’apocalypse, Cannibal Ferox…tout ce que je déteste en fait).
Comme ses collègues, Lenzi a bien entendu oeuvré dans tous les genres, en signant par exemple avec Kriminal la première adaptation cinématographique d’un fumetti (je préfère pour ma part la suite, Le Retour de Kriminal, réalisée par Fernando Cerchio) et on me souffle dans l’oreille que certains de ses néo-polars et gialli méritent le coup d’oeil, mais je n’en ai pas encore regardé pour le moment (et je traîne un peu les pieds, n’étant pas très fan du bonhomme).

Pistolets pour un massacre est donc un western assez médiocre, longuet, mal écrit et à l’interprétation peu inspirée. Seul se distingue l’inévitable acteur hollywoodien, John Ireland (Règlements de compte à O.K. Corral, Spartacus…), venu traîner ses bottes dans pas mal de westerns spaghettis à la fin des sixties (Pour un dollar je tire, Les Colts tirent au soleil, Saludos Hombre, Avec Django ça va saigner…ainsi que l’autre essai de Lenzi dans le genre, Gringo joue et gagne).